Articles avec #1936 tag

Publié le 22 Janvier 2020

Extrait du carnet manuscrit Fila III d'Auguste PIGUET de 1936, confiés par Pierre-André Reymond, son petit-fils.

Auguste Piguet est au Phare du Titan ce samedi 13 juin 1936...

Suite de 

   Magagnol s’est un peu instruit par lui-même mais n’a fréquenté l’école que pendant quinze mois. Excelle dans la pêche à la rivière comme à la mer. Grand chasseur, tire sur les oiseaux de passage et tend force collets. Son jardin est magnifique. On voit tout de suite qu’on a à faire à un homme à xxx, qui sait mettre la main à tout. Vastes yeux noirs, tandis que Madame les a gris bleus. A côté de ce torse puissant, j’ai l’impression de n’être qu’un mancheron. Il faut dire qu’il peut en mettre en xxx, de la marchandise.
A voir ce visage replet de bon vivant, on pourrait supposer Magagnol exempt des misères de la nervosité. Ce n’est pas le cas.
Il dort peu et mal. Sa responsabilité de chef de phare l’écrase. À tout moment, il se réveille en cauchemar et croit entendre la voix d’un de ses seconds qui vient réclamer son secours pour mauvais fonctionnement de l’appareil. Il suffirait de bien peu pour causer un désastre, car des bateaux grands et petits passent sans cesse dans le voisinage. L’Esquillade et l’Esquilladon sont traîtres.

 

Zoom d'une carte postale de l'Agence Officielle


   Dès l’âge de 15 ans, Magagnol jouit de la confiance d’une grande maison de bois de Marseille. Fonctionnait comme commissaire payeur en Italie de Livourne en Sicile et en Sardaigne. 
   Munis de grosses sommes, il se faisait ouvrir des comptes en banque et ne portait jamais sur lui que le strict nécessaire pour ses frais de couche et d’entretien.
   Les Magagnol, chose curieuse, mangeaient naguère la fondue. Ils avaient des amis en Franche-Comté à Xxxx sur Saône qui leur envoyaient de temps à autre des pains de cancoillotte. Cette spécialité, qui n’est autre que de la fondue refroidie, se vend communément au marché de Besançon. Il suffit de la réchauffer pour la consommer comme chez nous. Mais les amis comtois des M. sont décédés et ils ne savent où s’adresser pour se procurer la précieuse denrée qu’ils apprécient beaucoup. Ai mangé une fois de la cancouyette au Cernois, mais froide.
   L’appareil des sourciers du midi est une sorte de fil à plomb. La partie métallique, évidée en forme de cuvette, renferme un peu de la substance recherchée, de l’eau, de l’or.
   Puis mon ami Magagnol parle politique et critique les agissements des gouvernants. Il fait confiance à Blum qu’il prononce Blon. Le programme de celui-ci est excellent. Il faut le voir à l’œuvre avant de le décrier.
  Voici tantôt 4 heures que nous sommes attablés et que je confesse mon ami Magagnol. Lorsqu’un méridional voit qu’on s’intéresse vraiment à sa personne et à son genre de vie, il n’est pas difficile de l’accoucher de tout ce qui le préoccupe. Il serait autrement plus difficile de mettre un Combier sur la voie des confidences. Nous sommes autrement renfermés. J’avance mon billet de cent francs pour payer mon écot. Rien de ça, s’écrie le père M., recachez votre billet. Aujourd’hui, c’est ma fête, vous êtes mon hôte, je ne prends point d’argent. Vous seriez venus douze, ce serait la même chose.

