Articles avec #artistes-ecrivains tag

Publié le 18 Mars 2018

Cette nouvelle fait partie du recueil :

 L’inganno dell’apparenza Ibiskos editrice, Empoli (FI) 2014.

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   La maison de Christiane aussi a dû être belle et resplendissante ainsi que sa patronne quand elle partageait l’amour avec l’homme de la photo.

   Il est curieux, Lorenzo. Les photos sur la paroi de l’immeuble délabré et plus encore le silence opiniâtre de la propriétaire l’intriguent. Le soir sous la douche après la baignade, il interpelle Christiane.

   « Oui – dit-elle – il y a eu un temps où nous, les rares habitants de l’île avons pris plaisir à nous baigner à poil, à laisser jouer le soleil sur notre corps, à nous promener dans les sentiers caressés par le vent. Il n’y a pas des parties de notre corps moins dignes que d’autres. La pudeur était placée ailleurs : on peut être beaucoup plus impudiques en révélant à d’autres nos plus intimes mouvements de l’âme tout en restant habillés que de montrer nos innocentes nudités. »

   « Était-ce le temps – risqua-t-il – de la photo que j’ai vue dans un cadre de la chambre ? »

   « Quelle photo ? – demanda-t-elle étonnée, et, d’un ton péremptoire – il n’y a pas de photo ! »

   Elle ne ment pas, se dit Lorenzo, c’est l’effet de refoulement qui produit ces amnésies. Sortant de la douche il prenait son temps dans l’espoir de quelque mot révélateur. Il n’osa pas insister respectant son silence.

   Ce fut pour Lorenzo la première d’une longue série de vacances passées sur l’île. Il en possédait désormais la clé, il n’était plus le voyageur étranger et dépaysé d’autrefois.

   C’était lui à présent qui guidaient ceux qui voulaient le suivre, fier qu’il était de montrer son minuscule continent nu. Et plus fier encore il le fut quand il y emmena sa nouvelle compagne Paola. Pour tous les deux, l’île dégage un charme nouveau. Toquade ? Suggestion ? Caprice ? Folie ? Ou exhibition morbide, étalage sans vergogne de sexes que la morale dominante veut à tout prix culpabiliser et cacher ? Ce qui est sûr c’est que le simple abandon de ce triangle plus ou moins minuscule, dernier bastion de défense après qu’un à un, chemises et caleçons, t-shirts et soutiens-gorge, maillots et camisoles (bien que, adhérant aux corps mouillés dessinent de manière voyante ce qu’on prétend cacher) sont tombés, ce petit triangle exhibé comme le triomphe du compromis, quand enfin on l’abandonne, eh bien ça fait la différence ! La nudité intégrale à la mer est presque évidente : à quoi bon cacher ce que nous tous avons ; mais pourquoi ne le serait-elle pas aussi dans les promenades au milieu des bois en exposant au soleil la peau que le froid de l’hiver a contractée ?

  Ce que Christiane sait depuis son enfance et ce que savent tous ceux qui ont eu la chance – le courage, si vous voulez – de laisser libre le corps à la chaleur de l’été, c’est l’agréable sensation d’une immersion totale dans la nature qui nous accueille, innocente elle aussi comme nous le sommes, dans le vent qui joue sur notre peau, dans la fraîcheur des plantes qui embaument l’air de leur fragrance, caressant têtes, jambes, bras, ventre et sexe.

   Lorenzo enfin n’est plus seul dans ses promenades sur les corniches et les sentiers de l’île. Ils grimpent tous les deux dans les sentiers raides, courent l’un après l’autre dans les bois, se perdant dans les anfractuosités. Ils nagent ensemble et l’eau, complice, accueille leurs caresses favorisant les desseins de la nature.            à suivre

  

 

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Rédigé par HODIE

Publié dans #Artistes-écrivains, #Ile du Levant

Publié le 11 Mars 2018

Cette nouvelle fait partie du recueil :

 L’inganno dell’apparenza Ibiskos editrice, Empoli (FI) 2014.

