Publié le 30 Septembre 2018
Publié le 30 Septembre 2018
ÉDITION SPÉCIALE DE LA REVUE NATURISTE INTERNATIONALE
L'ILE DU LEVANT
NOUVEAU GUIDE 1958
"C'est arrivé au Levant"
1957
De l'Ayguade si vous mettez cap au sud, vous naviguez d'abord sur des eaux abritées, entre le Levant et Port-Cros. Bientôt l'horizon s'élargit vers la haute mer, vous apercevez sur votre droite la pointe noire de Maupertuis. (Sur votre gauche plutôt).. Elle annonce la mer houleuse, parfois forte. Passé le cap, la côte n'est qu'un abrupt amoncellement d'énormes rocs détachés de la falaise qu'écrase la chaleur. Sauf sur deux ou trois points, il est impossible d'accoster. Souvent, il est encore plus difficile de repartir.
C'est pourquoi nous décidâmes de passer la nuit sur place. Inspiration qui devait nous renseigner tout à fait sur le sens poétique de l'expression "l'horreur d'une profonde nuit", dessein pourtant favorisé dès l'abord par une chasse exceptionnelle. A la tombée du jour, nous étions gavés de poisson frit, béats, nous sucions nos doigts après avoir fait disparaître une cigale de mer de belle taille, rôtie et assaisonnée avec ses propres œufs écrasés dans l'ail et l'huile d'olive.
O nuit enchanteresse, divin ravissement...chante la prima donna. Comment donc ! A peine avions-nous fermé l’œil que les escadrilles légères de moustiques obscurcirent l'horizon. Le bruit des claques que nous nous assénions fut soudain couvert par les hurlements des escadrilles lourdes de goélands entrées en action. Les goélands, furieux de la présence de ces intrus sur leurs rochers, se laissaient tomber sur nous comme des pierres, lançant en nous frôlant des cris sans nom, écœurants.
En déroute, nous errions parmi les blocs rocheux, risquant à chaque pas de nous rompre le cou.
"Qu'une nuit paraît longue à la douleur qui veille :" (B. Joseph Saurin - 1763). Tu parles ! Suppliciés par les moustiques, traqués par les goélands, martyrisés par l'insomnie et la fatigue, asphyxiés par le feu anti-moustiques, nous n'avions plus que la ressource de nous jeter à l'eau.
" Que dis-tu de la nuit, sentinelle ? La matin vient..." (La Bible, Livre d'Isaïe). " C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière." (Edmond Rostand).
Ah ! nous les attendions à genoux la lumière et le matin pour laver nos blessures. Le soleil d'Austerlitz se leva sur notre Waterloo et, derrière nous, s'éleva un bruit singulier.
Un coq saluait le fin du jour ?
Non. Alignés sur le bord de la falaise, les goélands vainqueurs ricanaient.
Publié le 29 Septembre 2018
Ce dimanche 30 septembre 2018 à 11h30 seront répandues, par sa fille, près du mur du souvenir, à côté de la chapelle du Levant, les cendres de Christiane JARRY, figure pittoresque et marquante de l'île.
A l'issue de ce moment de recueillement vous êtes conviés à boire un verre à sa mémoire sur la terrasse du Bazar.
[Annonce de Michel Guinard]
Publié le 29 Septembre 2018
Les fanfarons de la fanfare EFFET MER étaient à bord de la navette de la TLV et sur l’île du Levant ce samedi 29 septembre 2018.
Merci à Cathy Boulard et Pierre Quillier pour les vidéos et les photos !
Une vidéo à Port Cros
et sur la place DURVILLE
Publié le 29 Septembre 2018
ÉDITION SPÉCIALE DE LA REVUE NATURISTE INTERNATIONALE
L'ILE DU LEVANT
NOUVEAU GUIDE 1958
"C'est arrivé au Levant"
1955-56
Cette autre histoire se prolonge d'une saison à une autre, car l'assassin revient toujours sur les lieux du crime, mais quand il a le temps.
Voici les faits. Depuis q'a été réduit le périmètre naturiste au Levant, il est malaisé de "se prendre" une bouillabaisse. Si bien qu'on a découvert les mérites du civet de poulpe, de la murène mayonnaise et du congre à la rouille. Furetant entre la Galère et l'Avis, j'avais aperçu sur un fond minable un objet qui ressemblait à un vieux couvercle de lessiveuse d'assez grand diamètre. A tout hasard, Raymond Adout (enquête-filature-discrétion) plongea et souleva le couvercle. Un beau congre démarra dans un nuage de sable. Je l'embrochais de travers, il se décrocha et fila vers une fissure obscure où je le suivis. Sous la houle, l'eau profonde siphonnait là-dedans et je me trouvai nez à nez - exactement - avec le congre.
