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Publié le 22 Avril 2019

Inédit

 

Extraits du carnet manuscrit de 1936, Fila II
rédigés par Auguste PIGUET, confiés par Pierre-André Reymond, son petit neveu.

Dans le texte , j'ai ajouté des précisions en italique.

  Jeudi 2 juin 1936

  Les Theillet viendront probablement s’installer au village en abandonnant les ruines du pénitencier. L’administration de l’île leur a construit au centre d’Hélio, une charmante petite maison toute blanche. Ils en occuperont l’étage. Le sous-sol est déjà loué à une dame Chaudière dont il sera question dans un chapitre spécial.

  Revue NATURISME n°369 du 15 mars 1936

Le déménagement est retardé par l’installation du téléphone automatique entre Avis et Hélio. Les travaux viennent d’être momentanément suspendus parce que l’entrepreneur avait voulu planter des poteaux en plein maquis pour couper court. Or, la route entre Avis et Hélio appartient bien aux Durville qui l’ont construite à leur frais. Tel n’est pas le cas du maquis demeuré propriété de la Marine. Redoutant un procès, le Dr Durville survenu sur ces entrefaites a pris les mesures nécessaires pour faire arracher les poteaux plantés hors du terrain concédé ce qui retardera de plusieurs semaines l’installation des Theillet au village.

    Revue NATURISME n°380 du 1er septembre 1936 du 15 mars 1936

Leur petite maison blanche servira de bureau de poste. Gros avantage pour Alfred Reymond qui n’aura plus à courir à l’Avis à tout bout de champ à ½ heure de distance. La voisine immédiate du Bazar, Mme Tailland vient de mourir en clinique à Hyères. C’était une personne de 50 ans environ. Jacqueline allait naguère chez elle tous les jours chercher du lait de chèvre, lait, qui paraît-il n’a aucune odeur spéciale car les chèvres d’ici vivent au maquis et ne connaissent pas la stabulation. Mme Tailland atteinte de gangrène aux jambes causé par le manque circulation aux extrémités aurait dû se soigner plus tôt. Il a d’abord fallu lui couper une jambe. On renonçât à amputer l’autre, voyant que la fin approchait.

  Rencontré avant-hier à 8 h du matin Mme Theillet qui, au pas de course venait apporter l’avis de décès. La vieille mère de Mme Tailland vivait avec elle.  Cette dame passe les 80 ans mais ne les portent pas. Elle vient de la Somme à l’autre extrémité de la France. Il paraît que les frais d’hôpital mangeront le peu que possède Mme Tailland et que la villa devra être vendu. Qu’en adviendra t 'il de la grand-mère. La maison Tailland repose en contrebas sur piliers de béton. On a ainsi évité un creusage nécessaire du roc.  
  Pendant l’absence de Mme Tailland, c’était une voisine Mme XX qui s’occupait de la grand-mère.

 

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Rédigé par HODIE

Publié dans #Ile du Levant, #Carnets, #Auguste Piguet, #Histoire, #1936

Publié le 23 Mars 2019

Inédit

 

Extraits de l'un des trois carnets manuscrits de 1936, Fila I
rédigés par Auguste PIGUET, confiés par Pierre-André Reymond, son petit-fils.

Dans le texte , j'ai ajouté des précisions en italique.


Vendredi 29.5.1936
Pars seul 7h30 pour le phare sans rencontrer âme vivante sur ce long parcours, à part une fillette Lutz aux abords même du phare. Léger mistral. Temps superbe, pas trop chaud. M’enfonce à deux reprises dans le maquis à la recherche des ruines bénédictines du Ve au XVe. La première tentative faite à 500 m de la noria sur la hauteur, m’amène à un bouquet d’arbres où l’angle de la base d’un mur apparaît. C’est tout.
Le second essai fait sur le crêt suivant, à ¼ d’heure de la noria, me conduit par des lieux impossibles à quelques 20 m d’un pan de mur d’autres ruines presque à ras le sol. Me faut y parvenir par le fossé à traverser et une mare qui comble un ancien puits. Mr Augier, le garde, plus heureux que moi, a réussi à gagner par le côté opposé ces vestiges, peu considérable comme étendue, prétend-il. Nul n’a pu me renseigner sur leur destination. Le mystère reste intact.
Empêtré dans les branches sèches d’un immense pin, celles-ci cédant sous mon poids, me voici projeté dans une fondrière à deux pas d’une mare. Mon pantalon de toile se déchire, ma chemise se charbonne aux manches. Il faut néanmoins poursuivre et paraître au phare dans cet accoutrement.

