Articles avec #coupures de presse tag

Publié le 11 Janvier 2020

L'île du Levant appartient à la famille OTLET en cette fin d'année 1891. 
La plus grande partie est mise en vente suite à une saisie. C'est l'Etat qui s'en rendra acquéreur pour le compte de la Marine au prix de 162 000 francs....

Restent propriété de la famille OTLET, 65 ha situés à l'ouest de l'île ainsi que le chemin qui mène au phare du Titan.

Source : Retronews.fr

Source : Retronews.fr

Voir les commentaires

Rédigé par HODIE

Publié dans #Histoire, #Ile du Levant, #Coupures de presse, #1891

Publié le 8 Janvier 2020

Publié le 19 Décembre 2019

Source : Retronews.fr

Source : Retronews.fr

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par HODIE

Publié dans #Coupures de presse, #Ile du Levant, #1951

Publié le 15 Décembre 2019

 Périodique Gringoire du 7 octobre 1932 - Source : Retronews.fr

 

"Chez les grands nudistes du Levant"
"Chez les grands nudistes du Levant"

Voir les commentaires

Rédigé par HODIE

Publié dans #Ile du Levant, #Coupures de presse, #1932, #Port Cros et Bagaud

Publié le 12 Décembre 2019

LA FIN DE L’ÎLE DU LEVANT

LE MONDE du 11 juin 1952

ROBERT COIPLET


   Quand on arrive de la mer en vue de l'île du Levant on voit se détacher sur la crête de l'île - qui se présente comme une longue arête rocheuse - une sorte de cube blanc tout neuf, d'un étage, et sur le côté de ce cube quelque chose qui ressemble à des échelles posées de biais. C'est le centre, la partie sacrée, de la base navale qui est en train de transformer l'île. Il n'est pas caché : une simple jumelle de tourisme permet d'en dénombrer les détails.
   Sans connaissances militaires on comprend que ces échelles sont des rampes de lancement analogues aux rampes allemandes dont les journaux illustrés ont publié en leur temps des photographies.
   J'ai dit ici il y a deux ans que l'île du Levant était un paradis qui allait disparaître. J'avoue que je ne pensais pas aux raisons militaires. L'île du Levant, qui était abandonnée depuis de longues années, avait été découverte en 1931 par les naturistes groupés autour des docteurs Durville.
  Je m'excuse de le répéter, mais personne n'est tenu de se souvenir d'un article vieux de deux ans.
  Les émotions qui datent de cette découverte sont bien finies. J'ai entendu René Lenormand, l'auteur du Simoun, dire que l'île abordée dans la lumière de l'aube lui rappelait des îles du Pacifique. Le maquis l'avait complètement envahie et masquait tous les jours un peu plus les ruines des maisons abandonnées par les hommes. L'île du Levant aura été pendant quinze ans l'unique lieu de France avec la Camargue où il était possible d'être seul.
  Quinze ans, c'est beaucoup ; l'erreur est d'avoir cru que cela durerait toujours. Ces quinze années n'étaient qu'une période de la durée de l'île.
  Avant elles, il y avait eu des hommes puisqu'il y avait des ruines et des traces de routes dont on trouvait encore les pierres dispersées sous les sentiers du maquis. Les hommes sont revenus en uniforme.
  Il en résulte plusieurs conséquences.
  L'île est perdue pour ce que le naturisme représente quand il est sincère. Il ne l'est pas toujours. Depuis quelques années il se dégradait, et la plupart de ceux qui viennent dans l'île en juillet et en août n'y sont attirés que parce que c'est le seul endroit de France - et l'on dit même d'Europe - où il est permis de ne porter qu'un cache-sexe de la taille de celui de certains sauvages. On y arrive presque du Groenland rien que pour cette raison.
  Si bien qu'on se pose une question.
  Comment conciliera-t-on cette affluence internationale et le caractère de plus en plus militaire que l'île va prendre ?
  Les bons esprits - il y en a encore - sont désolés. Le bonheur est chose morale. Ce qu'on demandait à l'île était moral. On pouvait pendant des heures marcher sans rencontrer personne dans un sentier du maquis, plus âpre que beau, ou d'une beauté qui était un secret jalousement conservé.
  On marchait entouré de la mer et du ciel. Même si l'on n'y allait pas on savait qu'on pouvait y aller. La perte de la liberté est de savoir qu'on ne pourra plus la prendre. On sait aujourd'hui qu'on ne le peut plus. Il m'est arrivé de m'engager sur la route qui passait devant l'étrange petit cimetière de l'île, habité d'une demi-douzaine de tombes et de la croix de bois d'un soldat allemand enterré | là pendant la guerre. L'an dernier c'était encore un chemin de sable et de rocher bordé de pins parasols que l'on connaissait tous comme des amis. C'est maintenant une route goudronnée qui conduit
à la base d'essais, et les pins se dressent tristement sur les bas côtés débroussaillés de leurs cistes et de leurs bruyères. Je suis revenu à mi-chemin pour ne pas rencontrer des camions auprès desquels des hommes se livraient à je ne sais quel travail de réfection de la route ou de déchargement.