   Né en 1875, Magagnol a ainsi 61 ans. Comme je lui souhaite encore 20 ans de vie et de santé, il me répond, c’en serait top, si j’arrive aux soixante et dix, j’en aurai mon compte. Doyen de l’île, j’ai vu disparaître un à un tous mes amis. Mon tour s’approche. Quand je dis doyen de l’île, ce n’est pas que je suis le plus âgé, puisque Mangin tient les 72, c’est que je suis le plus ancien habitant de l’île, où je réside depuis ¼ de siècle. Il me faut renoncer à payer, toute insistance paraîtrait blessante. On trouvera bien un moyen de dédommager ces braves gens.
  M. Magagnol, qui connaît son Marseille à fond, me parle des fraudes qu’y commettent les gens de mer. Des quantités de marchandises sont soustraites aux navires. En payant quelques verres ou soupers, celui qui s’y connaît obtiendra des articles à vil prix. A quoi bon de lui dire qu’il s’agit de recel et que celui-ci est puni par la loi ?
   Parle de son ascension au Vésuve et de sa déception à la vue de l’entonnoir grisâtre.
La maison de Marseille qu’occupait M. ayant voulu lui confier un poste sur un caboteur faisant voile pour l’Amérique du Sud, il refusé, du moment qu’il venait de se marier. Redoutait aussi les fièvres de là-bas dont venaient de mourir plusieurs employés de la même maison. Entré alors à 38 ans au service de la Marine, comme employé de phare.

 

Voir les commentaires

Rédigé par HODIE

Publié dans #Piguet, #Histoire, #Ile du Levant, #1936, #Phare du Titan

Publié le 20 Janvier 2020

Extrait du carnet manuscrit Fila III d'Auguste PIGUET de 1936, confiés par Pierre-André Reymond, son petit-fils.

Auguste Piguet est au Phare du Titan ce samedi 13 juin 1936...

   On mangera la bouillabaisse à dîner. Assisté aux opérations culinaires assez compliquée et qui se font en plein air sur un foyer spécial aux grosses pierres muni d’un support pour la grosse marmite. C’est M. Magagnol qui préside aux rites. On met dans la marmite des poissons de diverses espèces, des rascas, des girelles, des escargots de mer dits bigorneaux, du safran, de la sarriette, de l’oignon, de l’ail, des pommes de terre, de l’huile en abondance et des poignées de poivre. La marmite doit rester découverte. Le mélange prend une belle couleur dorée. On le chauffe d’abord avec de grosses branches de bruyères, puis lorsqu’il bout, avec de mêmes branches fendues bien sèches. Ça frille. Ce feu vif dure ¼ d’heure.

 

Mme et M. Magagnol
Extrait photo de Pierre Audebert - NATURISME n°350 de 1935

   Mme Magagnol, consultée prend la louche, goûte et ordonne encore 5 minutes. Le brouet est à point. On verse le bouillon sur des tranches de pain dans une soupière et les pommes de terre et les poissons dans un plat allongé. Nous ne sommes que trois et il y en aurait pour six. Je me vois ainsi moralement forcé à manger plus que de raison. Ce sera un peu lourd à digérer. Puis vient une omelette aux tétragones, ensuite des amandes, des poires, des oranges et finalement le café. Le patron pousse à la consommation et comme dans le bon vieux temps.

  Causons jusqu’à 4 h comme de vieux amis tout en sirotant nos verres. Les Magagnol se prétendent seuls provençaux authentiques de l’île. Pégliasco père qui vient de Menton, n’est pas provençal, mais demi-italien. Sa femme non plus. Elle vient du Gard. Les enfants par contre, sont en train de devenir provençaux. Mais, lui dis-je, il y a pourtant Victor, qui vient de Fréjus. Magagnol le croit, lui aussi d’origine italienne, vu que son nom, Bagnasco, se termine par O. Le provençal dirait Bagnasque ou Bagnasc comme tarrasque et non tarrasco. Il y a trente ans, la bonne moitié de Marseille parlait encore son dialecte qui n’est pas le pur provençal de Provence.
   Le provençal de Mistral n’est pas non plus la langue commune provençale mais le dialecte assez différent d’Arles, situé en dehors des anciennes limites de la Provence. Tout ce qui est Alpes Maritimes est aussi en dehors de ce cadre.
  M. Magagnol, qui est des Arcs, à 6 km de Draguignan est convaincu que le Var coule encore dans le département du même nom. Je n’arrive pas à le détromper. Il ne veut pas croire non plus que ledit Var soit un simple affluent de l’Argens, petit fleuve côtier. Ses ancêtres s’appelaient Magagnosc du nom du hameau dont ils étaient originaires. Ce fut un officier d’état civil qui estropia le nom. Il aurait fallu payer un million de francs de frais pour obtenir le rétablissement de la forme correcte. Notre homme avait l’occasion de dépenser cette somme plus utilement. Il a fait inscrire son fils unique sous le nom de Magagnol pour éviter des complications de succession.
Le provençal se parle avec une telle rapidité qu’on ne peut saisir un mot que par-ci par-là. Quelques phrases répétées lentement me sont assez compréhensibles : Que venguès à tastar / Les finales muettes tombent ce qui rend la langue peu harmonieuse, incomparablement moins sonore que l’italien.