C’est le seul point où le ravitaillement soit possible. Si l’on voit un peu mes chairs, tant pis. Sur l’île naturiste, on n’y regarde pas de si près.
Descends au port en attendant le dîner. Plan incliné où il faut avoir des souliers Bata pour ne pas glisser. Rares marches, rochers couverts de criste-marine. Un docteur de Toulon est l’hôte des Magagnol. Il a embauché deux jeunes matelots de Toulon, Marius et Augustin. Arrivés par un canot moteur, ils sont partis pour la pêche vers 4h ½ et rentreront pour midi. La barque rentre à l’heure fixée avec 12 kg de poissons variés. A quel prix doivent-ils revenir ?

Extrait film de Louis Buard de 1936 : le port du phare du Titan

  C’est trop tard pour songer à la bouillabaisse. On sert d’abord un poulet froid, puis du lapin en daube, un magnifique gigot, des frites du crû, des fruits variés (cerises, oranges, bananes), un flan délicieux, le café. Le patron remplit les verres sitôt qu’ils sont vides à l’ancienne mode. J’oublie de signaler l’absinthe concentrée du début.
Vrai repas de noces, savamment préparé par Mme Magagnol, qui est de Bormes. Lui demande des nouvelles du gendarme Alessandre. Mais la brave dame n’a pas lu Maurin et me demande où elle pourrait se le procurer. Cela amuse fort les Magagnol de m’entendre parler de l’âne de Gonfaron.
Aussitôt, le père Magagnol s’en va quérir un album de cartes illustrées. L’une d’elle (se la procurer au Lavandou) représente l’âne en plein vol au-dessus de la petite cité.

  Pendant tout le repas, le Docteur tient le petit chat noir (destiné à Jacqueline) et le fait manger dans son assiette. Le 1er morceau de poulet est destiné à la petite bête. Il faut attendre quelque temps avant de l’apporter à Héliopolis, si la bonne chère inaccoutumée ne lui a pas été fatale / La conversation est émaillée de phrases en provençal débitées à une allure telle qu’il m’est impossible d’enregistrer à mesure. Je me figurais un dialecte plus sonore. Notre patois (vaudois) me paraît plus agréable à l’oreille. Le provençal a presque disparu des villes comme Marseille et Toulon.
  Il reste vivant dans les campagnes / Sur l’île, les ¾ des habitants venus du nord, parlent un merveilleux français. Seuls les pêcheurs du Grand Avis et certains ouvriers en train de poser le téléphone, se servent du vernaculaire.   Nombreux italiens, dont le sarde Salvatore, auquel une rubrique spéciale sera consacrée dans un second calepin;

  Mais, à 3h, déjà le docteur et ses matelots repartent pour Toulon. Comptant dormir à bord avec vent à l’arrière et rentrer demain matin frais et dispos. Le quart sera fait alternativement par les deux matelots.
  Reste encore une heure à blaguer avec les époux Magagnol / Fut d’abord dans le commerce des bois durs. Employé d’une Maison de Marseille, il visitait la clientèle italienne de Gênes à la Sicile, sans oublier la Sardaigne. On y achetait des châtaigniers, des chênes verts, des noyers de préférence sauvages. Des usines, construites sur place, débitaient le bois. Rognures revendues sur place. Le bois propre au placage était parfois enterré un certain temps, ou journellement arrosé avant l’expédition en France / Les plaquages de noyer de qualité inférieure se fendillent. Il faut boucher les fentes au ciment, puis vernir. Le noyer dûment préparé reste compact ; on ne le vernit jamais. Magagnol arpentait l’Italie au même moment que moi, vers 1894 à 96 au moment de la première campagne d’Abyssinie. Les français étaient mal vus, notamment à Sienne dont  Magagnol a gardé un mauvais Souvenir. Pour éviter les brimades, ou pire, il fallait rentrer à l’hôtel aussitôt après souper.
Passa 3 ans de service en Afrique, parfois en plein désert. Pour avoir un peu de fraîcheur, les soldats se creusaient une fosse dans le sable / Devenu gardien de phare à 38 ans, Magagnol passa les années de guerre sur son rocher. Redoute la retraite prochaine, car la pension prévue n’est que de 900 francs / Les Magagnol me font payer 15 frs comme à l’ordinaire malgré le caractère exceptionnel du repas.
 Repart mon chapeau plaqué au bas du dos pour ne point effaroucher Madame par l’aspect de mes chairs appétissantes / Rencontre un jeune homme et une jeune fille dans les Pierres blanches. Me demandent si c’est bien le chemin du Phare. C’est un peu tard pour s’y rendre car il est déjà 4 h.
Rentré à temps pour le souper vers 5h ½.
(Son bungalow était situé à proximité de la Villa Marie-Jeanne)




 

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Rédigé par HODIE

Publié dans #Ile du Levant, #Carnets, #1936, #Auguste Piguet, #Artistes-écrivains

Publié le 16 Mars 2019

Inédit

 

Extraits de l'un des trois carnets manuscrits de 1936, Fila I
rédigés par Auguste PIGUET, confiés par Pierre-André Reymond, son petit-fils.