  Les habitants ont signé presque tous une pétition demandant qu'on les protège contre les risques d'incendie causés par les essais d'engins téléguidés (je ne crois pas que ce soit le plus à craindre) et que la base soit transportée ailleurs.
   D'autres disent que ces expériences, si vraiment elles exigent le secret, auraient dû se faire loin de toute présence, à plus forte raison de celle de touristes, dans le centre de la France ou dans le Sud algérien. Les anciens habitués de l'île se sont associés à cette pétition, qui a été envoyée à la préfecture maritime de Toulon et aux parlementaires du département. Certains de ceux-ci l'ont d'ailleurs publiée dans leur journal local. Les seuls habitants qui n'aient pas signé sont des marchands de vin chez qui les marins achèvent la journée.
   Il est à craindre qu'il ne soit trop tard. M. André Billy a sauvé la région de Fontainebleau où l'on voulait installer une école de chars, mais il n'avait pas attendu que l'école fût créée. La base de l'île du Levant est en place ; tout le monde peut voir les rampes de lancement, pour ainsi dire les mesurer ; on agrandit le port ; si l'on croyait tout ce qu'on entend il faudrait supposer que l'île sera devenue avant longtemps une place forte.
   Mais comment gardera-t-on le secret d'expériences qui se font au vu de tout le monde ? Les jours d'essais une moitié de l'île est interdite, mais les coups de départ, le vrombissement des engins, leur parcours, tout peut être suivi à la jumelle, photographié, filmé avec les téléobjectifs qui sont d'usage courant, aussi bien de l'île que des hauteurs voisines de Port-Cros. Est-ce que les îles d'Hyères vont disparaître de la carte du tourisme ? Ce serait logique.

   L'an dernier une grande partie de la clientèle étrangère était anglaise. Cette année elle est surtout allemande. Une agence de publicité qui porte un nom officieux demandait dans le courant de mai vingt-cinq chambres pour des Autrichiens qui étaient attendus dans les premiers jours de juin. Il arrive que les essais réussissent ou qu'ils ratent. Quand ils réussissent leurs expérimentateurs sont contents. Ils fêtent cette réussite. Il arrive aussi qu'en une soirée il se dépense autant d'argent dans un bar qu'un naturiste modeste en laisserait en un mois à l'hôtel. Le choix des hôteliers se
comprend. Mais quand on est animé par le contentement de soi on parle.
   Où est le secret militaire ?

ROBERT COIPLET

Archives Le Monde

Voir les commentaires

Rédigé par HODIE

Publié dans #Ile du Levant, #Coupures de presse, #1952

Publié le 28 Novembre 2019

Rédigé par HODIE

Publié dans #ADIL, #Ile du Levant, #Coupures de presse

Publié le 28 Novembre 2019

UN PARADIS QUI DISPARAÎT

L'ILE DU LEVANT

ROBERT COIPLET dans LE MONDE du 23.08.1950 


  À Hyères, quand vous annoncez votre départ pour un prochain bateau, on vous répond: " Ah! vous allez dans les îles? ", et presque toujours on ajoute : " Vous y serez tranquille. "
  Sans doute on veut dire que là vous échapperez à tout ce que la Côte comporte de plaisirs fabriqués à seule fin de ne pas laisser le client en face de lui-même et de la tentation de reprendre le train. Mais il y a autre chose dans les mots les îles. À 10 kilomètres du continent elles possèdent l'attrait des terres ignorées.
  On pourrait compter la presqu'île de Giens dans les îles d'Hyères. Il suffirait d'ouvrir au passage de la mer la bande de sable étroite qui commence à l'ancienne Olbia romaine. Du village de Giens on mesure la précarité de cette grève qui rattache l'île aux pentes de Costebelle et du mont des Oiseaux. Les falaises d'Escampobariou, où Conrad a situé l'action du Frère de la côte, sont aussi belles que les hautes falaises de
Porquerolles. Conrad n'est jamais venu à Giens, paraît-il. Le pèlerinage littéraire y serait sans objet.
On s'arrête peu à Giens. On a tort.

