Articles avec #histoire tag

Publié le 31 Décembre 2022

Nous avons vu la propriété de l’Île du Levant changer de mains à de nombreuses reprises. Mais en réalité, «  tous les particuliers qui, jusqu’à ce jour, ont acquis des droits sur l’Île, n’en ont possédé qu’une partie ».

L’île en effet, a une superficie globale d’environ 1.000 hectares.

Sur ces 1.000 hectares, l’Etat pour ses besoins militaires, a toujours conservé la propriété de 65 hectares.

En 1880, ces 65 hectares, propriété de l’Etat se répartissent de la manière suivante :

environ 62 hectares constituent la Batterie des Arbousiers (appelée aujourd’hui Domaine des Arbousiers), située à la pointe occidentale de l’Île, face à Port-Cros. A son sommet se dressent les quatre murs, percés de créneaux, de la vieille redoute, où veillait le corps de garde chargé d’assurer la défense et la surveillance de la « Passe des Grottes ». La redoute est en ruines

- environ 10 ares (100 mètres carrés) constituent la « Batterie du Titan », campée en surplomb de la Plage du Titan, à l’extrémité orientale de l’Île, à 8 kilomètres environ de la « Batterie des Arbousiers ». on retrouve difficilement quelques pierres qui faisaient partie des fondations de cette batterie, dont la totalité du gros œuvre à disparu

- environ 3 hectares constituent le sol d’un long « Chemin » qui, suivant les crêtes de l’Île, permet de se rendre de la « Batterie des Arbousiers » à la « Batterie du Titan ». Théoriquement le chemin a une largeur de 5 mètres. Pratiquement, le maquis l’a envahi et absorbé. On retrouve vaguement ses traces par endroits, mais il faut un géomètre pour en préciser exactement la position.

En 1883, la situation va se modifier profondément.

Les batteries sont ruinées. Les tactiques militaires ont évolué. L’Etat n’a plus besoin de ses installations qui sont devenues archaïques. Il décide de les vendre par adjudication. Deux lots sont créés à cet effet.

Le premier lot comprend les 62 hectares de la Batterie des Arbousiers et les 3 hectares du chemin central de l’Île. Il est adjugé à Otlet, déjà propriétaire du surplus de l’Île au prix de 5 025 francs.

Le second lot est réduit aux 100 mètres carrés de la Batterie du Titan. Il est adjugé à Clément Bayard.

De telle sorte qu’après cette double adjudication et pour la première fois depuis de nombreux siècles, l’Etat ne possède plus rien sur l’Île du Levant. Edouard Otlet et ses héritiers sont désormais (avec Clément Bayard qui possède les 10 ares de la Batterie du Titan) les seuls maîtres de ce magnifique domaine.

La situation reste sans changement pendant une dizaine d’années.

Mais les héritiers Olet doivent de l’argent à l’Etat. Par ailleurs, la Marine a de nouveau des visées sur l’Île du Levant : celle-ci serait pour elle, un admirable objectif pour les exercices de tir de la flotte de guerre évoluant au large de Toulon.

En 1892, l’Etat saisit l’occasion. Il fait mettre en vente le domaine des Otlet. La batterie des Arbousiers, pas plus que le chemin central de l’Île, ne font partie de la saisie.

A l’adjudication, l’Etat se porte acquéreur du domaine mis en vente pour le compte de la Marine.

Ainsi un curieux chassé-croisé s’est réalisé en 10 ans : L’Etat après avoir été propriétaire pendant des siècles de la petite partie de l’Île, a perdu celle-ci et est devenu propriétaire de la grosse partie.

Otlet, primitivement propriétaire de la grosse partie, n’est plus propriétaire que de la petite. Mais il est propriétaire, aussi, du chemin central de l’Île, qui lui permet d’accéder partout, jusqu’à la plage du Titan.

Nous voici maintenant au vingtième siècle.

La colonisation naturiste, la plus glorieuse étape de l’histoire de l’Île du Levant, se prépare.