Dans le texte , j'ai ajouté des précisions en italique.

Mardi 26/5/1936
 Avons frété le Laisso Dire pour aller de l’Avis à Port Cros. C’est Loulou qui nous conduit. Un jeune étudiant arrive en retard et ne peut embarquer.

 Il y a Mlle D’Escadillas, blonde factice propriétaire de la villa la Pitchounette, sa sœur noiraude et corpulente, l’une et l’autre parisienne ou établis à Paris / Mme Lasalle, qui ressemble fort à Louise épicière d’Héliopolis, dont le fils fait le camionnage dès le Grand Avis, vient aussi de Paris et malgré son âge porte le short / Mis Suzy, en slip et soutien-gorge, blonde naturelle, originaire des Ardennes, a vécu à Bienne, tenancière de la Cantine / Une grosse dame rhumatisante amie des d’Escadillas / M. H. Golay, Juliette, Gladys et moi + Loulou le batelier. Mer calme.   Embarquons à l’Avis pour débarquer à Port Man. Déposons les bagages à la croisée des sentiers pour visiter l’ancienne forteresse. Les 1er et 2ème étage communiquent par une vaste ouverture circulaire, destinée probablement à l’adduction d’eau. Même disposition au château dominant au N la rade de Port Cros. Les deux constructions datent de la même époque soit de François 1er. La tour est circulaire. Un escalier tournant en briques relie les trois étages / le tout en train de crouler / Plus au sud se trouvent les casemates et les services administratifs de l’ancienne forteresse.

1910 - Source : Photothèque du Parc national de Port Cros

  Mais l’ancien pont-levis n’existe plus. Pour pénétrer dans les bâtiments, il faut franchir un fossé de 3 m de largeur sur 2,50 de profondeur avec deux perches . M. Golay s’engage tardivement sur l’échafaudage. La petite perche cède sous le poids. Il a la présence d’esprit de se retenir à la plus grosse ce qui amortit le choc. Il se remonte, presque par ses propres moyens, mais ce faisant laisse choir sa canne. Juliette se jette dans le fossé, le suit sur quelques dix mètres et nous rejoint sans encombre. Retrouvons nos sacs et manteaux intacts. On me charge du sac à provisions et de 3 manteaux. Juliette se charge de m’excuser auprès de ces dames si je ne peux emboîter le pas par crainte de transpirer. Montons de 150 m environ dans les bois plus élevés que ceux de l’île du Levant, si bien qu’on ne voit que rarement la mer. Puis nous côtoyons, à peu près à plat une vaste dépression pour redescendre vers Port Cros sur le versant ouest.

  Baie remarquablement abritée dominée par trois forts. Tout d’abord, on ne voit que des bâtiments en ruine parmi les eucalyptus et les palmiers. La 1ère habitation est l’hôtel de Jean d’Agrève où se déroule le roman bien connu / Remarquable construction à deux étages pourvue de tourelles aux angles/ Magnifique allée de palmiers s’ouvrant droit devant le porche.

1936 - Source : Photothèque du Parc national de Port Cros

Mais si l’on n’y fait (pas) les réparations indispensables, ce beau bâtiment aura bientôt le sort de ses voisins. La porte est ouverte. Pas un chat. Pouvons visiter le grand hall avec ses fauteuils capitonnés et son piano. Partout des tableaux de maîtres accrochés dans les pièces et les corridors. Il serait facile d’en emporter sans être vus. Pénétrons même dans plusieurs pièces des étages pourvues de bibelots, de livres et de meubles en tout genre. Tout à l’air abandonné. Quelques pièces sont pourtant fermées. Une vaste pièce d’eau, que nous n’avons pas vue, s’étend entre le bâtiment et l’église. L’hôtel ne semble pas occupé pour l’instant. Mais pourquoi le laisser ouvert au public. Nous n’avons bien entendu pas lieu de nous en plaindre. Petite église villageoise au charme pénétrant. Poutraison apparente vernie en brun.
  Montons au cimetière en arrière du fort. La croix de bois reléguée dans un angle porte le nom d’Hélène. C’est un attrape-nigaud, nous affirme-t ’on. Tout au fond, à l’angle opposé une dalle oblique en marbre blanc rappelle le souvenir d’un poète russe (Claude Balyne) à pseudonyme français. Quatrain en français, russe et latin. Relevé ces derniers à la page de garde en finale de l’album de Port Cros / Les relever ici, ainsi que le nom et la date du décès. Cimetière enfoui au milieu de grands arbres.

