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Publié le 19 Mars 2015

Extraits de VIE LIBRE de 1948 et de l'ILE DU LEVANT de 1953, revues de l'Association naturiste des Amis de l'Ile du Levant

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Un nom sinistre, évoquant quelque chose comme mauvais passage, ou passage maudit, nom tout à fait approprié à la chose, un chaos de rochers s’enfonçant dans une mer sauvage aux remous toujours en action, même par temps calme, au milieu d’une solitude effrayante, à peine troublée par le cri des goélands, dont c’est par excellence le lieu de rassemblement…

Avec le Grand Cap, près des Pierres de Fer, la Tour du Titan, le Castellas et le Phare, c’est un de ces belvédères qui s’avancent dans la mer d’où la vue est inoubliable. Pourtant, bien peu, parmi ceux qui viennent à l’île du Levant, connaissent Maupertuis.

C’est qu’en effet cette pointe magnifique est à peu près invisible de partout. Du fort de l’Arbousier qui, à 116 mètres, domine Héliopolis, elle est cachée par un mouvement de terrain s’élevant à 117 mètres. De la plage des Grottes et même des rochers qui la prolongent au sud, la vue est barrée par l’avancée en pointe d’un pan de falaise rocheuse.

De Rioufrède, le regard en direction de Maupertuis est pareillement limité par la pointe du Cheval. Un seul point sur l’île, le Grand Cap, à plus de 3 kilomètres 500, donne vue sur la falaise sud à l’extrémité de laquelle se trouve notre objectif, mais de là celui-ci apparait pour ainsi dire, à l’envers. Pour l’observer de face avec sa double avancée et sa baie centrale, il faudra se rendre à Port-Cros et escalader le signal de la Vigie. Pratiquement sa découverte est réservée à ceux disposant d’un canoë ou d’un kayak, qui, par temps calme se rendent de l’Ayguade ou des Grottes à Rioufrède.

Quant à s’y rendre par terre, c’est un exploit nécessitant des qualités de grimpeur sans vertige, de bon nageur et, en général, exigeant une endurance à toute épreuve, les rochers étant coupés par des à-pics nombreux et des criques à parois verticales.

Aussi l’idée d’une excursion à Maupertuis ne venait à personne, tant elle paraissait impossible à réaliser. L’ouvrage d’Emile Jahandiez : « Les îles d’Hyères » n’en mentionne même pas le nom. Celui de M. Piguet : « Guide du touriste à l’île du Levant » n’en parle que pour rappeler que ce lieu est à peu près inaccessible. Cependant, à plusieurs reprises, des efforts devraient être tentés pour vaincre le maquis, les rochers et la mer qui jalousement défendent son approche.

à suivre....

Mauperthuis par Henry Legrand - 1

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Publié le 25 Juin 2013

VIE LIBRE - Culturisme-Alpinisme-Naturisme-Ajisme
N°1 Avril 1947 

TITREA

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Des remous se font sentir de temps à autre sur cette côte Nord, et des courants tendent à vous écarter de la côte ; il faut pagayer surtout à droite. Enfin, j'arrive au rocher que surmontait autrefois le château-fort du pirate Barberousse ; le paysage sous-marin est merveilleux ; l'ancien port que j'examine en détail a été comblé par d'énormes rocs qu'il faut éliminer par la pensée, pour comprendre comment les anciens pirates barbaresques ont pu faire de cette crique minuscule et peu profonde, un port d'attache pour leurs rapines.

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Le Castellas

Je double le roc du Castellas qui, vu de face, offre l'aspect d'une tête de cheval, et après avoir salué la pointe Rousse, j'arrive à la Paille à 15h15, auprès du plus beau paysage sous-marin qu'il m'a donné de voir autour de l'île.

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La Paille

Baignade apéritive ; déjeuner ; eau de source. Vue merveilleuse du vallon de la Paille, rappelant l'Ayguade en plus sauvage et en plus grandiose ; les parois en sont aussi plus escarpées. Le chemin de terre qui y aboutit est impraticable depuis 1934, et encore à cette époque là, il fallait parfois ramper sous de grosses branches, et les sportifs qui se hasardaient à cette tentative revenaient couverts de sang. Actuellement, la plage est pleine de débris de toutes sortes, en majeure partie provenant de l'occupation allemande.

Nouveau départ, et après avoir doublé la pointe du Guier (pourquoi une pointe ? c'est un rocher très largement arrondi), j'arrive au Petit Avis à 16h15 ; plage de sable, assez rare à l'île, mais couverte de débris végétaux apportés par la mer, et entourée de fils de fer barbelés, on ne sait trop pourquoi ; d'après les uns, c'est parce que le terrain serait miné ; d'après les autres, il n'y aurait pas de mines, et s'il existe encore des barbelés, c'est parce que personne n'a eu le courage de les enlever. En tout cas, ce coin, autrefois abondamment garni de campeurs, est aujourd'hui désert.

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Le Petit Avis

Pour en terminer avec le tour de l'île, je pique en ligne droite sur le cap LAISSET, laissant à ma gauche, la pinède et la crique du Grand Avis, où se trouve l'embarcadère pour le Lavandou, l'ancien château du Comte de POURTALES, aujourd'hui en ruines, chaque année un peu plus démolies, puis les Pierres Plates ; enfin, je retrouve mon port d'attache, l'Ayguade, à 17h, nullement fatigué, tant le mouvement des bras est lent et régulier, après avoir parcouru 30 kilomètres sous un soleil brûlant, mais bienfaisant, avec le souvenir d'une promenade charmante et silencieuse, à travers des paysages de rêve. H.L.