  Porquerolles attire les touristes, que les bicyclettes, les cars, les automobiles, amènent jusqu'à l'embarcadère, d'où l'île se voit aussi facile à atteindre que pouvait l'être de Paris Charenton à l'époque des bateaux-mouches. Porquerolles est proche du continent et ne parvient pas à s'en libérer.

  Port-Cros est déjà plus indépendante. Depuis les deux amants du vicomte Melchior de Vogüé, Port-Cros garde un badigeon littéraire. On l'entretient soigneusement. Jean d'Agrève, avec Amitié amoureuse, contentait encore les femmes sentimentales avant Lady Chatterley, avant la Garçonne, pour être plus exact.

  Toutes ces îles sont belles quand on les voit du haut du mont des Oiseaux, à l'heure où le soleil du soir les détache comme des barques d'or posées sur le bleu confondu du ciel et de la mer. Les îles d'or. Pendant soixante ans Porquerolles et Port-Cros suffirent à les composer. Une troisième existait bien à l'est : île du Titan ou du Levant. Elle appartenait à la marine et servait de cible aux tirs de la flotte. On prétend encore que c'est à la suite des incendies que ces tirs allumaient qu'elle est aujourd'hui à peu près uniquement couverte de maquis. Mais d'autres assurent qu'au temps où elle était encore hors du monde les marchands de bois ne I'ignoraient pas et qu'ils l'ont saignée à blanc. Où est la vérité ?

  L'île du Levant était si bien considérée comme inabordable, qu'Ardouin- Dumazet, dans son Voyage en France, qui fut célèbre, en soixante volumes, la présente comme une arête rocheuse de 8 kilomètres de long, sur laquelle court une route stratégique. Il n'y était pas allé, ou s'était renseigné à Port-Cros, qui, semble-t-il, n'a jamais vu avec sympathie sa voisine. En 1926, dans l'Egarée sur la route, dont quelques scènes se passent à Port-Cros, Gaston Chérau place les propos d'un patron qui raconte comment il a porté des vivres à la douzaine d'habitants de l'île du Levant, coupés du continent par une longue période de gros temps. Quand ils virent sa barque ils accoururent sur la côte. Lui, alors, apeuré par leurs gestes, leur lança des pains sur lesquels ils se jetèrent. Autrement ils l'auraient sans doute mangé ?

  Avec de l'exagération on ne peut mieux dire que l'île du Levant était hors
de la civilisation. Elle cesse de l'être maintenant un peu plus chaque année, à chaque flot de visiteurs indésirables. Il est temps peut-être de dire pourquoi elle était si belle.

Les colons de 1931

  En 1926, quand le patron de Port-Cros considérait ses habitants comme des anthropophages, l'île du Levant touchait au moment de sa transformation. En 1931, les deux docteurs Durville, qui avaient acclimaté à Villennes-sur-Seine la pratique du naturisme, malgré beaucoup de moqueries et quelques violentes colères, obtinrent de la marine la concession de terrains autour d'un vieux fort, à l'extrémité de l'île qui est en face de Port-Cros. Ils tracèrent des chemins, vendirent par lots le terrain à leur clientèle naturiste, et un village commença de s'édifier. Ils le nommèrent Héliopolis,
comme ils avaient nommé le centre de Villennes, Physiopolis, c'est entendu. Mais sans eux rien n'eût été fait, on leur doit cette justice. Les premières années de cette colonisation de l'île du Levant furent remplies de joie. Peu de personnes étaient au courant du secret de cette régénération. Des ouvriers quittèrent la banlieue parisienne, où ils perdaient leur santé et leur dignité. D'autres vinrent d'Algérie, après avoir vendu le petit bien qu'ils y possédaient. Les tâches se partageaient. On ouvrait une route. On construisait les premières maisons. Une cantine était le foyer des colons, des mariages y naissaient.