   

Voir les commentaires

Rédigé par HODIE

Publié dans #Piguet, #Histoire, #1936, #Ile du Levant, #Phare du Titan, #Bouillabaisse

Publié le 3 Décembre 2019

Tout le charme mystérieux, toute la vie primitive et nonchalante des îles du Pacifique tiennent dans l’image de cette belle tahitienne. Mais la Polynésie est-elle vraiment le pays édénique que certains navigateurs romanciers ont longuement décrit ? Des naturistes se sont installés dans l'île de Raiatea et l'un d'entre eux nous confie aujourd'hui ses impressions...

Source : gallica.bnf.fr

Des Levantins à Tahiti - 1936-1950
Des Levantins à Tahiti - 1936-1950
Des Levantins à Tahiti - 1936-1950
Des Levantins à Tahiti - 1936-1950
Des Levantins à Tahiti - 1936-1950
Des Levantins à Tahiti - 1936-1950

à suivre ....

Voir les commentaires

Rédigé par HODIE

Publié dans #Ile du Levant, #tahiti, #Revue NATURISME, #1936

Publié le 9 Novembre 2019

NATURISME n° 382 du 1er octobre 1936 --- Source : Gallica.bnf.fr

NATURISME n° 382 du 1er octobre 1936 --- Source : Gallica.bnf.fr

1936 : "Facteur sans uniforme"
1936 : "Facteur sans uniforme"
1936 : "Facteur sans uniforme"
1936 : "Facteur sans uniforme"
1936 : "Facteur sans uniforme"
1936 : "Facteur sans uniforme"

Voir les commentaires

Rédigé par HODIE

Publié dans #Revue NATURISME, #1936, #Histoire, #La Poste

Publié le 20 Août 2019

Extrait d'un film de 1936 de Louis Buard
Extrait d'un film de 1936 de Louis Buard

Extrait d'un film de 1936 de Louis Buard

Voir les commentaires

Rédigé par HODIE

Publié dans #vidéos, #Ile du Levant, #Histoire, #1936

Publié le 16 Août 2019

Inédit

 

Extraits du carnet manuscrit de 1936, Fila II
rédigés par Auguste PIGUET, confiés par Pierre-André Reymond, son petit-fils.

Dans le texte , j'ai ajouté des précisions en italique.

Jeudi  4 juin 1036

Aperçu un instant Mme David l’anglaise, fille du colonel Gell. Svelte et souple, ne porte guère plus de 30 ans. Revêtait des pantalons bleus de marin et un corsage grenat. Cheveux blonds roux, teint éclatant. Tout à fait le type anglais.

Honor David-Gell  - Coll. Patrick Bellet


Vit à la colle avec le camionneur Lassalle. Reviendrait ailleurs sur ce faux ménage curieux. Pegliasco me dit, on ne sait pas tout ; il y a un mystère là-dessous.
La fillette David âgée de 2 ans, n’a jamais abandonné sa mère. Le fils David, 8 ans, a vécu jusqu’ici à Paris où son père est notaire. Le gamin est arrivé hier au port de l’Avis pour vivre désormais avec sa mère et son amant. C’est un joli garçon noiraud que je vois occupé à charger du sable en compagnie de son père. Étrange !