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 Au contraire des touristes envoûtés par l’île mais attirés par les seules apparences, un regard curieux décèle les signes d’années lointaines. Sur la paroi extérieure d’un édifice à l’abandon sur la pente raide qui mène à la place du village, est visible encore, oublié comme l’est la maison en ruine, un poster décoloré rassemblant des photos à grand peine lisibles : des hommes et des femmes accoutrés d’improbables costumes de scène, des couvre-chefs bizarres, des robes-manteaux, des sceptres en papier argenté, des couronnes d’étain. Ils apparaissent, tous, en proie à une kermesse frénétique conscients que, seul sur cette île, il est admis d’enfreindre les règles de la vie civile.

 

   En montant un peu, un autre édifice, portes et fenêtres clouées, semble garder encore l’air de malice d’autrefois. Sur la porte, on peut encore voir l’enseigne La Source : source allusive de quoi ? Du plaisir, de la joie de vivre, de la transgression, de l’eau fontaine rafraîchissante de la vie ? Quel soin aura mis le propriétaire d’alors pour rendre ces lettres en fer forgé colorées et séduisantes : « Entrez ! ici tout est léger, tout coule comme l’eau pure d’une source de montagne. » ? Elles ne sont maintenant que le dernier signe d’un luxe perdu. Peu à peu tout a commencé à s’abîmer après que le dernier tour de clé eut été donné dans la serrure. La poussière a couvert pièces et décor, que le regard d’un œil, léger quoique indiscret, aperçoit au-delà des vitres sales, jetant tout dans l’abandon. Dehors des roseaux qui servaient à l’époque de protection à des niches discrètes déploient au vent d’inutiles fraîcheurs.

   C’est ainsi qu’à côté des petites villas nouvelles, des restaurants, des maisonnettes offertes en location pointent ici là des ruines, des épaves témoins d’une époque révolue.                                      à suivre

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Rédigé par HODIE

Publié dans #Artistes-écrivains

Publié le 5 Mars 2018

A découvrir en se promenant !
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Rédigé par HODIE

Publié dans #Artistes-écrivains, #Chemins et corniches

Publié le 4 Mars 2018

   Les jours s’écoulent, l’intimité augmente sans pour cela aller jusqu’à franchir de part et d’autre le seuil d’une possible complicité. Lentement, le visage apparu au premier abord dur, voire hargneux, se perd dans l’ancienne beauté. La beauté de la femme qu’elle fut. Celle qui transparaît – et le nouvel habitant de la chambre, intrus malgré lui, l’a bien remarqué – d’une photo décolorée attachée à un clou rouillé. Le verre sale laisse à peine deviner deux silhouettes souriantes avec en arrière-plan une mer bleue. Lorenzo a essayé d’y passer la serviette mouillée pour mieux voir. Christiane est très jeune ainsi que l’homme à côté d’elle. Ils regardent tous deux l’appareil, ils regardent Lorenzo. Le sentiment de violer une intimité s’empare de lui, il n’en est pas digne. « Qui est cet homme ?  Il est mort ou parti ? Quelle peut être l’histoire qui les a liés ? Certes de la joie et du chagrin : Christiane est seule ! Est-ce l’abandon qui l’a rendue hargneuse et indifférente, à laisser tout pourrir, ne rien sauver du temps du bonheur ; ne rien jeter, laissant l’inutile d’aujourd’hui se superposer aux vieilleries du passé ? Un nouveau sans histoire à un vieux dense de souvenirs, jusqu’à ce que l’un, s’amoncelant en vrac sur l’autre, efface toute trace du passé. »  

  Il a l’impression que l’histoire inconnue de Christiane se confond avec celle, également inconnue, de l’île entière.

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Rédigé par HODIE

Publié dans #Artistes-écrivains, #La vie locale

Publié le 4 Mars 2018

Petit concert ce samedi 3 mars 2018. Merci à Nicole et Eric d'avoir accueilli ces artistes chez eux à la Casaba.

Aliette et Florence avec leur Alto
Eva et Pierre-Eric avec leur violon
et Thierry au violoncelle

ont joué devant une trentaine de levantins le Quintette à cordes no 3 en mi bémol majeur, B. 180 (op. 97), d'Anton Dvorak

Merci aux artistes pour cette soirée musicale !

