A speciality from southern France : a flash dish with many boiles Mediterranean fishes, shrimps, lobsters and a broth which is served on toasted bread with ground cheese and piquent sauce.
Ile du Levant in the nude n°111 Special Edition Sun & Health (Holidays) Limited 1967
Revue NATURISME n°417 15 mars 1938
"On mangera la bouillabaisse à dîner. Assisté aux opérations culinaires assez compliquée et qui se font en plein air sur un foyer spécial aux grosses pierres muni d’un support pour la grosse marmite. C’est M. Magagnol (gardien du phare du Titan) qui préside aux rites. On met dans la marmite des poissons de diverses espèces, des rascas, des girelles, des escargots de mer dits bigorneaux, du safran, de la sarriette, de l’oignon, de l’ail, des pommes de terre, de l’huile en abondance et des poignées de poivre. La marmite doit rester découverte. Le mélange prend une belle couleur dorée. On le chauffe d’abord avec de grosses branches de bruyères, puis lorsqu’il bout, avec de mêmes branches fendues bien sèches. Ça frille. Ce feu vif dure ¼ d’heure. Mme Magagnol, consultée prend la louche, goûte et ordonne encore 5 minutes. Le brouet est à point. On verse le bouillon sur des tranches de pain dans une soupière et les pommes de terre et les poissons dans un plat allongé. Nous ne sommes que trois et il y en aurait pour six."
Extraits du carnet manuscrit d'Auguste PIGUET , PHILA III Merci à Pierre-André REYMOND pour ce document de 1936
La traversée de la passe de Port-Man (le plan d'eau qui sépare le Levant de Port-Cros) est à la portée des nageurs bien entraînés. En bateau, kayak ou canoë, rien de plus facile. En empruntant les services des vedettes qui font escale à Port-Cros, vous aurez la possibilité de passer quelques heures sur cette île sœur du Levant où la pinède est de toute beauté, le maquis étant complété par une véritable forêt d'essences méditerranéennes.
Comme des promenades sont organisées par mer sur les côtes du Levant, des sorties analogues vous feront connaître les calanques de Port-Cros et ses belles falaises du sud. Il est naturellement possible d'accoster, mais tout camping sur le territoire de Port-Cros est strictement interdit.
Pour les possesseurs d'embarcations légères, à voile, ou même à pagaie, le tour de Port-Cros et son satellite, l'île de Bagaud, constitue une très belle promenade en mer. Il est néanmoins souhaitable que la mer soit calme, car le passage par les sud (par la Gabinière) sous le vent ou par mer forte peut être difficile et parfois impraticable. Par mistral,, la baie de Port-Man est un abri excellent, très supérieur au port de l'Ayguade frappé de plein fouet par les vents d'ouest et de nord-ouest.
Extraits du Guide Naturiste de l'île du Levant de 1967
Dans le livre "La Cuisine Saine" des Dr Gaston et André Durville Edition de 1934 on relève aux pages 24 et 25 :
" Sont bienfaisants pour l'organisme : .... Parmi les viandes : Celles qui sont jeunes, blanches ou rouges, à condition qu'elles soient très fraîches et qu"on n"ne use qu'à un seul repas par jour (à midi) et modérément et qu'on les cuise sainement.
Les poissons, à la condition qu'ils soient consommés très frais et en petite quantité, cuits comme il convient, et qu'ils constituent toute la ration carnée de la journée. nager le même jour viande et poisson, même à deux repas différents, est commettre une faute. Un seul plat carné par vingt-quatre heures (viande ou poisson), voilà un principe essentiel d'hygiène alimentaire de début ; quand, par des mois d'hygiène naturiste, on aura secoué ses atavismes, on pourra penser à devenir, un jour, végétarien. Nous sommes habituellement opposés aux brusques sevrages de viande."
Si vous possédez un bateau personnel, inutile de vous faire un dessin. Les chemins de la mer vous sont ouverts. Sachez que vous pouvez naviguer vers l'est, côté littoral, jusqu'avant le Grand-Avis. Sur les côtes sud, vous pouvez pousser (en partant de Rioufrède par exemple) jusqu'au Grand Cap et aux Pierres de Fer qui comptent parmi les plus beaux paysages de l'île.
