Publié le 12 Octobre 2026
Johan Jimenez nous présente un dispositif de duplex en milieu naturel permettant aux spectateurs/participants d'être « derrière l'écran », en immersion dans un milieu naturel.
• Deux personnes, Charlie et Nicolas, seront sous l'eau durant cette séquence.
• Oriane, agent du Parc assurera le commentaire de ce qui sera visible à l'écran.
Caractère imprévisible du contenu
• Il est souligné qu'il n'est pas possible de savoir à l'avance ce qui sera découvert durant cette immersion.
• Il exprime sa conviction que plus de 60 ans de protection permettront de réserver de bonnes surprises visibles à l'écran.
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Photo : Bernard G.
Au fort du Moulin, l'agent du Parc, Oriane nous présente le dispositif avec les commentaires en direct des espèces rencontrées :
Un plongeur caméraman (Nicolas) filme, les images sont retransmises avec seulement 1 à 2 secondes de délai.
• Un second plongeur (Charlie) assure la sécurité et aide à repérer les espèces, gère également le câble de transmission.
• Utilisation d'une lentille macro pour filmer les très petites espèces (ex. limace de mer de 5 mm).
• Les plongeurs utilisent chacun un bloc de 15 litres, pour une autonomie d'environ 45 minutes (variable).
• Ordinateur de plongée (temps, profondeur), détendeur relié à la bouteille d'air comprimé.
• Température de l'eau relevée : 22°C.
Espèces observées et explications biologiques
• Castagnoles : poissons en bancs, juvéniles bleu électrique devenant marron à l'âge adulte, reconnaissables à la forme de la queue ; se nourrissent de plancton grâce à une mâchoire « protractive ».
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• Bécunes bleu-jaune (appelées à tort « barracudas ») : à distinguer du vrai grand barracuda (eaux chaudes, dents visibles) ; vitesse de pointe jusqu'à 44 km/h ; taille jusqu'à 1m20 pour le grand barracuda, bécunes plus petites avec rayures caractéristiques.
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• Ligne latérale : organe sensoriel permettant aux poissons de se déplacer en bancs coordonnés sans se percuter, grâce à des cellules nerveuses détectant les ondes de choc.
• Posidonie : plante marine essentielle, stabilise les sédiments (mattes), atténue les vagues, produit beaucoup d'oxygène, stocke plus de carbone qu'une forêt amazonienne. Pousse de quelques centimètres par an ; peut vivre très longtemps (herbier de 80 millions d'années cité au large de Porquerolles/Balaguier). Un individu cousin en Australie s'étend sur plus de 20 000 hectares. Visible jusqu'à 40 m de profondeur dans les eaux claires de Port-Cros (bio-indicateur de qualité des eaux). Peut blanchir en été sous l'effet du stress thermique. Perd ses feuilles à l'automne, formant les banquettes de posidonie plus épaisses en hiver.
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• Pelotes de mer : boules formées par l'agrégation des fibres de feuilles de posidonie.
• Labre vert / labre merle : différenciation difficile en direct, liseré bleu caractéristique du labre merle.
• Limace de mer "Haminoé ovale" : espèce invasive venue de la mer Rouge via le canal de Suez, observée pour la première fois à Port-Cros, colonisation progressive depuis 2021 ; impact sur l'écosystème encore incertain.
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• Épiphytes : petites algues calcaires se fixant sur les feuilles de posidonie ; en excès, elles nuisent à la photosynthèse de la plante.
• Apogon : petit poisson rouge vivant à l'ombre ; le mâle porte les œufs dans sa bouche pendant deux semaines, jusqu'à 4 fois par saison de reproduction.
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• Grande nacre : plus grand bivalve de Méditerranée, population très réduite depuis un virus apparu en 2016.
• Vers de type spirographe : vivent dans un tube creusé dans la roche, capturent les nutriments via un panache cilié.
• Blennie de Roux : identifiable par une seule nageoire dorsale continue.
• Girelles : espèce protogyne (naissent toutes femelles), la plus grosse femelle peut devenir mâle ; certains mâles gardent une robe de femelle pour féconder discrètement.
• Serran chevrette / serran écriture : œil caractéristique en forme de poire (famille partagée avec le mérou) ; marques sur le museau rappelant une écriture.
• Mérou : espèce protégée par un moratoire depuis environ 3 ans (interdiction de pêche), recolonisation des côtes ; peut atteindre jusqu'à 1m40 et vivre jusqu'à 50 ans ; très territorial, change de trou en grandissant ; rôle de régulateur au sommet de la chaîne alimentaire, contribue à l'assainissement de l'écosystème.
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• Murène : capable de chasser en coopération avec d'autres espèces (serran) : l'une rabat la proie, l'autre la capture.
• Ascidie rouge (Halocynthia) : organisme filtreur à deux siphons, vit en symbiose avec une algue qui lui donne sa couleur rouge sur les parties exposées à la lumière.
• Mouillage écologique "swell" : dispositif mis en place entre Port-Cros et Bagaud pour protéger les herbiers de posidonie de l'ancrage des bateaux (vis s'insérant dans le sédiment avec une bouée intermédiaire empêchant la corde de draguer).
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• Girelle paon : espèce méditerranéenne du sud, en expansion avec le réchauffement des eaux.
• Rouget et crénilabre : fouisseurs du sable, le rouget utilisant des barbillons sensoriels ; attire d'autres poissons profitant du sédiment remué.
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• Oblade : poisson souvent observé sous les bateaux.
• Éponges de mer : filtreuses grâce à des cellules ciliées, squelette rigide formé de spicules (calcaire ou silice) ; certaines espèces historiquement utilisées pour la toilette.
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• Corail (cladocora) : organisme colonial, chaque polype formant un individu vivant en communauté, squelette calcaire rigide ; même famille que les anémones, méduses et gorgones.
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• Saupe : un des rares poissons herbivores de Méditerranée, se nourrit notamment de posidonie (traces de mâchoire visibles sur les feuilles).
• Sars à tête noire (Diplodus) : vivent en bancs près des trous rocheux pour s'abriter des courants ; nom latin signifiant « boucle » et « dents », en référence à leurs deux types de dents (incisives notamment).
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• Poulpe : capacité de camouflage grâce aux chromatophores (cellules à pigments) et à la modification de la texture de peau ; jusqu'à 200 ventouses sur ses 8 bras ; sang bleu dû à l'hémocyanine (molécule à base de cuivre, contrairement à l'hémoglobine rouge des mammifères).
• Corb : poisson protégé par un moratoire depuis 2014 ; origine du nom débattue (lié au son produit via la vessie natatoire ou à la couleur noire des nageoires chez les juvéniles, rappelant le corbeau).
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Merci à l'équipe du Parc, Oriane et les plongeurs Charlie et Nicolas !