Et à l'association Le Levant Naturiste pour l'organisation de cet évènement.

Un quintette en concert au Levant
Un quintette en concert au Levant
Un quintette en concert au Levant
Un quintette en concert au Levant

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Rédigé par HODIE

Publié dans #Artistes-écrivains

Publié le 26 Février 2018

Editions de la Vie Libre - Avignon

Editions de la Vie Libre - Avignon

" La crique aux girelles" un roman de 1957 de Raoul Foin et Janette Waiss : un second extrait

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Rédigé par HODIE

Publié dans #Artistes-écrivains

Publié le 25 Février 2018

Cette nouvelle fait partie du recueil :

 L’inganno dell’apparenza Ibiskos editrice, Empoli (FI) 2014.

   Le soir, les lumières éteintes, la chambre de Christiane est encore plus délabrée, mais c’est la lune de la nuit claire qui facilite le sommeil de Lorenzo : les étoiles étincelantes dans un ciel bleu de transparences. Dans le sommeil, les présences insolites de la chambre habitent ses rêves, petits bonshommes pétulants à l’instar du chant obsédant du petit duc qui répète à rythme régulier son appel lancinant à un partenaire inconnu.

   Au matin, il rencontre Christiane sortant sans vergogne de la douche à ciel ouvert. Lorenzo a pu se familiariser tant avec les espaces intérieurs qu’extérieurs de la maison. Le silence, l’absence d’autres personnes lui ont fait comprendre qu’il est le seul hôte et que la chambre occupée n’est que la propre chambre de Christiane que hantent ses souvenirs. Nullement embarrassée par sa nudité, elle accueille son visiteur avec un sourire et un bonjour qui sonne comme une invitation pour que, au-delà de la formule rituelle la journée soit bonne. Encouragé et toujours plus curieux, Lorenzo saisit l’occasion pour tenter de trouver la clé d’accès à ce monde qui depuis à peu près vingt-quatre heures est devenue sa résidence. Le site tout autant que son habitante solitaire est dense de mystère.

   Dans la matinée ensoleillée, la parole trouve plus facilement ses espaces. L’un que la curiosité pousse, l’autre sur qui pèse un silence trop prolongé, à la faveur d’une nature nue comme leurs corps désinhibés, l’échange devient de moins en moins formel. Non ! sa chambre n’est pas sur le marché des locations. C’est sa propre chambre habitée par ses souvenirs. Lorenzo est le premier étranger à y mettre pied.

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Rédigé par HODIE

Publié dans #Artistes-écrivains, #Ile du Levant, #Riccardo de Sangro

Publié le 23 Février 2018

Rédigé par HODIE

Publié dans #Artistes-écrivains, #Ile du Levant

Publié le 18 Février 2018

Cette nouvelle fait partie du recueil :

 L’inganno dell’apparenza Ibiskos editrice, Empoli (FI) 2014.

  Au milieu de la foule qui se disperse, une femme, encore bien portante, seins nus, mains sur les hanches, brandit un panneau : Chambres à louer. C’est Christiane, mais Lorenzo ne le sait, ni ne la connaît.  Il la suit sur la montée raide jusqu’à la dernière corniche en un échange laconique de mots. Christiane l’introduit dans un jardin luxurieux mais dans un état d’abandon pitoyable. Non moins accueillante, la chambre offerte en location : autour du grand lit, des objets éparpillés en vrac sur des étagères, des sommiers vacillants sur leurs pieds inégaux, des caisses. Lorenzo lance un regard consterné autour de lui. Ni WC, ni salle d’eau.