....plus loin dans le carnet

Lassalle, grand noiraud bronzé, dentition éclatante élevé à Paris dont il fréquenta les écoles. Vécut en Algérie et s’y maria. S’engoua pour le naturisme et apprenant la fondation d’Héliopolis, s’empressa de s’y rendre. Sa femme, avec laquelle il ne s’entendait guère, se plaisait en Algérie et refusa de s’embarquer pour l’île du Levant. Chargé du camionnage dans l’île, devint aussitôt la coqueluche des femmes.

Parmi les estivants, se trouvait il y a environ deux ans, l’épouse du notaire parisien David, mère de deux enfants. Son père le colonel Gell passait une partie de l’année dans la villa à tourelle qu’il s’était fait construire au bord de la perspective dessous le fort Napoléon.

Mme David en voulait à son mari de ses flirtages et l’abandonna pour se coller avec Lassalle. Elle quitta son luxueux appartement de Paris pour venir s’installer dans le port de l’Avis dans une baraque en planches. Chose étrange, le notaire se déclara d’accord avec cet arrangement et s’en vînt en personne installer sa femme chez son miséreux rival. C’est à n’y rien comprendre. Lassalle est un rude travailleur. Il a l’air de s’en tirer tout en s’obstinant par principe à refuser toute bonne main. Sa maisonnette remise à neuf a vraiment l’air coquet.
La mère Lassalle avait une épicerie au port de l’Avis. Elle vient de la transférer à Héliopolis. Elle s’appelle de son vrai nom Bouhou a repris son nom de fille. Ici encore il y a un mystère. Remarquons aussi que Lassalle fils porte le nom de sa mère.
Le colonel Gell et sa femme, révolté par le concubinage de leur fille adorée s’y sente mal à l’aise, ont résolu de vivre désormais exclusivement en Angleterre. La villa sera probablement revendue.

GG et Edward Gell  Extrait du livre de Léonard Lassalle "Walnuts & Goat Cheese"

Le colonel vieillard de soixante-dix ans passés, voulut naguère franchir à la nage la passe des Grottes. Atteint de crampes, il put être rappelé à la vie après de longs efforts. Les Reymond déplorent le départ du sympathique colonel et de Mme la Colonelle.

Des livres sur Honor David-Gell et Léonard Lassalle

 Published in 2015 - My Local Media Company Ltd Copyright © Léonard Lassalle 2015

 

Voir les commentaires

Rédigé par HODIE

Publié dans #1936, #Ile du Levant, #Histoire, #Artistes-écrivains

Publié le 9 Mai 2019

Août 1936 - Plaque photo - Coll. perso

Août 1936 - Plaque photo - Coll. perso

Zoom : Electricité ? /  Hôtel de l’Île d'Or et Agence des Arbousiers / Une personne à la porte
Zoom : Electricité ? /  Hôtel de l’Île d'Or et Agence des Arbousiers / Une personne à la porte
Zoom : Electricité ? /  Hôtel de l’Île d'Or et Agence des Arbousiers / Une personne à la porte

Zoom : Electricité ? / Hôtel de l’Île d'Or et Agence des Arbousiers / Une personne à la porte

En 2019 : beaucoup de végétation !

En 2019 : beaucoup de végétation !

Voir les commentaires

Rédigé par HODIE

Publié dans #Chemins et corniches, #Maisons, #Ile du Levant, #1936

Publié le 6 Mai 2019

  Inédit

 

Extraits du carnet manuscrit de 1936, Fila II
rédigés par Auguste PIGUET, confiés par Pierre-André Reymond, son petit-fils.

Dans le texte , j'ai ajouté des précisions en italique.