Durant le mois d'août, alors que le Ceres (Centre d'Essais et de Recherches des Engins Spéciaux) suspend ses exercices, il est possible de faire le tour de l'île. Si vous n'avez pas de bateau, vous trouverez des pêcheurs du Levant qui organisent des promenades en mer au cours desquelles vous vous exercerez (peut-être) à pêcher à la palangrotte et où vous ferez (sûrement) honneur à la bouillabaisse. En général, pour ces promenades qui vous procureront une bonne connaissance de l'île et de ses côtes, les pêcheurs consentent des forfaits, vous pouvez vous arranger avec des amis en vue d'une sortie à plusieurs, vous pouvez vous inscrire en isolé et le pêcheur vous préviendra, le moment venu, pour que vous embarquiez avec d'autres amateurs.
Chaussé d'espadrilles, déjà un peu bronzé, le séant "habillé d'une ficelle", comme dit le poète, c'est-à-dire en minimum, vous commencez à explorer Héliopolis. Au Rond-Point des Arbousiers (Place Durville aujourd'hui) , vous trouverez des panneaux et des plans qui vous instruisent de la topographie des lieux. Il vous reste à les parcourir. Nous allons vous y aider.
"Une promenade que vous auriez pu faire ou que vous pourrez peut-être faire..."
Maupertuis - Rioufrède
C'est la côte sud, face au large. La circulation dans cette zone est interdite en temps normal. Elle est autorisée seulement durant la saison du 15 juillet au 15 septembre (il y lieu de se renseigne, on trouvera, affichées à la Poste, les décisions de la Marine à ce sujet).
Plusieurs sentiers permettent d'accéder au superbes calanques de la côte sud, pointe du Cheval, calanque de l'Eden, de Glaucos, de Phrynis). Notez bien que si dans les précédentes promenades vous ne courriez aucun risque de vous égarer, il n'en est pas de même sur le versant sud où le maquiq est très sauvage, il est déconseillé de s'écarter des pistes ; vous vous égareriez très facilement au milieu des fourrés compacts, épineux, qui vous enferment vite dans un véritable piège. A vingt mètres de la piste, vous pouvez être tout à fait incapable de le retrouver.
Du maquis surchauffé par l'été, s'exhale la vivante et sèche odeur des plantes aromatiques, des résines, du thym (?). Ces roches brûlantes, ces eaux pures et bleues, cette végétation touffue qui frémit sous le vent du large, c'est le secret royaume de la nature sauvage.
Pourtant, la partie accessible de cette côte sud s'achève par le Juan-Les-Pins nudiste : Rioufrède. Ne vous amusez surtout pas à gagner Rioufrède en suivant la côte, vous ne vous en sortirez pas. Faites comme tout le monde, passez par le chamin de la Poste, aux Arbousiers, dépassez le poste établi sur la route par la Marine et un sentier aux pierres usées par des générations de naturistes vous amènera jusqu'à la plage de Rioufrède, lieu de prélidection des nudistes fanatiques de l'héliothérapie intégrale. En pleine saison, si vous souhaitez trouver une place pour vous étendre commodèment, n'hésitez pas à vous lever de bon matin. A Rioufrède, les places sont chères ! A dix heures su matin, on n'en trouve plus beaucoup de disponibles.
Chaussé d'espadrilles, déjà un peu bronzé, le séant "habillé d'une ficelle", comme dit le poète, c'est-à-dire en minimum, vous commencez à explorer Héliopolis. Au Rond-Point des Arbousiers, vous trouverez des panneaux et des plans qui vous instruisent de la topographie des lieux. Il vous reste à les parcourir. Nous allons vous y aider.
"Une promenade que vous auriez pu faire ou que vous pourrez peut-être faire..."
Les Grottes - Maupertuis
Les Grottes, ainsi nomme-t-on le centre de la zone de camping tenue par la municipalité d'Hyères. La plage des Grottes n'est pas trés vaste,
Chaussé d'espadrilles, déjà un peu bronzé, le séant "habillé d'une ficelle", comme dit le poète, c'est-à-dire en minimum, vous commencez à explorer Héliopolis. Au Rond-Point des Arbousiers, vous trouverez des panneaux et des plans qui vous instruisent de la topographie des lieux. Il vous reste à les parcourir. Nous allons vous y aider.