  Quand on s'en va aujourd'hui dans l'île, si elle est livrée à la solitude on comprend la pureté de ces premiers jours. C'est une terre redevenue intacte. La nature en a repris possession. Les arbousiers, les bruyères arborescentes, les pins, des eucalyptus, remplissent les ravins successifs qui descendent vers la mer de chaque côté de l'arête centrale. À partir de juin, le parfum qui émane des feuilles poisseuses des cistes se mêle à celui des pinèdes pour composer l'odeur de l'île qui vous accueille à chaque retour comme un choc. Tout être est porté à regretter les années de sa jeunesse.

  C'est pourquoi les survivants de la première époque, quand ils l'évoquent, vous disent qu'on ne reverra jamais un temps comme celui-là. En effet on ne le reverra plus. Ils disent aussi: " Quand vous êtes partis, vous, les étrangers, vous ne savez pas ce que c'est pour nous de retrouver l'île comme nous l'aimons ! " Comment ne pas les comprendre ? Mais ensuite ils ouvrent un nouveau restaurant. Il fallait vivre, et l'argent qui le permet ne pouvait venir que de l'extérieur.

  Faute d'eau, l'île est impropre à la culture. À grand'peine des colons ont taillé des terrasses dans le micaschiste ; ils l'ont broyé pour le transformer en terre. Au bout de deux, trois ans, cette terre devient bonne ; elle serait, dit-on, excellente pour la vigne. Les arbres fruitiers s'en accommodent comme ils peuvent, mais la sécheresse fait tomber les fruits ; même les feuilles des figuiers se dessèchent ; il n'y aura pas encore de figues. On lit bien dans les guides des phrases toutes faites : " Au moyen âge l'île était le grenier des moines de Lérins. " On se demande comment. Du début de mai quelquefois jusqu'à la fin septembre, il ne tombe pas une goutte d'eau. Il faut que le climat ait changé ou qu'il y ait eu des barrages dont on ne retrouve plus de traces. Les derniers essais de culture datent du Second Empire. Un comte de Pourtalès, qui était philanthrope, y fonda un pénitencier pour adolescents. On montre les endroits du maquis où poussèrent des vignes. La route passe sur la levée d'un étang qu'il serait possible de remettre en eau. Un jour, en 1866, les détenus mirent le feu au pénitencier. Les ruines, dorées par le soleil, sont maintenant la principale curiosité de l'île, avec celles du château du comte qui dominent la mer au sommet de terrasses que l'on devine encore dans une végétation de lianes enserrant les derniers palmiers.

  Plus tard, on parle de deux Belges qui entreprirent des cultures que signalent des murs écroulés et un bassin de ciment à sec, autres buts de promenade. L'erreur des derniers colons fut de ne pas s'occuper d'abord de l'eau. Ils se sont faits presque tous hôteliers, mais ils n'ont que des citernes dont l'insuffisance s'accroît en même temps que les clients. Août est tragique.

Mort d'une idée

  Cette clientèle fut au début composée surtout de naturistes, dont beaucoup sont végétariens et qui par conviction mènent une vie simple. Les excès n'étaient pas à craindre. Les docteurs Durville avaient obtenu de la municipalité d'Hyères, qui contrôle administrativement leur village, une tolérance de tenue très large. Gauguin, quand il vivait aux Marquises, avait adopté le paréo. C'est aussi leurs Marquises que les naturistes étaient venus chercher. Il en est qui s'y obstinent. Mais comme aux Marquises les blancs sont arrivés. Ils peuplent maintenant les hôtels.

  Sans prétendre au prosélytisme, le naturisme ne s'accommode pas du pastis, des excès de table et des alcools variés. L'équivoque réputation du nudisme attire des visiteurs indésirables mais fournis d'argent. Ils chassent les autres. Périodiquement, un journaliste vient. Sur des ragots qu'il a recueillis, il fait un article. Le malheur veut que ce soit pour des journaux plus soucieux d'excitation que de vérité. Le malheur veut aussi que les habitants s'y prêtent et ensuite - ceux du moins qui se sentent liés à l'île - ils crient qu'on les déshonore. Ceux qui ne sont que des commerçants demandent qu'on recommence. La saison est si courte !