Sur-le-champ mué en champion de brasse papillon, je rentrai le ventre mieux que Miguel Dominguin dans l'arène pour laisser foncer l'affreux, qui finalement, ut harponné, estourbi, fricassé et enseveli en terre chrétienne sous un linceul d'aïoli.
L'année suivante, une dorade vagabonde nous ramena sur les lieux du crime. Apercevant le couvercle, nous échangeâmes, à travers nos masques de verre, un regard amusé en souvenir du rodéo passé.
Raymond, qui ne doute de rien, plongea enquêter sous le couvercle. Sait-on jamais ? J'eus à peine le temps de viser et de tirer, un superbe congre se tordait sous ma flèche ! Cette fois, ça n'avait pas fait un pli.
Une communication à l'Académie des Sciences nous semble s'imposer. Elle débutera ainsi : "Le congre, constituant un plat apprécié lorsqu'il est coupé en tranches et accomodé à l'aïoli, vit caché sous de vieux couvercles de léssiveuse. Le chasseur de congres aura intérêt à rechercher de tels couvercles. Dés qu'il apercevra un, il le soulèvera sans précautions inutiles. A ce moment, le congre, etc..."
Publié le 28 Septembre 2018
Publié le 28 Septembre 2018
ÉDITION SPÉCIALE DE LA REVUE NATURISTE INTERNATIONALE
L'ILE DU LEVANT
NOUVEAU GUIDE 1958
"C'est arrivé au Levant"
1954
En août, la boulangerie des Arbousiers fabriqua 1 000 kilos de pain par jour. En tenant compte des régimes, des biscottes, des pains fantaisie importés de la Côte par des voyageurs méfiants et intraitables côté casse-croûte, on pouvait supporter l'importance de la population d'Héliopolis. Jamais elle n'avait atteint ce chiffre attestant un essor touristique sans précédent.
Le pain ne manquait pas. L'eau était rare. Les citernes vidées jusqu'à la lie. On se lavait les dents à l'eau minérale. Le Bic, vieux pêcheur rabougri comme un hareng-saur, futé rat de maquis, estimable figure dans la galerie des levantins sédentaire, s'indignait :
- Faut pas se laver ! L'eau, faut de la garder. Qu'és qu'on mettra dans le pastis, sinon !
Pendant longtemps, le Bic avait vécu au Titan dans un cadre à faire pâlir Hemingway. Une maison ouverte aux quatre vents, où tout était suspendu, accroché, fixé, arrimé au plafond. Rien ne descendait à moins d'un mètre du sol nu comme la main, même le lit balancé au bout de quatre cordes.
Interrogé, le Bic s'attristait :
- Ah, ils me font du souci, ces rats ! Je peux rien laisser traîner. Vous savez, des fois, je rentre, je suis pas bien avec le vin blanc. Pour aller dans le lit suspendu, c'est dur. Il chavire, on dirait une barque jalouse !
Ayant bivouaqué une nuit au Titan, j'assistais au couche du Bic. Le voir s'embarquer dans sa nacelle, ramant des bras et des jambes alors que le rosé et le pastis conspiraient à contrarier ses manœuvres, un spectacle !
Quand il était enfin installé sur sa couche pendulante, comme un roi nègre sur la litière, le Bic soupirait
- C'est pas commode de le prendre en marche, ce lit !
Publié le 27 Septembre 2018
Un message de William Seemuller, conseiller municipal et adjoint spécial de l'île de Port Cros
Port Cros, le mardi 25 septembre 2018
François Cheng écrit : "Les amoureux se savent mortels, mais ils sont sûrs en même temps, que leur amour n'a pas de limite, ne peut avoir de limite."
Jean Louis a aimé Lucienne, ses filles, ses petits enfants, sa famille, et cette terre levantine.
Il a aimé les soleils couchants et les vents portants, les défis impossibles et les pêches miraculeuses. Il a aimé ses amis, la cuisine, la pétanque et le RCT et plus encore il a aimé la vie jusqu'au bout.