En 1928, les héritiers Otlet vendent ce qu’ils possèdent encore à l’Île du Levant ( la Batterie des Arbousiers et le chemin central ) à une société anonyme, la Société Immobilière du Rhône. Celle-ci, dès l’acquisition de la propriété, prend le nom de Société Immobilière des Îles d’Or.

Au même moment, la Société Immobilière des Îles d’Or obtient de l’Etat une location, par bail 3-6-9, du domaine acquis par lui en 1892.

 De telle sorte qu’en 1928, la société possède la maîtrise de la totalité de l’Île :

- partie du fait de sa propriété des 65 hectares constituant le sol de la Batterie des Arbousiers et du chemin central de l’Île ;
- partie du fait de sa location des 930 hectares appartenant à l’Etat.

Enfin en 1931, commence l’ère naturiste.

Nous parvenons à acheter la totalité des actions de la Société Immobilière des Îles d’Or.

Puis, la société nous vend une partie de son domaine (25 hectares environ, comprenant les ruines de la Redoute des Arbousiers, ainsi que le chemin central de l’Île).

Sur ce premier lot de 25 hectares, dont nous sommes devenus personnellement propriétaires, nous allons entreprendre la fondation de la Cité Naturiste. Les terrains restant appartenir à la Société des Îles d’Or ( une quarantaine d’hectares ) restent en réserve, en vue d’une extension éventuelle de la cité.

La grande aventure de l’Île du Levant commence.

Extraits de la brochure des Dr Gaston et André Durville - 1956

Voir les commentaires

Publié le 19 Novembre 2022

Publié le 18 Novembre 2022

Archives : Viale

Archives : Viale

Voir les commentaires

Publié le 15 Novembre 2022

La Vie Hyèroise du 1er décembre 1932
Source : Médiathèque d'Hyères 

+ l'article du Dr Mourgue
Source Gallica

 

Voir les commentaires

Publié le 14 Novembre 2022

Au fort du Pradeau ou la Tour Fondue sur la terrasse, lecture du paysage.

Au fort du Pradeau ou la Tour Fondue sur la terrasse, lecture du paysage.

 Merci Christophe L. pour la photo

 

Voir les commentaires

Publié le 11 Novembre 2022

10 000ème article pour le blog !!!

Les 90 ans d'Héliopolis : Les couvertures "Ile du Levant" de la revue NATURISME

La première, NATURISME n°160 du 16 juillet 1931
Collection reliée AJM

 

Les 90 ans d'Héliopolis : Les couvertures "Ile du Levant" de la revue NATURISME

NATURISME n°188 du 28 janvier 1932
Collection reliée AJM

Les 90 ans d'Héliopolis : Les couvertures "Ile du Levant" de la revue NATURISME

NATURISME n°193 du 3 mars 1932
Collection reliée AJM

 

Les 90 ans d'Héliopolis : Les couvertures "Ile du Levant" de la revue NATURISME

NATURISME n°199 du 14 avril 1932
Collection reliée AJM

 

Les 90 ans d'Héliopolis : Les couvertures "Ile du Levant" de la revue NATURISME

NATURISME n°218 du 25 août 1932
Collection reliée AJM

Voir les commentaires

Publié le 5 Novembre 2022

Publié le 2 Novembre 2022

Publié le 1 Novembre 2022

Var Matin du 11 juillet 2012 - Coll. Philippe Fourneau
Var Matin du 11 juillet 2012 - Coll. Philippe Fourneau

Var Matin du 11 juillet 2012 - Coll. Philippe Fourneau

 

Voir les commentaires

Publié le 22 Octobre 2022

 

Ile du Levant, le 22 juillet 1979

Docteur

Faire la "chronique" de la boulangerie de l'île du Levant, c'est "sentir un creux dans l'estomac et une brûlure dans les yeux"... puis joindre les mains et dire au Père : "Donnez-nous tous les jours, le pain dont ils ont besoin !"

x x x

c'est Madame et Monsieur Sadaune qui la firent construire sur les conseils des Dr Durville. J'insiste sur "les conseils" car le four a été conçu pour faire du pain complet : construction qui reste encore un handicap pour tout le reste.

