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Publié le 23 Février 2019

  Inédit

Extraits de l'un des trois carnets manuscrits de 1936, Fila I
rédigés par Auguste PIGUET, confiés par Pierre-André Reymond, son petit-fils.

Dans le texte en italique, j'ai ajouté des précisions.

" Dimanche 24.5.1936
Partons en famille pour le phare ; Jacqueline,  3 ans, sœur de Pierre André Reymond,  comprise qu’on porte par moments tour à tour / Quittons la bande Alfred Reymond, le papa, et moi pour descendre à la plage du Titan / Temps merveilleux. La Méditerranée mérite bien aujourd’hui son qualificatif de Grande Bleue /

Trois promontoires se profilent devant nous. La pointe du Liserot, dont l’extrémité a été presque coupée par les obus. Sa transformation en îlot ne tardera guère, vu que les grandes lames passent par-dessus la coupure


Puis, vient la plage du Titan au sable magnifique. Gagnons de là par le maquis et non sans efforts, car les rochers que nous côtoyons dominent l’abîme, la tour fondue. C’est un éperon de muraille qui terminait l’ancien fort du Titan au sud / 
Le 2ème promontoire aperçu est celui de l’Arête, qui précède le phare. Lorsque nous retournions de la Tour Fondue au Cagnat, un yacht vint mouiller dans la baie à 100 m de nous.

Il s’agit de presser le pas, une fois le grand chemin regagné, pour arriver au phare à midi, ou le dîner a été commandé / Laissons le sémaphore à notre droite à 2 mètres pour descendre sur le phare par un raidillon

Alfred, qui connaît la personne du sémaphore, m’y conduira une autre fois. Le chef de poste, le Breton Crasnou, charmant garçon mais têtu ne s’entend pas avec Magagnol, gardien du phare / Le premier relève des travaux publics, le second de la Marine. M. Magagnol, 61 ans, pèse 106 kg ! Son ventre proéminent ne l’empêche pas d’être leste. Son jardin vu de l’immense terrasse et allée, a l’air splendide. Dîner superbe, pris à la cuisine, face à la grande cheminée, qui renferme sur une sorte d’estrade deux potagers de petit module à deux trous. L’un d’eux n’est allumé que lors de grands banquets de 20 à 30 personnes, qu’il faut servir en deux équipes. Une pièce de toile brodée et à festons pend de la console et nous étonne par sa propreté immaculée. M. Magagnol nous avoue le laver de temps à autre. Le mantelpiece (manteau) est pourvu d’une collection d’anciens bougeoirs luisants et du plus bel effet. Au mur, des chromas représentent Genève, à l’exception d’une vue de Corte en Corse. L’île est facilement visible, mais par un temps froid et sec, nous dit M. Magagnol qui commande ici depuis quelque 20 ans. Le dîner est assaisonné par les facéties de M. Magagnol qui pousse à vider les verres selon l’ancienne coutume des hôteliers.

L'accueillant gardien et sa femme - Photo : Pierre Audebert NATURISME n°350 de 1935

Madame, trop affairée, ne peut manger qu’après coup. M et Mme Dietrich de Lyon sont des nôtres. Le premier, ancien propriétaire d’une tisserie, l’a vendue. Blondeau aux yeux bleus pervenche. Rendu complètement sourd probablement par la guerre. Madame, noiraude et sémillante, s’efforce de lui faire comprendre le sujet de la conversation.
Le téléphone relie l’Avis au Sémaphore, mais le gardien de celui-ci, se refuse à transmettre les messages destinés au phare, en sorte qu’il faut aviser les Magagnol par lettre ou arriver 1 heure à l’avance, si l’on veut être servi à midi. La jalousie remonte à l’époque où Le père Magagnol fut chargé de transmettre la poste au sémaphore. Il paraît inadmissible que sous ce rapport l’Intérieur relevât de la Marine. Depuis lors, on ne se connaît plus !
Le sémaphore compte 3 gardiens, de même que le phare. Parmi ces derniers, il se trouve un alsacien du nom de Lutz aujourd’hui en traitement à l’hôpital d’Hyères pour empoisonnement du sang. Il s’était pris la main entre le roc et le bateau. La blessure mal soignée s’envenima. Le 3ème desservant du phare est un jeune corse Onorati. Magagnol vit en mauvais termes avec eux. Leur reproche de vouloir agir à leur guise, de croire tout connaître. Lutz a 3 enfants Deux jeunes marins, souvent changés, fonctionnent comme aides au sémaphore.
On nous sert entre autres, des brochettes d’ortolans que Magagnol a tirés au sol  ; des frites de l’année en tranches longues et minces ; un civet de lapin gris pris au collet / Sur demande, Magagnol nous fait voir 2 collets et en explique le fonctionnement. Salade de chicorée amère sauvage, omelette délicate, salami  comme entrée. Café délicieux. Vin rouge , blanc et rosé. M. Magagnol se sert d’un ?? de ½ litre environ / A déjà eu 2 attaques / La 3
ème lui sera fatale / Sera tantôt mis à la retraite ; 900 francs par an. Tonne contre Laval et ses décrets-lois qui l’ont privé de 10% de son salaire ; Prétend que Laval a doté sa fille de 23 millions lors de son mariage avec M. de Chambrun, ambassadeur de France à Rome / Le dîner terminé, tables et chaises sont mis de côté. On apporte le phonographe et on se met à danser. Magagnol n’en rate pas une ; dansant en souplesse malgré ses 106 kg et son ?? blanc. Toute sa personne rayonne de plaisir.