Jean Louis a lutté avec son sourire, son regard lumineux, son appétit de vivre.
Il a livré un combat terrible contre la maladie pendant 5 ans, avec un courage, tenace, silencieux, héroïque. Après chaque chimiothérapie, après chaque souffrance, il reprenait la mer, direction l'île du "Titan", l'île des "Viale" et nous envoyait un texto de son bateau : la vie est belle.
Jean Louis Viale était notre ami et la vie est cruelle. Nous éprouvons une immense tristesse devant ce départ d'un homme bon et juste et qui avait tant de projets, tant de défis, tant d'espoir pour son île et pour chacun de vous.
La maladie a rompu ses rêves, mais ses rêves ne s'arrêteront pas. Il nous les laisse en héritage, comme sa force et sa générosité. Permettez moi de conclure par un texte de Janine Chapelier jeune institutrice qui remplaça Denise Viale institutrice au Levant et enceinte de Jean Louis en 1947.
"Ainsi d'un homme unique
Cloué par la souffrance
L'oiseau a emporté le cœur
L'azur a tremblé de nos chants de tendresse,
De nos cris d'amitié
De notre propre mort, accompagnant la sienne
Ciselée à jamais, dans l'infini des temps."
Afin que chacun puisse assister à la cérémonie d’hommage qui lui sera rendu le vendredi 28 septembre 2018 à 10h15 en l’Eglise Douceline de Hyères, la Compagnie des Vedettes Iles d’Or et Le Corsaire met un bateau au départ des îles pour Le Lavandou :
- Départ du Levant : 8h15
- Départ de Port-Cros : 8h40
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Lucienne Viale, son épouse, et ses enfants adressent le message suivant : " Nous ne souhaitons pas de fleurs lors de cette cérémonie, nous préférons que vous adressiez vos dons à l'association de la Chapelle du Levant dont Jean Louis en a été le Président durant de nombreuses années."
Publié le 27 Septembre 2018
ÉDITION SPÉCIALE DE LA REVUE NATURISTE INTERNATIONALE
L'ILE DU LEVANT
NOUVEAU GUIDE 1958
"C'est arrivé au Levant"
1953
L'île, en février, était lugubre, ratatinée sous le froid. Après un hiver parisien gratiné, j'étais venu faire retraite, respectueux des enseignements du docteur Alexis Carrel qui recommande à l'homme l'alternance de l'ascétisme et des excès pour entretenir son élasticité biologique.
Pour voisin, j'avais un rombier méfiant qui gîtait dans une masure plutôt croulante et infestée de rats auxquels l'hiver faisait la vie dure. En pleine nuit, éclataient de violents feux de mousqueterie. C'était le voisin qui traquait les rats à coups de 22 long rifle. Du plus loin qu'il apercevait une silhouette quelconque se hâtant sur les chemins, il agitait frénétiquement son arme, classant sans discrimination tous les inconnus sous la rubrique "voyeurs". L'été venu, il avait disparu. Dommage, les voyeurs étaient là. L'île commençait à devenir surpeuplée, envahie par les touristes de passage, les curieux, les fâcheux.
On se faisait une raison, laissant passer ces mérinos.
Pourtant, un drame couvait dont le dénouement significatif devait sanctionner la défaite du pur naturiste en face du tout-venant sportif. Chaque année, une compétition, unique en son genre, une course pieds nus sur long parcours rocailleux, opposait les végétariens aux carnivores. Jusqu'alors, ces derniers n'avaient pas existé.
En 1953, deux athlètes passèrent en trombe la ligne d'arrivée et se dirigèrent aussitôt vers les Arbousiers en déclarant :
- ça creuse drôlement ! On va se taper un bon biftèque et une bouteille de rosé !
Avec le biftèque et le rosé, la ruine des doctrines rigoureuses était (également) consommée.
Publié le 26 Septembre 2018
1ère tempête après saison peu après l'équinoxe de septembre !
Rotations maritimes perturbées suite à la grosse houle de secteur est dans la rade d'Hyères :
Depuis le port d'Hyères : Pas de rotation de la TLV pour le Levant et Port Cros les 25 et 26 septembre
Depuis le Lavandou : Rotations de la compagnie Iles d'Or/Le Corsaire de 11h30 et 14h30 du 26 septembre annulées.
Une vidéo de Cathy Boulard sur CORSAIRE I de Port Cros au Levant