  Un ouvrier occupé au fort, nous fait visiter celui-ci ; d’abord une tour construite sous François 1er. Présente la même ouverture circulaire reliant deux étages, signalée à Port Man, à l’autre bout de l’île / Une autre tour, décapitée de son faîte, est transformée en appartements. Les trois châteaux viennent d’être loués au tenancier du grand hôtel lui-même gendre du sieur Henry, propriétaire de l’île. Port Cros est un coin snob.
Pendant la saison, on n’y voit que des richards vêtus avec recherche. L’hôtel s’en redoutait de voir les forts occupés par des gens débraillés qui auraient fait fuir la clientèle chic. Il a donc passé avec l’Etat un bail de 18 ans lui permettant de faire tous les changements qu’il voudra, à ses frais bien entendu.
Entrons dans le futur grand hall et fumoir, peint en bleu de Prusse. Curieuse cheminée encadrée de deux troncs d’arbre. Escaliers du même matériel frustre. Volume rehaussé en arrière pour les musiciens.
Visité les futurs appartements de Madame, qui vit sa vie à elle, sans se préoccuper du mari. Le boudoir en bleu pâle rempli de bibelots anciens, dont nous aurions pu remplir nos poches, promet d’être une merveille.
Nous autres, plébéiens, nous (nous) installons sous des arbustes, au bord du sentier entre le fort et le cimetière pour y dîner en plein air. Mais Mlle D’Escadillas invite Loulou à dîner au grand hôtel. Suzy se fâche tout rouge et s’en va faire une scène à Mlle D’Escadillas, lui répondant, elle, femme d’une quarantaine, de lui enlever son Loulou de 18 ans ? Des paroles acerbes sont échangées.
Mais le hasard arrange bien les affaires. Loulou reçoit un téléphone le rappelant à l’Avis, pour un transport au Lavandou. Il part seul dans le Laisso dire alors qu’il songeait dîner avec sa Suzy et nous. A 5h retour du petit bateau à moteur qui doit nous emmener. Mais c’est Lassalle qui le dirige / Suzy maussade, allonge sur le pont ses charmes presque nue / Ai passé l’après-midi à longer les bastions du fort, vue magnifique / ceinturé d’agaves. Le pont-levis existe encore mu par un curieux système de poids, vieux de 4 siècles. Pendant ce temps à la xxxx populaire (qui n’a rien de commun avec le Grand Hôtel), M. Golay, Juliette, M. Lassalle et Suzy tapent le carton, les premiers jouant le yass, les derniers la capote des matelots. Ces deux jeux présentent de grandes affinités / Mer très calme. Voyons Bagaud droit en face / Ya les départs de demain, désirons rentrer de bonne heure. Lassalle nous fait descendre aux Pierres Plates, face à notre bungalow. On vous tend la main du couvert d’un rocher et la grimpette commence. Mlle d’Escadillas, vraie chèvre en tête. Nous autres soufflant et la suivant à l’arrière.

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Rédigé par HODIE

Publié dans #Ile du Levant, #Carnets, #1936, #Auguste Piguet, #Port Cros et Bagaud

Publié le 9 Mars 2019

Extraits de l'un des trois carnets manuscrits de 1936, Fila II
rédigés par Auguste PIGUET, confiés par Pierre-André Reymond, son petit-fils.

Dans le texte en italique, j'ai ajouté des précisions.

Mercredi 3 juin 1936
 L’une des bornes du terrain acquis par les Durville se rencontre sur le sentier tendant de l’hôtel Pestiaux-Meyer (Hôtel de l’île d'Or)  à quelque six cents mètres du premier. Elle a la forme d’une cartouche montée sur un socle carré dont un dm dépasse le sol. Borne taillée dans une pierre d’un gris brunâtre....