  Septembre reviendra. Avec les premières pluies, les visiteurs équivoques regagneront Marseille, Paris, Londres, Bruxelles ou Amsterdam. On vient du Danemark et de Suède maintenant. Avec la pluie, les habitants retrouveront un peu de leur ancienne mentalité. Ils penseront à leurs jardins où les pois et les artichauts se cueillent aux jours où Paris est sous la neige. Il ne neige pas dans l'île, les flocons fondraient avant de toucher le sol. Mais le mistral souffle, et le vent d'est. La Méditerranée, mer sans franchise devient furieuse. L'île peut être coupée du continent pendant plusieurs jours, mais on ne risque plus d'être affamé comme au temps du patron de Port-Cros. Devant la flamme d'une souche de bruyère, car ils sont devenus frileux, les naturistes des temps primitifs penseront peut-être à ceux qui s'acharnent à revenir chaque année. On en verra au mois de mai, quand les cistes sont en fleur, au début de juin ; ensuite ce sera la vraie clientèle. Les naturistes en somme dépensent peu. La plupart vivent sous la tente. Ils cuisinent des repas élémentaires. Au risque de faire brûler le maquis. Ils seront de moins en moins nombreux, car ce sont eux maintenant qui sont pris de gêne de vivre à peu près nus devant des habitués de boites spéciales. Si les survivants de 1931 ont l'esprit philosophique, ils doivent penser que la civilisation triomphe toujours.


Robert Coiplet - Le Monde  23.08.1950 

Source : Archives du Monde / Archives Municipales d'Hyères 3D20

à suivre : une réaction dans la revue de l'ADIL

puis d'autres articles de Robert Coiplet en juin 1952 et en octobre 1957

Voir les commentaires

Rédigé par HODIE

Publié dans #Ile du Levant, #Coupures de presse, #1950

Publié le 27 Novembre 2019

Inauguration du parcours santé en 1986 dans LA VIE AU SOLEIL

LA VIE AU SOLEIL n°112 d'août 1986

avec une coquille dans l'article , il faut lire :

"....Fretz de la Pomme et son père Hubertus, grand maître du Ponant..."

Voir les commentaires

Rédigé par HODIE

Publié dans #Coupures de presse, #La Vie au Soleil, #Ile du Levant, #Sports

Publié le 24 Novembre 2019

Un article de la revue

 

 

L’ÎLE DU LEVANT SANS VOILE

Ô monstruosités pleurant leur vêtement !
Ô ridicules troncs ! torses dignes des masques !
Ô pauvres corps tordus, maigres, ventrus ou flasques, 

 Charles BAUDELAIRE 1821 - 1867
"J'aime le souvenir de ces époques nues"

Quittant à 7h45 du matin la gare de Nice, un car quotidien se dirige sur Marseille et fait étape à 12 heures environ au Lavandou. entre Cavalaire et Le Lavandou, le chauffeur du car ne manque jamais d'annoncer aux touristes plus ou moins assoupis : " A gauche, au large, vous pouvez voir l'île des nudistes." Tout le monde se réveille, porte son regard vers le large.

On distingue, très loin à l'horizon, une masse grise étirée sous le ciel bleu. elle donne cependant à réfléchir. Les touristes mâles, belges, nordiques, français septentrionaux, anglo-saxons prennent un air entendu. L’élément féminin pince plus ou moins les lèvres, selon que le regard des hommes s'attarde plus ou moins longtemps dans la direction de l'île du péché. Ou présumé telle.

- Swen ! James ! Giancarlo ! Karl ! Charles !

Les dames éprouvent soudain le besoin de s'inquiéter à propos des valises, du déjeuner, du Guide Bleu, de n'importe quoi, pour détourner vers un terrain aride la source impure des arrière-pensées qu'elles ont senti sourdre dans l'esprit de leur compagnons.

On arrive au Lavandou.

De grandes affiches draguent les populations vacancières au bénéfice de l'île du Levant. Un véritable pont maritime permet le transport des amateurs vers le paradis nudiste. Du matin au soir des bateaux partent déverser leurs cargaisons humaines sur le Levant.

Comme le Lavandou est un des endroits où l'on mange le plus mal et aux prix les moins justifiés de la Côte d'Azur, autant se munir d'un sandwich et d'une bouteille de bière et s'embarquer pour les îles.