Montons au phare dont M. Magagnol nous explique le fonctionnement. L’arbre repose sur une cuve de mercure. Se procurer un manuel sur les phares pour en savoir un peu plus long.

Au large, on voit l’écueil dit Esquilladon, pourvu d’une balise / plus au nord, l’Esquillade, autre écueil dangereux, demeure invisible, vu sa faible hauteur au dessus des flots. Mais voici 4 heures. Il faut rentrer...

 Photos : Extraits du film de Louis Buard 1936



 

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Rédigé par HODIE

Publié dans #Ile du Levant, #Histoire, #1936, #Piguet

Publié le 16 Février 2019

  Inédit

Extraits de l'un des trois carnets manuscrits de 1936, Fila I rédigés par Auguste PIGUET, confiés par Pierre-André Reymond, son petit-fils.

" Jeudi 22 mai 1936 / Bain matinal à l’Aygade / Matinée descente au Grand Avis et au port puis visite du château.

Rencontrons en route le chevrier. Paul Suquet, dit Tarzan avec lequel nous discutons pendant près de deux heures. Il cheminait devant nous en slip et maillot bleu dépareillé, puis enfila le sentier qui descend à Rioufrède. Il s’y arrêta pour panser son chien Iona qu’une épine a blessé. Tandis qu’il enlève le chiffon pour permettre à la bête de se lécher, nous interpellons. Fils de charcutier marseillais, Tarzan fit de bonnes études, devint ingénieur mécanicien puis aviateur à la base de l’étang de Berre. Eut une mère qui ne lui voulait aucun bien et souffrit beaucoup l’abstinant de bonne heure. Menacé de tuberculose, se fait naturiste.

Lâche son métier pour devenir chevrier, au grand dépit de son père. Nous chante les mérites de la vie qu’il mène, nous parle de son affection pour les animaux et surtout pour sa chienne Iona, une merveille de dressage. La bête, une briarde qui peut revendiquer 7 générations de race pure a coûté 2000 francs toute jeune. Aujourd’hui, elle en vaut….Elle connaît chacune des chèvres par son nom et les ramène vers son maître sur un nom de celui-ci. Iona va l’amble comme les fauves., C’est paraît-il un signe distinctif de la race briarde. Belle bête au long poil gris. Tarzan fut baptisé d’après un film représentant un homme singe.

 

Coll. Jacquier


Le chevrier s’est procuré divers bouquins sur l’élevage des chèvres et connaît les moindres trucs du métier. Au début, Iona s’effrayait des chèvres. Le dressage lui apprit à les dominer. Elle alla même trop loin dans la réaction mordant la mamelle des jeunes chèvres. Il fallut la corriger pour lui apprendre à les ménager, à fourrer par exemple leurs petites pattes dans sa gueule sans leur faire le moindre mal !

Coll. Jacquier
 

Tarzan, malgré sa vestiture sommaire, porte beau. Belle barbe noire soignée. Parle sans accent provençal. On sent qu’on a affaire à un homme cultivé, heureux (il nous l’affirme) de pouvoir se confier de temps à autre à des personnes sympathiques. Il gèle aussi dans le midi, à preuve que Tarzan vit l’étang de Berre se prendre sur ses bords pendant l’hiver 1928-1929. Le mistral a tant de violence qu’un avion lancé à la vitesse maximale file en sens inverse au lieu d’avancer.
Les bêtes, nos soi-disant frères inférieurs font souvent preuve de plus d’intelligence que l’homme. Il est difficile de dire où s’arrête l’instinct et où commence l’intelligence, le mélange étant complet.

 

Revue NATURISME n° 399 du 15 juin 1937
 

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Rédigé par HODIE

Publié dans #Ile du Levant, #Histoire, #Auguste Piguet, #1936

Publié le 9 Février 2019

 Inédit

Extraits de l'un des trois carnets manuscrits de 1936, Fila I
rédigés par Auguste PIGUET, confiés par Pierre-André Reymond, son petit neveu.