NATURISME n°229 du 10 novembre 1932 - Coll. Jacquier


Madame Sadaune était venue avec la douce illusion de sauver son mari de l'alcoolisme par la pratique préconisée de la méthode "naturiste" des Docteurs qui mettaient l'accent sur la discipline de la nourriture.. le "nu" n'étant même pas toléré... Hélas, le bar de la Pomme d'Adam lui a enlevé tout espoir. La perte d'une fillette brûlée vive les a fait fuir l'île pendant plusieurs années...*
Je ne sais quelles étaient les conditions de location d'une gérante, Francine, qui avec un jeune boulanger a procuré le pain aux habitants surtout pendant l'occupation, mais j'ai assisté en 1949 à son expulsion, ayant laissé partout des dettes dont Mme Sadaune, devenue veuve, était responsable...
C'est son fils, puis un gendre qui pendant 2-3 ans nous ont fait un mauvais pain.

Puis est arrivé un charmant jeune couple, propres, travailleurs. Bon pain et gâteaux... Ils n'ont pu tenir qu'un an. Sont partis plus pauvres que quand ils sont arrivés...

C'est un couple âgé, sorte de "retraités" qui a pris la suite. Bon boulanger. Il nous a fait du bon pain et a employé ses loisirs à la pêche...

Madame Sadaune a enfin, vers 1957, réussi à vendre son fonds et les murs. Ce sont des boulangers d'Hyères qui ayant vendu leur magasin ont pu payer comptant.
A nouveau bon pain et bon gâteaux. Hélas, la charmante boulangère, (une amie chère) était venue avec le même espoir que Mme Sadaune...Inutile de relater les drames causés par la proximité de la Pomme d'Adam...

En fin de compte, en attendant de trouver à vendre , ils ont pris un gérant, dont la femme est tombé amoureuse d'un marin et a fini de se suicider...

Ce sont alors les "Colins" qui vous avez connus qui ont pu acheter le fonds avec promesse d'acheter les murs...qu'ils n'ont jamais pu réaliser...Je ne sais pas si vous êtes au courant du drame qui a précipité le départ des Colins... Toujours est il qu'ils ont cédé le fonds aux boulanger actuels, règlement par traites..

Et c'est Madame Charraix qui a acheté les murs...Il y aurait beaucoup à dire, mais il est plus prudent de se taire..
Croyez, Docteur, à l'assurance de mes sentiments honnêtes

Elise Damiat-Arbogast

 

Source : Archives Philippe Fourneau

 

++++++++++

Extrait page 72 "Héliopolis, histoire d'un village expérimental devenu un jardin d'essais" F. Capoulade / H. Goldet SAH 2012

* Un drame :
Une jeune fille est morte, brûlée, en juillet 1934. C’est Jacqueline Sadaune, la fille du boulanger. Elle était au sous-sol de la Pomme d’Adam. Elle faisait la lessive, avec une lessiveuse. Elle a voulu rajouter de l’eau et elle s’est trompée. Elle a pris un bidon plein d’essence le croyant plein d’eau…
Elle était employée par Le Carpentier comme secrétaire et pour s’occuper de son magasin d’alimentation. 
Le Carpentier est en mauvais termes avec Durville. Alors on va chercher un médecin vacancier, sur la plage de Rioufrède même si Durville est chez lui au Fort. On attendra une demi-heure pour faire une piqûre de morphine à la jeune fille. Le temps pour le médecin de revenir et de passer chercher le nécessaire au Fort. Elle meurt à l’hôpital, quelques jours plus tard.  La mère de la jeune fille reproche durement à André Durville la mort de sa fille. Si on avait de l’eau dans les robinets, sa fille ne serait pas morte. C’est vrai, mais insuffisant. Il n’y aura pas d’enquête.

 

 

Voir les commentaires