Photos aériennes : S.M.

1936 CARTE TOURISTIQUE Ed Bazar Héliopolis A. Reymond, Gé

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Rédigé par HODIE

Publié dans #1945-1970, #Ile du Levant, #Vie Libre

Publié le 23 Juin 2013

VIE LIBRE - Culturisme-Alpinisme-Naturisme-Ajisme
N°1 Avril 1947 
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Suite
Le lieu est sauvage à l'extrême ; on se sent effrayé de solitude ; des goélands à l'attente sur les rochers, ou posés sur l'eau calme, s'envolent à votre approche. Malgré l'aspect tranquille de la nature, des remous agitent les profondeurs. Près du roc de MAUPERTUIS, il y a comme un tourbillon lent qui oblige à pagayer une dizaine de fois de suite du même côté, pour pouvoir maintenir une direction correcte. Aussitôt le cap dépassé, l'oeil embrase subitement la côte Sud de l'île jusqu'au Grand Cap ; en face de soi l'horizon est barré par les hautes falaises entre RIOUFREDE et le Grand Cap. On atteint la pointe de Cheval, avancée rocheuse, et on aperçoit la plage de RIOUFREDE ayant à sa gauche les rochers du Sparta-Club, le tout dominé par une abondante frondaison. Escale sur la plage de RIOUFREDE, et casse-croûte à 9h10 ; plaisir de retrouver quelques êtres humains, après la traversée du désert sauvage de MAUPERTUIS.
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Départ à 9h30. Même calme général des éléments. Hautes falaises gris noir. Pointe du Russe (pourquoi ce nom ?). Grand Cap. Calanque des Pierres de Fer, qu'un sentier réunit au Grand Avis ; la calanque est déserte à cette heure ; attention aux rochers à fleur d'eau, qu'heureusement, le léger clapotis des eaux vous indique.
Maintenant, c'est une côte basse, curieusement découpée où abonde le quartz. Le regard se porte sur quelques sites inconnus du voyageur terrestre, la Calanque de l'Huile, le Vaisseau, les Pierres Blanches, la calanque du Ponton ; puis l'oeil découvre la plage de l'Ane, caillouteuse et à l'abri rocailleux, terreur du kayakiste.
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Photos aériennes SM
à suivre
1936-CARTE-TOURISTIQUE-Ed-Bazar-Heliopolis-A.-Reymond--Ge.jpg

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Rédigé par HODIE

Publié dans #1945-1970, #Ile du Levant, #Vie Libre

Publié le 22 Juin 2013

VIE LIBRE - Culturisme-Alpinisme-Naturisme-Ajisme
N°1 Avril 1947 

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Les promenades terrestres ont leur charme, mais que dire d'une promenade marine ? Des horizons nouveaux vous apparaissent : sans risquer de se griffer au maquis, vous admirez les rochers sous un angle inconnu, parfois tombant à pic dans une mer bleu foncé, tantôt s'immergeant en pente douce et révélant des paysages sous-marins multicolores ; vous visitez des criques inaccessibles de l'intérieur ; vous croisez des bancs de poissons d'un merveilleux coloris : vous dérangez dans leur solitude de nombreux goélands. Un kayak est nécessaire pour cette exploration ; heureux sont les possesseurs de cet engin, car celui-ci à l'Ile du Levant double le plaisir des vacances. Celui qui nous occupe est un Hart monoplace bien stable, maniable et bien effilé.

Un matin de fin juillet 1946, la mer était "d'huile", comme disent les marins, le baromètre élevé, en somme belle journée en perspective, ciel, comme toujours en cette saison, invariablement bleu. Les préparatifs sont vite faits : une gamelle renfermant quelques fruits et légumes, une serviette contenant le pain, un quart en aluminium, le tout serré dans un filets à provisions, renfermant au dernier moment, les sandales, et noué à l'un des arceaux arrière du kayak : il faut tout prévoir, même un naufrage...

Départ de l'Ayguade à 8 heures ; le bateau fend les eaux avec souplesse et domine bientôt la tache verte, premier but des nageurs moyens ; on suit tout d'abord la côte tout près de la terre, parallèllement au sentier terrestre, combien tourmenté, qui aboutit à la plage des Grottes ; on remarque la Faille grand rocher brisé verticalement comme par un coup de hache, laissant une cavité dans laquelle les vagues pénètrent généralement avec grands effets d'écume ; mais aujourd'hui tout est calme ; c'est ensuite le vallon des Cascades du moins comme il a été nommé en cette année 1946, à la suite des pluies abondantes de juin ; le pin des Grottes, bien connu des campeurs, où déjà, quelques passionnés de la pêche au fusil se préparent à ce sport, puis c'est la grotte marine aux couleurs changeantes suivant l'heure, l'avancée rocheuse qui cache MAUPERTUIS, et qui, atteinte, dévoile ce fameux cap qu'on aperçoit que de la mer, ou de Port Cros... à suivre

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Rédigé par HODIE

Publié dans #1945-1970, #Ile du Levant, #Vie Libre, #Coupures de presse