 Sans doute la borne dont il est question ci-dessus

Impôts : Pour la construction et l’entretien du merveilleux réseau de routes et de sentiers, il est prélevé sur tous les propriétaires de la concession, un impôt de 8 centimes par m². De ce chef, Alfred (Reymond) doit payer chaque année 80 frs à la communauté. Il existe en outre une journée de travail en commun. Par un beau jour d’hiver, tous les habitants des 100 km² consacrent une journée entière à l’aménagement d’une plage, par exemple, chacun prend des provisions hommes et femmes et travaillent selon ses aptitudes et forces. Les uns manient la pioche ou le panfert, les autres le râteau ou de simples paniers. Ainsi, tous les habitants riches et pauvres apprennent à se connaître de plus près. Du Colonel anglais au père Barge. Cette innovation rappelle le système des dizaines du régime bernois. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Certaines personnes éprouvent certaines difficultés à payer leur impôt en argent. On leur permet de s’acquitter par quelques travaux d’utilité publique de voirie surtout. Ils se chargent de débarrasser les bords du maquis de papiers, de déchets ou de vieilles boites de conserve. Tel fut le cas de M. Theillet, l’ami d’Alfred, époux de la postière et secrétaire privé des Durville. Mais d’aucun ne permettent pas qu’on s’introduise sur leur terrain même pour le rendre net. Tel fut le cas de Mme Feaudière, tenancière du restaurant de la Pomme d’Adam. Cette personne intolérante, abreuva d’injures ce brave M. Theillet qui sut garder un calme imperturbable et eut finalement gain de cause. L’irascible personne finit par s’excuser de ses incongruités.

Une carte postale des années 30 - Archives Syndicat

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Rédigé par HODIE

Publié dans #Ile du Levant, #1936, #Carnets, #Auguste Piguet

Publié le 2 Mars 2019

  Inédit

Extraits de l'un des trois carnets manuscrits de 1936, Fila I
rédigés par Auguste PIGUET, confiés par Pierre-André Reymond, son petit-fils.

Des remarques ou des précisions apparaissent en italique.


 Les ruines du Grand Avis font un effet déplorable. Dans 10 ans, il n’y aura plus guère que des pans de mur encore debout. L’entrée de l’ancienne église est d’un accès difficile par la façade de devant. La chose réussit mieux par l’arrière. Traces de jolies moulures. Croix de fer surmontant la façade. Lignée de bâtiments encore debout. Là se trouvent la poste provisoire et la mairie (M. et Mme Theillet originaires de l’île de Ré). Le maçon Giraudo occupe la tranche est de cette lignée, qui du temps du pénitencier servit d’hôtellerie.
 L’enceinte du pénitencier aux murs en partie croulant, renferme des prés magnifiques et des puits surmontés d’un bâti en maçonnerie à double ouverture. On y puise au moyen d’une sorte d’amphore dite gargoulette attachée à une corde. Un âne, celui de M. le colonel Gell et le mulet de Victor Bagnasco paissent au bout d’un licol.

 De magnifiques rangée d’eucalyptus flanquent des portions de l’enceinte. Leurs feuilles prises en infusion guérissent radicalement rhumes et bronchites prétend le berger Tarzan qui en a fait l’expérience. Le vaste étang du pénitencier est à moitié comblé par des herbes aquatiques. Une maisonnette genre chalet s’élève dans un angle de l’ancienne cour du pénitencier. Le garde Augier y est logé. Il est chargé de dresser des contraventions à ceux qui ne portent aucun slip, qui coupent du bois vert ou font du feu. Sur divers points, des pancartes rappellent ces dernières prescriptions.
  Aucun service religieux n’a lieu sur l’île. Le dimanche ne se distingue en rien des autres jours. La majorité des 8 habitants est catholique de naissance mais non pratiquants ce qui ne les empêche pas de se signer dévotement lorsqu’ils pénètrent dans une église. Tel a été le cas de Madame La Salle, l’épicière, lorsque nous avons visité l’église de Port Cros. Il y a quelques protestants.

 Au midi du pénitencier, dans un bas-fond, quelques constructions ont été maintenues ou rapetassées par des ouvriers. Puits et lavoirs, figuiers, de là, le chemin tend au château de Pourtalès.

Guide de l’Île du Levant Pierre Audebert 1950

Par une haute futaie d’essences mélangées, chênes lièges ; pins, aloès dont plusieurs avec infloraison desséchée en arbre de 4 à 5 m de hauteur.
 Château croulant d’accès dangereux. Monté sur la terrasse par l’escalier tournant en fer. Terrasse à panorama superbe sur la baie de l’Avis et sur la côte. Mais les belles dalles encore intactes pourraient céder sous les pieds. Toit effondré, traces de papiers peints adhérant aux murailles.

 Guide de l’Île du Levant Pierre Audebert 1950

  Grotte dans le voisinage que je n’ai pas visitée. Difficile à découvrir. Gladys y a été conduite par Victor Bagnasco.
 Jardin du Passeur en terrasses. Retombé en friches. Quelques châssis et un ou deux carrés où le légume commence seulement à pousser.
M. Pegliasco  qui est censé le cultiver, le néglige.
Ancien puits ou citerne sur l’une des terrasses. Il nous a montré un sentier, qui après de nombreux méandres gagne l’entrée du village débouche un peu au nord de l’hôtel Meyer (Hôtel de l'Ile d'Or) en construction.
 Revu le château le jeudi suivant. Retrouvé facilement le sentier montré par Gladys. Combien plus agréable et solitaire que la grande route. Les cuisines se trouvaient à la face du midi. La cheminée oblique à cause des rafales de mistral, tient encore debout sauf aux extrémités. Venait ensuite une vaste cage d’escalier à vis. Une partie des tables, certaines servant de marches, demeure en place, ainsi que quelques mètres de balustrades. Mais on risque sa vie en pénétrant dans cette cage. Venait ensuite les appartements, enfin la terrasse de l’angle N. Large esplanade à l’ouest vers la mer. Superbes pins, chênes liège en contrebas de la façade est. Escalier de fer à vis rendant à la terrasse 23 marches + 1 en pierre en bas.
Dessin cage ascenseur 
 