   A sa demande, Christiane l’emmène à nouveau dans le jardin, où une douche à ciel ouvert côtoie un cagibi à la porte dégondée cachant un WC à la turque. Tout a un aspect délabré. Mais…c’est le mois d’août, toutes les chambres d’hôtels sont déjà prises, il est difficile de trouver d’autres solutions. Par-dessus le marché, il y a cette envie de s’immerger enfin dans cette drôle d’île, trouver la clé qui permette de rompre l’isolement…et, même, ce n’est pas cela, c’est que dans tout ce désordre, dans tous ces objets entassés les uns sur les autres, Lorenzo ressent quelque part au fond de lui un appel indéfini, un charme vague et attrayant. Il accepte, paie la somme convenue, s’installe. Il sort de son sac-à-dos ce qui peut lui servir pour une douche rapide, résolu à quitter le plus tôt possible maison et jardin, sort, se déshabille, quelque peu inquiet de sa nudité étalée malgré lui. La fraîcheur de l’eau l’inonde, lui coupe le souffle. Ce n’est qu’un instant où l’eau jaillit sur sa peau. Une sensation nouvelle jamais éprouvée l’envahit, effaçant soudain troubles et malaises. Il se jette sous le jet violent, il s’y abandonne. L’eau coule sur ses cheveux, son visage, son corps nu. Plus il se caresse dans sa mousse savonneuse, plus l’envie de ne pas sortir de cette fragrance en mesure d’exalter les sens et d’éveiller sa virilité froissée, s’empare de lui, le submerge. Il lève les yeux, se voit dans la verdure, seul, dégoulinant et du coup ce même jardin traversé fastidieusement quelques instants plus tôt, lui apparaît comme une forêt tropicale et l’encombrement de la chambre, une richesse face à l’anonymat des chambres aseptisées du moindre hôtel.

   Accepter ce qui avait été vécu comme une folie se transforme en un don, le don qu’il recherchait : devenir en quelque sorte partie de la communauté locale. Christiane même, sa silhouette mince et souple, son sein ferme et envoûtant, sa façon rapide d’aborder la situation, lui apparaissent maintenant sous un autre angle. Elle ne s’était pas laissée impressionner face à la réaction d’évidente perplexité de Lorenzo tout à l’heure. Fière elle était, fière et orgueilleuse de son désordre, des tas de meubles, objets, bibelots amoncelés en dépit de tout ordre logique. Comme si elle disait : « c’est ma maison, mon chaos, c’est un privilège pour toi, inconnu, d’en violer les secrets ! »

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Rédigé par HODIE

Publié dans #Artistes-écrivains, #Ile du Levant

Publié le 11 Février 2018

Cette nouvelle fait partie du recueil : L’inganno dell’apparenza Ibiskos editrice, Empoli (FI) 2014.

  Mais la volonté opiniâtre des grandes personnes n’est pas toujours gagnante. Ce morceau de terre de l’île du Levant est devenu le paradis de ceux qui veulent échapper au vacarme des plages surpeuplées, l’oasis où l’été se vit dans une harmonie insolite avec la Nature.

  Lorenzo s’apprête à y débarquer en un jour ensoleillé du mois d’août. Il est seul, personne ne l’attend. Les autres échangent des signes de bienvenue avec ceux qui sont là sur le quai. Ils se connaissent et se reconnaissent. Ils sont très nombreux sur la navette, comme sur la passerelle en bois du débarcadère. A droite et à gauche du port, des baigneurs étendus au soleil ou dans l’eau. Le vent se joue de la sueur de ceux qui viennent d’arriver encore habillés, gonfle gracieusement les paréos autour des corps de ceux qui sont venus leur souhaiter la bienvenue, caresse les corps nus sur les rochers.

  Lorenzo, se sent étranger à ce monde compact, qu’unit une unique identité. La solitude pèse sur lui. Il voudrait s’intégrer, mais il se voit incongru. Fondu dans la foule, ignoré, il descend, se retourne, perplexe. Les nouveaux arrivants se confondent avec ceux qui les attendaient, trainant leurs bagages sur la montée abrupte. Ceux qui n’attendaient personne ont assisté à la scène du débarquement comme à un spectacle, assis sous un parasol du bar du port. D’autres, indifférents ont continué à nager, à rester étendus au soleil, à flâner tout au long des sentiers qui longent la mer tant à droite qu’à gauche.

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Rédigé par HODIE

Publié dans #Ile du Levant, #Artistes-écrivains