L’ILE DU LEVANT ET L’ARCHIPEL : JARDIN NATUREL, HABITE & CULTIVÉ 1/6

Publié le 10 Octobre 2025

Le partage du jardin, nouvelle condition de l’île
Thierry Laverne, novembre 2017

1 L’ARCHIPEL L’ILE, & LE VILLAGE DU LEVANT
Le rayonnement de l’archipel du Levant
Face à la terre, l’archipel du Levant constitue un ailleurs dépaysant et mémorable. Les îles de Port-Cros, Porquerolles et du Levant, comptent parmi les destinations les plus emblématiques et convoitées de France, tant la dimension onirique des îles, la dimension paysagère de l’archipel et la dimension naturelle du Parc National de Port Cros, trouvent ici par leur coïncidence particulièrement intime, une résonnance exceptionnelle dans l’imaginaire des visiteurs.
Visibles depuis la côte, les îles font rêver le littoral. Depuis la terre, l’archipel compose un horizon familier, qui participe de l’identité et de l’attractivité de ce territoire varois et rayonnent à l’échelle de l’ensemble de l’Arc méditerranéen. Les îles sont une chance pour la terre.
L’île un modèle pour la terre
Depuis l’extension du parc national de Port Cros au littoral terrestre, le vis à vis entre les îles et la terre fonde et concrétise l’émergence d’une conscience nouvelle. Elle resitue la mer à la fois au centre de cette dimension nouvelle du parc naturel et au cœur des relations nouvelles établies entre les îles et la terre. Ainsi cette dimension qui redéfinit la mer comme le jardin de la terre, projette aussi les îles et la côte dans une nouvelle relation solidaire, responsable de la cohérence et du rayonnement de l’ensemble.
Désormais, à partir de la reconnaissance des conditions et de la valeur d’exception de l’île, peut être redéfinie sa valeur d’exemple pour la terre. Ainsi, il en va de la terre comme des îles, chaque territoire responsable, doit à la fois reconnaître sa capacité limitée et sa responsabilité illimitée, afin de définir les
conditions de sa durabilité et de sa résilience, mais aussi sa solidarité, ses relations et son rôle avec et vis à vis de l’ensemble.
Les trois îles, l’archipel et la mer
Au sein de l’archipel du Levant, chaque île occupe une place et joue un rôle particulier :
- L’ile de Porquerolles, île habitée cultivée, reliée et visitée
- L’île de Port-Cros, île témoin, référence naturelle, protégée
- L’île du Levant, île à l’écart, réservée à l’armée au naturisme et à la villégiature
Ainsi chaque île possède des particularités qu’elle doit cultiver, mais possède aussi la responsabilité de partager une parenté indiscutable avec les autres, indispensable pour composer l’assemblage savant sur lequel repose l’identité particulière de l’archipel du Levant. Au cœur de cette relation, la place et le rôle
donnés à la mer sont déterminants aussi de la cohérence, de l’unité et de la cohésion de l’archipel.
L’île et le village du Levant
Parmi les trois iles de l’archipel, l’île du Levant occupe par sa situation, ses conditions et son histoire, une place et un rôle à part.
Majoritairement occupée par l’armée et inaccessible à 93%, elle est habitée sur sa pointe ouest par un lotissement. A la manière d’un iceberg ce quartier qui ne représente que 7% de la surface de l’île, en constitue la partie émergée et visible. Ainsi le lotissement du Levant constitue la façade et la vitrine de l’île.
Représentation de l’île, le lotissement a seul la responsabilité de la perception de l’ensemble de l’île et de sa contribution effective à l’image, à la cohérence et à la crédibilité du projet naturel et au paysage de l’archipel.
Ile dans l’ile, le village doit trouver sur son territoire les conditions de sa durabilité. C’est donc sur son site contraint et très majoritairement urbanisé, que le village doit trouver par son projet, la part et le sens de la nature indispensable à sa meilleure insertion dans le paysage de l’archipel, et démonstrative de sa contribution effective à l’écosystème et au projet unitaire auquel il appartient et dont il dépend.
Privé de son île et adossé à son territoire inaccessible, le village sans terre se libère par la mer. Réuni sur sa proue, le village scrute l’horizon comme une vigie et entretient des relations indispensables et exclusives avec la mer et avec le vis à vis naturel de l’île de Port Cros. A sa manière et à son échelle, ce voisinage entre le Levant et Port Cros projette et met en scène la mer comme la jardin de la terre.
Héliopolis projet historique et vision nouvelle
Hérité de la vision holistique du projet historique des frères Durville, Héliopolis village naturiste est devenu lotissement. Peu à peu, il a perdu le sens de son projet et des valeurs de l’île, qui avaient initialement motivé son installation au Levant. Dépourvu d’espaces publics, le lotissement doit donc compter exclusivement sur l’émergence d’une conscience collective de ses propriétaires et habitants, responsables ensemble de raviver le sens de son projet. C’est donc ensemble que les Levantins doivent trouver les réponses aux questions légitimes qu’ils se posent, en termes de responsabilité, de durabilité, de partage et de paysage, afin qu’à nouveau ici, les valeurs et ressources de l’île ne constituent pas seulement un cadre de vie dont chacun bénéficie individuellement, mais fonde un nouveau mode de vie dans lequel tous ensemble et chacun se sente personnellement impliqué, dans ses activités ses responsabilités et sa vie quotidienne.
Ainsi Le Levant et les Levantins retrouveront par cette coïncidence étroite renouvelée entre valeurs de nature, valeurs sociales, valeurs culturelles et de paysage, les conditions initiales qui avaient prévalu à son projet et s’étaient peu à peu effacées. Cette émergence nouvelle permettra alors de réunir à nouveau simplement et naturellement habitants permanents, saisonniers et estivants, autour de valeurs communes et d’objectifs partagés, auxquels chacun adhère et accepte de contribuer, comme condition commune de l’excellence et de la poursuite de leur projet collectif.     à suivre

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