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Rédigé par HODIE

Publié dans #Ile du Levant, #Carnets, #Piguet, #1936

Publié le 23 Février 2019

  Inédit

Extraits de l'un des trois carnets manuscrits de 1936, Fila I
rédigés par Auguste PIGUET, confiés par Pierre-André Reymond, son petit-fils.

Dans le texte en italique, j'ai ajouté des précisions.

" Dimanche 24.5.1936
Partons en famille pour le phare ; Jacqueline,  3 ans, sœur de Pierre André Reymond,  comprise qu’on porte par moments tour à tour / Quittons la bande Alfred Reymond, le papa, et moi pour descendre à la plage du Titan / Temps merveilleux. La Méditerranée mérite bien aujourd’hui son qualificatif de Grande Bleue /

Trois promontoires se profilent devant nous. La pointe du Liserot, dont l’extrémité a été presque coupée par les obus. Sa transformation en îlot ne tardera guère, vu que les grandes lames passent par-dessus la coupure


Puis, vient la plage du Titan au sable magnifique. Gagnons de là par le maquis et non sans efforts, car les rochers que nous côtoyons dominent l’abîme, la tour fondue. C’est un éperon de muraille qui terminait l’ancien fort du Titan au sud / 
Le 2ème promontoire aperçu est celui de l’Arête, qui précède le phare. Lorsque nous retournions de la Tour Fondue au Cagnat, un yacht vint mouiller dans la baie à 100 m de nous.

Il s’agit de presser le pas, une fois le grand chemin regagné, pour arriver au phare à midi, ou le dîner a été commandé / Laissons le sémaphore à notre droite à 2 mètres pour descendre sur le phare par un raidillon

Alfred, qui connaît la personne du sémaphore, m’y conduira une autre fois. Le chef de poste, le Breton Crasnou, charmant garçon mais têtu ne s’entend pas avec Magagnol, gardien du phare / Le premier relève des travaux publics, le second de la Marine. M. Magagnol, 61 ans, pèse 106 kg ! Son ventre proéminent ne l’empêche pas d’être leste. Son jardin vu de l’immense terrasse et allée, a l’air splendide. Dîner superbe, pris à la cuisine, face à la grande cheminée, qui renferme sur une sorte d’estrade deux potagers de petit module à deux trous. L’un d’eux n’est allumé que lors de grands banquets de 20 à 30 personnes, qu’il faut servir en deux équipes. Une pièce de toile brodée et à festons pend de la console et nous étonne par sa propreté immaculée. M. Magagnol nous avoue le laver de temps à autre. Le mantelpiece (manteau) est pourvu d’une collection d’anciens bougeoirs luisants et du plus bel effet. Au mur, des chromas représentent Genève, à l’exception d’une vue de Corte en Corse. L’île est facilement visible, mais par un temps froid et sec, nous dit M. Magagnol qui commande ici depuis quelque 20 ans. Le dîner est assaisonné par les facéties de M. Magagnol qui pousse à vider les verres selon l’ancienne coutume des hôteliers.

L'accueillant gardien et sa femme - Photo : Pierre Audebert NATURISME n°350 de 1935