"A la tête de l’île se trouve l’adjoint du maire, M. Pegliasco, chargé de bénir les mariages et de présider aux élections. Père de 6 enfants, dont Paulette, l’aînée et Loulou. Possède divers bateaux faisant le service entre l’île et le Lavandou, dont le Saint Hilaire, la Belle Brise, le Laïsso Dire. Avons voyagé à 10 sur la Belle Brise. Le Laîsso Dire sert seulement à la pêche et au dépannage. Avons utilisé la Belle Brise pour venir.

Seule Paulette fille de mariniers ressentait quelque peu les attaques du mal de mer. Une toile de fortune étayée par un piquet nous protégeait contre les lames, ou du moins protégeait ceux qui se trouvaient à la proue dont deux gendarmes en kaki à la recherche d’un malandrin ; Mr Fredrick l’industriel lyonnais rendu sourd comme un toupin par la guerre ; Mme Fredrick âgée de quelque 60 ans ; Mr H. Solens qui semblait somnoler en évitant de regarder la mer ; Gladis qui consolait Paulette ; Loulou et Marius nos bateliers et Auguste Piguet (le narrateur) qui ne cessait de humer l’air marin avec délices. Les 6 derniers n’avaient pas trouvé place sous la bâche trop courte ; le dernier cité avait son fond de pantalon et son paletot trempés, sans s’en douter, n’ayant pas pris la précaution de faire descendre jusqu’au bas son manteau de pluie.

La cale était pleine de poteaux imprégnés destiné à la ligne téléphonique Grand Avis-Héliopolis. Il fallait glisser ses pieds entre les poteaux par l’écoutille. Tout mouvement des jambes était ainsi devenu impossible. Au débarquer, Gladis qui saute comme un cabri, glisse son pied entre deux planches,  prend une tôle et se meurtrit un genou. Mais comme l’éclair, la fille se relève sans rien ne dire à personne. Montons dans la vieille Ford de Mr Lassalle. L’incorruptible refuse toute bonne main."

Estacade du port de Grand Avis - Coll. Patrick Bellet

Le taxi de M. Lassalle - Extrait film de Louis Buard 1936

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Rédigé par HODIE

Publié dans #Ile du Levant, #1936, #PIGUET, #Carnets, #Pegliasco

Publié le 2 Février 2019

Extrait du carnet manuscrit Fila I d'Auguste PIGUET de 1936, confiés par Pierre-André Reymond, son petit-fils.

"Sainte Anne, statue en bronze de 1 m de hauteur sur pyramide, socle carré et deux marches. Élevée par les marins de la région, il y a quelques deux siècles m’a-t-on affirmé. Sainte Anne porte un enfant dans ses bras
Il existe des photos du monument. S’en procurer. Il doit plutôt s’agir d’une Vierge Marie. Les gens de l’endroit l’appellent ainsi
Le mot DIVEA ne saurait s’appliquer à Ste Anne. Marie porte couronne, ce ne serait pas le cas de Ste Anne."

 

Une remarque : A son emplacement supposé se situe un oratoire.  Le lieu s'appelle LA MADONE, nom du PC TIR de la base DGA Essais de missiles de l'île du Levant.
 

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Rédigé par HODIE

Publié dans #Ile du Levant, #1936, #Auguste Piguet, #Carnets

Publié le 19 Février 2016

Panorama - Coll. Druard - A gauche, les 2 bungalows de Michel Simon ? Archives : Syndicat d'Administration d'Héliopolis

Panorama - Coll. Druard - A gauche, les 2 bungalows de Michel Simon ? Archives : Syndicat d'Administration d'Héliopolis

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Rédigé par HODIE

Publié dans #Maisons, #1936, #Cartes postales, #Ile du Levant, #Michel Simon

Publié le 9 Novembre 2015

Revue NATURISME DU 15 MARS 1936 Coll. Alain et Dany


Petite devinette :

Où se situe aujourd'hui cette maison qui était l'épicerie de Mme Bouhaut ?

Epiceries en 1936
Epiceries en 1936
Epiceries en 1936

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Publié le 22 Mars 2015

1936 / 2015 aux Grottes
1936 / 2015 aux Grottes

1936 / 2015 aux Grottes

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Rédigé par HODIE

Publié dans #Grottes, #Bords de mer, #1936, #Falaises, #ile du levant, #naturisme, #Durville

Publié le 24 Septembre 2011

Rédigé par HODIE

Publié dans #1930-1939, #Ile du Levant, #1936, #Maisons, #Agence Postale Communale