LA SÉGRÉGATION 

A bord, les gens se lorgnent sournoisement (pourquoi y va-t-il celui-là, ou celle-là ?) et préparent en cachette leurs appareils photographiques. Les habitués ont un mépris évident pour  le troupeau des visiteurs occasionnels et ne se gênent pas à se mettre en slip pour se différencier de la populace en robe et en veston.

La traversée dure à peu près une heures. A l'arrivée, la ségrégation devient  totale. Les naturistes - j'emploie ce mot par commodité, avant d'en préciser la signification - interpellent leurs commensaux qui ricanent à la vue des visiteurs. Le port, très petit, est constellé d'embarcations. Des types trimbalent des caisses de bouteilles, des valises et les nouveaux-venus se mettent déjà à la recherche d'eau minérale (beaucoup se contentent des casse-croûtes. Puis tout à la queue leu leu, on se dirige vers le spectacle dont on a payé l'entrée, c'est à dire le prix de la traversée aller-retour vers la Corniche naturiste.

Revue Naturiste Internationale n°45 octobre 1959

C'est une côte rocheuse et escarpée de sept à huit cent mètres d'étendue où les nudistes gratinent au soleil.

Un sentier suit le sommet de l'escarpement.

La queue leu leu des visiteurs suit ce sentier.

Les nudistes qui suivent du regard ces arrivants.

Les choses suivent leur cours.

- Hè la-bas : Pas d'appareil photo : Gare à tes fesses !

- Ils nous cassent les pieds ces voyageurs !

- A l'eau, les voyageurs, à poil !

On atteint un lieu-dit les Pierres Plates où les autochtones se font fortifier le corps sur des matelas pneumatiques, des serviettes, des sacs. Question : il est parfaitement logique que des gens qui désirent se bronzer nus, au soleil, trouvent désagréable ce défilé de visiteurs, ce système de jardin zoologique. Alors pourquoi ces panneaux indicateurs ? Pourquoi cette énorme pancarte racoleuse accroché sur un portique, invitant les voyageurs à visiter la Corniche Naturiste  ? Comme le Concert Mayol ?

LES LIEUX

L'île est vaste. Onze kilomètres de longueur. Mais la partie réservée aux civils correspond à 1/15 de sa superficie. Les 15/15 restants sont occupés par la Marine française qui a élevé partout des grillages de deux mètres de haut. Gracieuse attention qui ramène la poésie pastorale du naturisme au niveau du parc zoologique déjà cité.

Si l'on s'éloigne des grilles à la recherche d'un itinéraire bucolique dans le val de l'Ayguade, on tombe sur un bidonville que personne n'oserait appeler camping : cahutes en planches, cabanes poussiéreuses, gourbis à yétis.

Si la place du village des Arbousiers est amusante, il faut négliger les odeurs forts émanées d'eaux suspectes stagnant dans les fossés.

Si le versant nord-ouest d'Héliopolis (c'est le nom trop ambitieux du domaine naturiste) offense moins la vue, il offense toujours l'odorat. A chaque carrefour, on découvre des caisses pleines d'ordures qui entretiennent, dans la plus bourdonnante activité, de joyeux essaims de mouches.

Si l'on s'engage sous la feuillée, on en rencontre aussitôt la version militaire, au capricieux hasard des sentiers, marqués de bouchons de papier attestant qu'il n'y a guère de lieux dans le maquis qui ne soient d'aisances.

LES PRIX

Une bouteille de vin rosé ordinaire se paie sur la côte 1,80 F, à l'île du Levant elle augmente de 32 %. Un café, sur la côte, 0,60 F. Au Levant 1,70 F. Les prix de produits d'alimentation subissent d'aussi douloureux ajustements.

Réponse des commerçants : Les prix sont nécessairement majorés du montant des frais de transport, de la côte jusqu'à l'île.

Un économiste calculera aisément que l'île du Levant doit se trouver à plusieurs milliers de kilomètres des côtes de France.

Voir les commentaires

Rédigé par HODIE

Publié dans #Coupures de presse, #Ile du Levant, #Histoire

Publié le 13 Novembre 2019

Rédigé par HODIE

Publié dans #Coupures de presse, #Port Cros et Bagaud, #La faune, #La flore