Madame, trop affairée, ne peut manger qu’après coup. M et Mme Dietrich de Lyon sont des nôtres. Le premier, ancien propriétaire d’une tisserie, l’a vendue. Blondeau aux yeux bleus pervenche. Rendu complètement sourd probablement par la guerre. Madame, noiraude et sémillante, s’efforce de lui faire comprendre le sujet de la conversation.
Le téléphone relie l’Avis au Sémaphore, mais le gardien de celui-ci, se refuse à transmettre les messages destinés au phare, en sorte qu’il faut aviser les Magagnol par lettre ou arriver 1 heure à l’avance, si l’on veut être servi à midi. La jalousie remonte à l’époque où Le père Magagnol fut chargé de transmettre la poste au sémaphore. Il paraît inadmissible que sous ce rapport l’Intérieur relevât de la Marine. Depuis lors, on ne se connaît plus !
Le sémaphore compte 3 gardiens, de même que le phare. Parmi ces derniers, il se trouve un alsacien du nom de Lutz aujourd’hui en traitement à l’hôpital d’Hyères pour empoisonnement du sang. Il s’était pris la main entre le roc et le bateau. La blessure mal soignée s’envenima. Le 3ème desservant du phare est un jeune corse Onorati. Magagnol vit en mauvais termes avec eux. Leur reproche de vouloir agir à leur guise, de croire tout connaître. Lutz a 3 enfants Deux jeunes marins, souvent changés, fonctionnent comme aides au sémaphore.
On nous sert entre autres, des brochettes d’ortolans que Magagnol a tirés au sol  ; des frites de l’année en tranches longues et minces ; un civet de lapin gris pris au collet / Sur demande, Magagnol nous fait voir 2 collets et en explique le fonctionnement. Salade de chicorée amère sauvage, omelette délicate, salami  comme entrée. Café délicieux. Vin rouge , blanc et rosé. M. Magagnol se sert d’un ?? de ½ litre environ / A déjà eu 2 attaques / La 3
ème lui sera fatale / Sera tantôt mis à la retraite ; 900 francs par an. Tonne contre Laval et ses décrets-lois qui l’ont privé de 10% de son salaire ; Prétend que Laval a doté sa fille de 23 millions lors de son mariage avec M. de Chambrun, ambassadeur de France à Rome / Le dîner terminé, tables et chaises sont mis de côté. On apporte le phonographe et on se met à danser. Magagnol n’en rate pas une ; dansant en souplesse malgré ses 106 kg et son ?? blanc. Toute sa personne rayonne de plaisir.

Montons au phare dont M. Magagnol nous explique le fonctionnement. L’arbre repose sur une cuve de mercure. Se procurer un manuel sur les phares pour en savoir un peu plus long.

Au large, on voit l’écueil dit Esquilladon, pourvu d’une balise / plus au nord, l’Esquillade, autre écueil dangereux, demeure invisible, vu sa faible hauteur au dessus des flots. Mais voici 4 heures. Il faut rentrer...

 Photos : Extraits du film de Louis Buard 1936



 

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Rédigé par HODIE

Publié dans #Ile du Levant, #Histoire, #1936, #Piguet

Publié le 16 Février 2019

  Inédit

Extraits de l'un des trois carnets manuscrits de 1936, Fila I rédigés par Auguste PIGUET, confiés par Pierre-André Reymond, son petit-fils.

" Jeudi 22 mai 1936 / Bain matinal à l’Aygade / Matinée descente au Grand Avis et au port puis visite du château.

Rencontrons en route le chevrier. Paul Suquet, dit Tarzan avec lequel nous discutons pendant près de deux heures. Il cheminait devant nous en slip et maillot bleu dépareillé, puis enfila le sentier qui descend à Rioufrède. Il s’y arrêta pour panser son chien Iona qu’une épine a blessé. Tandis qu’il enlève le chiffon pour permettre à la bête de se lécher, nous interpellons. Fils de charcutier marseillais, Tarzan fit de bonnes études, devint ingénieur mécanicien puis aviateur à la base de l’étang de Berre. Eut une mère qui ne lui voulait aucun bien et souffrit beaucoup l’abstinant de bonne heure. Menacé de tuberculose, se fait naturiste.

Lâche son métier pour devenir chevrier, au grand dépit de son père. Nous chante les mérites de la vie qu’il mène, nous parle de son affection pour les animaux et surtout pour sa chienne Iona, une merveille de dressage. La bête, une briarde qui peut revendiquer 7 générations de race pure a coûté 2000 francs toute jeune. Aujourd’hui, elle en vaut….Elle connaît chacune des chèvres par son nom et les ramène vers son maître sur un nom de celui-ci. Iona va l’amble comme les fauves., C’est paraît-il un signe distinctif de la race briarde. Belle bête au long poil gris. Tarzan fut baptisé d’après un film représentant un homme singe.

 

Coll. Jacquier


Le chevrier s’est procuré divers bouquins sur l’élevage des chèvres et connaît les moindres trucs du métier. Au début, Iona s’effrayait des chèvres. Le dressage lui apprit à les dominer. Elle alla même trop loin dans la réaction mordant la mamelle des jeunes chèvres. Il fallut la corriger pour lui apprendre à les ménager, à fourrer par exemple leurs petites pattes dans sa gueule sans leur faire le moindre mal !