Les Moines - La Galère
Changement de direction. Vous tournez le dos à l'Ayguade pour avancer dans le chemin qui s'amorce entre le boulangerie et la Pomme d'Adam. Ne manquez pas de vous arrêter à Bellevue, d'où un splendide point de vue s'offre sur les îles d'Or et la côte lointaine : la terrasse de Bellevue est un admirable belvédère. A partir de là : trois itinéraires possibles. Le premier conduit aux Moines, le second aux Pierres-Blanches, le troisième à la Galère, toutes ces criques s'échelonnant en direction de l'est. Elles sont moins envahies que les Pierres-Plates, on y est tranquille et à l'abri des visiteurs de passage. Le chemin initial est devenu sentier qui serpente sous le maquis trés dru d'arbousiers et de bruyères, ces mêmes bruyères dont les racines alimentaient l'industrie de M. de Pourtalès qui voyait dans la fabrication des pipes, une occupation saine et rédemptrice pour ses jeunes forçats.
Chaussé d'espadrilles, déjà un peu bronzé, le séant "habillé d'une ficelle", comme dit le poète, c'est-à-dire en minimum, vous commencez à explorer Héliopolis. Au Rond-Point des Arbousiers, vous trouverez des panneaux et des plans qui vous instruisent de la topographie des lieux. Il vous reste à les parcourir. Nous allons vous y aider.
De l'Ayguade aux Pierres Plates
Vous connaissez déjà le Val de l'Ayguade et son chemin, c'est par là, nécessairement, que vous êtes arrivé. Pour changer, empruntez pour descendre vers la mer, la Perspective : elle part du Fort Napoléon et vous conduit au-dessus du port. Vous constaterez ainsi que vous laissez à votre gauche et à votre droite, plusieurs chemins. En effet, grosso modo, Héliopolis s'étend sur le flanc d'une colline très arrondie et l'on trouve en la gravissant plusieurs routes en corniche. Vous apprendrez facilement à distinguer celle du bord de mer, celle qui rejoint le chemin de l'Ayguade au carrefour de chez Gaëtan, celle qui monte vers le Bazar et la Brise Marine.
Si vous vous rendez aux Pierres Plates en descendant la Perspective, vous n'aurez pas de mal à repérer le sentier convenable. Il est très fréquenté. Les Pierres Plates sont le solarium le plus proche du centre et beaucoup de naturistes y vont matin et après-midi. Si vous pensez prendre un bain de soleil, n'oubliez pas de vous munir d'une rabane ou de n'importe quel moyen d'éviter à votre épiderme un contact direct avec ces pierres déclarées abusivement plates. Elles sont en vérité peu confortables, il y a lieu de s'en aviser.
Photo : Loïc Jahan dans Rivages de France Larousse 1977
Bon nageur, vous avez le choix entre un parcours vers l'Ayguade ou, du côté opposé vers les Moines. Nageur peu entraîné, soyez tranquille, rien de plus facile que de prendre pied n'importe où le long de la côte pour vous reposer au soleil.
Nota : la "Corniche naturiste" n'existait pas. Elle a été créée, en 1959, grâce au financement de la mairie d'Hyères et des commerçants de l'île du Levant.
Quand on arrive aujourd'hui (1957-1958) à l'île du Levant, quand on voit hôtels, bungalows, villas, poste, école, église, magasins, autrement dit une petite cité provençale peuplée en été d'au moins deux mille personnes, largement étalée du Val de l'Ayguade au domaine de Bellevue, du bord de mer aux arbousiers à plus de cent mètres d'altitude, on doit faire l'effort d'imaginer comment tout cela est sorti du roc et du maquis. On doit songer qu'il a fallu vingt-six ans pour faire Héliopolis, pour créer cette réalité vivante et colorée qu'animent pendant au moins quatre mois de l'année les naturistes du monde entier.
Vingt-six années pour dresser des plans, défricher, ouvrir des chemins, amener sur l'île les premiers camions, fréter et mettre en service des bateaux, forer des puits, capter des sources, construire des citernes.
