"Derrière le plaisir du nu : Christiane" de Riccardo de Sangro 2/9

Publié le 11 Février 2018

  Mais la volonté opiniâtre des grandes personnes n’est pas toujours gagnante. Ce morceau de terre de l’île du Levant est devenu le paradis de ceux qui veulent échapper au vacarme des plages surpeuplées, l’oasis où l’été se vit dans une harmonie insolite avec la Nature.

  Lorenzo s’apprête à y débarquer en un jour ensoleillé du mois d’août. Il est seul, personne ne l’attend. Les autres échangent des signes de bienvenue avec ceux qui sont là sur le quai. Ils se connaissent et se reconnaissent. Ils sont très nombreux sur la navette, comme sur la passerelle en bois du débarcadère. A droite et à gauche du port, des baigneurs étendus au soleil ou dans l’eau. Le vent se joue de la sueur de ceux qui viennent d’arriver encore habillés, gonfle gracieusement les paréos autour des corps de ceux qui sont venus leur souhaiter la bienvenue, caresse les corps nus sur les rochers.

  Lorenzo, se sent étranger à ce monde compact, qu’unit une unique identité. La solitude pèse sur lui. Il voudrait s’intégrer, mais il se voit incongru. Fondu dans la foule, ignoré, il descend, se retourne, perplexe. Les nouveaux arrivants se confondent avec ceux qui les attendaient, trainant leurs bagages sur la montée abrupte. Ceux qui n’attendaient personne ont assisté à la scène du débarquement comme à un spectacle, assis sous un parasol du bar du port. D’autres, indifférents ont continué à nager, à rester étendus au soleil, à flâner tout au long des sentiers qui longent la mer tant à droite qu’à gauche.

Rédigé par HODIE

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