Coll. Jacquier
 

Tarzan, malgré sa vestiture sommaire, porte beau. Belle barbe noire soignée. Parle sans accent provençal. On sent qu’on a affaire à un homme cultivé, heureux (il nous l’affirme) de pouvoir se confier de temps à autre à des personnes sympathiques. Il gèle aussi dans le midi, à preuve que Tarzan vit l’étang de Berre se prendre sur ses bords pendant l’hiver 1928-1929. Le mistral a tant de violence qu’un avion lancé à la vitesse maximale file en sens inverse au lieu d’avancer.
Les bêtes, nos soi-disant frères inférieurs font souvent preuve de plus d’intelligence que l’homme. Il est difficile de dire où s’arrête l’instinct et où commence l’intelligence, le mélange étant complet.

 

Revue NATURISME n° 399 du 15 juin 1937
 

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Rédigé par HODIE

Publié dans #Ile du Levant, #Histoire, #Auguste Piguet, #1936

Publié le 9 Février 2019

 Inédit

Extraits de l'un des trois carnets manuscrits de 1936, Fila I
rédigés par Auguste PIGUET, confiés par Pierre-André Reymond, son petit neveu.

"A la tête de l’île se trouve l’adjoint du maire, M. Pegliasco, chargé de bénir les mariages et de présider aux élections. Père de 6 enfants, dont Paulette, l’aînée et Loulou. Possède divers bateaux faisant le service entre l’île et le Lavandou, dont le Saint Hilaire, la Belle Brise, le Laïsso Dire. Avons voyagé à 10 sur la Belle Brise. Le Laîsso Dire sert seulement à la pêche et au dépannage. Avons utilisé la Belle Brise pour venir.

Seule Paulette fille de mariniers ressentait quelque peu les attaques du mal de mer. Une toile de fortune étayée par un piquet nous protégeait contre les lames, ou du moins protégeait ceux qui se trouvaient à la proue dont deux gendarmes en kaki à la recherche d’un malandrin ; Mr Fredrick l’industriel lyonnais rendu sourd comme un toupin par la guerre ; Mme Fredrick âgée de quelque 60 ans ; Mr H. Solens qui semblait somnoler en évitant de regarder la mer ; Gladis qui consolait Paulette ; Loulou et Marius nos bateliers et Auguste Piguet (le narrateur) qui ne cessait de humer l’air marin avec délices. Les 6 derniers n’avaient pas trouvé place sous la bâche trop courte ; le dernier cité avait son fond de pantalon et son paletot trempés, sans s’en douter, n’ayant pas pris la précaution de faire descendre jusqu’au bas son manteau de pluie.

La cale était pleine de poteaux imprégnés destiné à la ligne téléphonique Grand Avis-Héliopolis. Il fallait glisser ses pieds entre les poteaux par l’écoutille. Tout mouvement des jambes était ainsi devenu impossible. Au débarquer, Gladis qui saute comme un cabri, glisse son pied entre deux planches,  prend une tôle et se meurtrit un genou. Mais comme l’éclair, la fille se relève sans rien ne dire à personne. Montons dans la vieille Ford de Mr Lassalle. L’incorruptible refuse toute bonne main."

Estacade du port de Grand Avis - Coll. Patrick Bellet

Le taxi de M. Lassalle - Extrait film de Louis Buard 1936

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Rédigé par HODIE

Publié dans #Ile du Levant, #1936, #PIGUET, #Carnets, #Pegliasco

Publié le 2 Février 2019

Extrait du carnet manuscrit Fila I d'Auguste PIGUET de 1936, confiés par Pierre-André Reymond, son petit-fils.

"Sainte Anne, statue en bronze de 1 m de hauteur sur pyramide, socle carré et deux marches. Élevée par les marins de la région, il y a quelques deux siècles m’a-t-on affirmé. Sainte Anne porte un enfant dans ses bras
Il existe des photos du monument. S’en procurer. Il doit plutôt s’agir d’une Vierge Marie. Les gens de l’endroit l’appellent ainsi
Le mot DIVEA ne saurait s’appliquer à Ste Anne. Marie porte couronne, ce ne serait pas le cas de Ste Anne."

 

Une remarque : A son emplacement supposé se situe un oratoire.  Le lieu s'appelle LA MADONE, nom du PC TIR de la base DGA Essais de missiles de l'île du Levant.
 

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Rédigé par HODIE

Publié dans #Ile du Levant, #1936, #Auguste Piguet, #Carnets

Publié le 19 Février 2016

Panorama - Coll. Druard - A gauche, les 2 bungalows de Michel Simon ? Archives : Syndicat d'Administration d'Héliopolis

Panorama - Coll. Druard - A gauche, les 2 bungalows de Michel Simon ? Archives : Syndicat d'Administration d'Héliopolis

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Rédigé par HODIE

Publié dans #Maisons, #1936, #Cartes postales, #Ile du Levant, #Michel Simon