Vingt-six années pour transporter de la côte sur l'île des milliers de tonnes de matériaux, pour créer de toutes pièces les commerces indispensables : boulangerie, alimentation, bazar, pour édifier poste et école, pour obtenir des pouvoirs publics la pose d'un câble téléphonique sous-marin reliant les abonnés insulaires au continent.
Vingt-six années pour avoir raison de l'incompréhension, de l'hostilité, des obstacles pas tous naturels. Vingt-six années pour obtenir les autorisations nécessaires au fonctionnement de la cité naturiste, pour les obtenir d'abord et ensuite pour les défendre, pour interesser la ville d'Hyères dont l'île dépend administrativement. Quand les adeptes de la première heure, les "anciens" de l'île, les vieux propriétaires se prévalent de leur ancienneté, ils ont quelques raisons d'agir ainsi, car sans leur détermination et leur persévérance, il ne resterait à l'heure actuelle d'Héliopolis que quelques vestiges analogues à ceux du domaine d'acclimatation de Simon Philippart. (1878-1880)
Après la guerre, la municipalité d'Hyères épaula sérieusement le Syndicat des Propriétaires : grâce à elle, l'étroite crique de l'Ayguade s'est transformée en un actif petit port où abordent les bateaux qui assurent le service de traversée maritime. Ce service (passagers, ravitaillement, poste) a été largement amélioré. Un garage et un hôtel, aux Salins d'Hyères, permettent une étape commode avant d'embarquer.
Sur l'île, la principale voie d'accès (Ayguade-Rond-point des Arbousiers) est convenablement entretenue. La captation et la retenue des eaux ont été perfectionnées. Enfin, les dirigeants de la ville d'Hyères ont pris la défense des intérêts touristiques du Levant contre certains empiétements de l'Etat. Ils ont rendu possible l'organisation d'une vaste centre de camping naturiste de la plage des Grottes.
L'avenir
La presse internationale, la radio ont rendu public le débat institué autour de l'île du Levant depuis que la Marine Nationale y a installé un Centre d'Etudes et de Recherches d'Engins Spéciaux (C.E.R.E.S.). En effet, la location des parties de l'île consentie aux naturistes vint à expiration en fin 1936. La Marine récupéra son bien. Pendant une quinzaine d'années, il fut néanmoins possible de se déplacer sur toute la surface de l'île jusqu'au moment où l'autorité militaire décida d'interdire la circulation sur ces zones. Depuis lors, les naturistes ne sont chez eux que dans la partie ouest de l'île, sur soixante-cinq hectares, encore que les Docteurs Durville soient personnellement propriétaires du fameux chemin central de l'île qui permet de la parcourir presque d'un bout à l'autre.
Beaucoup d'efforts, beaucoup d'argent, beaucoup d'énergie ont été dépensés pour créer Héliopolis, qui demeure un des centres les plus vivants et les plus attractifs de la Côte d'Azur. Placée sous l'autorité municipale d'Hyères, le domaine naturiste peut subsister et exercer normalement son activité économique. Les problèmes particuliers, posés par la Marine, sont naturellement étudiés avec grand soin. Le point de vue police est scrupuleusement respecté. Du côté dangers d'incendie, des mesures sévères ont été prises. Une coopération étroite existe avec les autorités maritimes qui peuvent compter sur le dévouement de toute la population, la preuve en fut apportée lors de l'incendie de juillet 1957. Si l'été, de nombreux médecins naturistes dispensent leurs soins aux malades et aux accidentés, il faut rendre hommage au médecin de la Marine qui rend bien des services aux habitants de l'île pendant l'hiver.
L'avenir n'appartient à personne, bien sûr. Ce qui nous appartient, c'est de défendre Héliopolis, oeuvre magnifique, fruit d'un quart des siècle de travail créateur, Héliopolis, réalisation unique au monde, encore préservée en partie d'un siècle dur et difficile qui nous rend plus chère l'île-refuge, fille du soleil et de la mer.
Extrait du guide 1958
L'ILE DU LEVANT, nouveau guide 1958, une édition spéciale de la Revue Naturiste Internationale, sous la direction de Jean-Albert Foëx