  Réveillé brusquement vers minuit par de violents coups de tonnerre / L’absence de vase de nuit n’est pas toujours agréable. Cette nuit, vers 2 h, il m’a fallu sortir du bungalow en chemise. Il faisait un fort vent mais le spectacle en valait la peine. La lune presque pleine allait se coucher en arrière d’Hyères. Les lumières de cette ville, celles des Salins et du Lavandou brillaient d’un vif éclat. Le phare des Salins, jetait son double éclat blanc, suivi de 3 secondes de répit. Celui de Bénat montrait un œil rouge unique toutes les 4 secondes.
  Les puits construits en ciment reposent librement sur le schiste par où l’eau s’infiltre. On la dit excellente.
  Aucun racloir pour les pieds. Nulle boue ne colle aux souliers. Il suffit de frapper du pied pour détacher les parcelles adhérentes. Au bout de 15 jours, mes chaussures, jamais cirées ou graissées ont encore quelque brillant.
Alfred, fin boulanger n’est pas moins bon maître-queux. Avons dîné hier d’une soupe de fèves (restant de la purée du jour précédent) arrosée d’un filet d’huile et de nouilles traitées de la même manière. Une banane, du café et un reste de biscuit pour finir. Me sens comme un coq en pâte en dépit du régime naturiste. L’amaigrissement escompté a bien des chances de ne pas se réaliser.
Jeudi 4 juin 1936
 Nuit frisquette. Le duvet n’est pas de trop, car le mistral se met de la partie. Heureusement que l’aération se règle communément au moyen d’un manche à balai, balai glissé entre le châssis et le rebord de la fenêtre. Une attache de collier empêche le manche en question de bouger. Dans ces conditions, le mistral ne m’a jamais incommodé. Levé vers 5 h. Trop frais pour écrire. M’embarque jusqu’à l’Avis avant déjeuner. Rencontré les équipes d’ouvriers provençaux qui viennent poser la ligne téléphonique. Prennent le café noir au saut du lit puis se rendent au travail. Arrivés sur les lieux, s’asseyent pour déjeuner, vin, pain et fromage, d’ordinaire. Dans l’ouest de la France, on prend du vin blanc sans rien manger jusqu’à midi. Descendu des abords du château au port de l’Avis et remonté par un autre raccourci.

  Trouvé le père Pegliasco en train de surveiller l’Italien dit Grand Blond. Celui-ci recouvre le toit de l’entrepôt que Pegliasco fait construire en gros cairons pour remplacer ses baraques de bois. Diverses barques du dehors ont été traînées hors de l’eau, hier pendant la tempête. La Belle Brise leur tient compagnie tandis que le St Hilaire se trouve au bout de la jetée et le Laisso Dire à droite du ponton. Un superbe yacht marseillais appartenant à un docteur, lui fait vis-à-vis. Bastingage en bois brun (noyer) du plus bel effet.

  Prenons une bouteille de bière avec le père Pegliasco, sous la tonnelle cannissée. La pluie nocturne y a laissé des traces, de même pour le jeune David, âgé de 2 ans, qui a choisi ce lieu abrité pour venir se poser.
Madame Pegliasco vient en bougonnant ramasser la petite saucisse au moyen d’une ramassoire.
  Pegliasco père me fait part de ses ennuis. Adjoint du maire, il a en vain chercher à faire marcher d’accord ses 80 administrés. Ce n’est que jalousie et querelles journalières. Si l’on coupe un arbre, on arrache du sable, aussitôt, les plumes marchent et envoient des rapports à Hyères sans p
asser par le canal de l’adjoint. Ceux qui ont le plus profité au début et ont fait main basse sur le fil de cuivre de la Marine, le sable ou le bois voient d’un mauvais œil que les nouveaux venus en fassent autant et les dénoncent.

 

  A gauche, Léopold Pégliasco lors de la reconstitution d'un mariage au port de l'Avis
en août 1931.
Voir article 1 / article 2 / article 3

Adjoint du maire, c’est le dernier des métiers. Tout récemment, il a fallu faire venir deux gendarmes de Bormes en suite de diverses plaintes pour vol et de l’affaire Tarzan II. Les gendarmes ne viennent pas volontiers sur l’île parce qu’ils doivent camper sous la tente ou se rendre jusqu’au phare ou au sémaphore pour y loger. Ils sont en plus tenus de prendre leurs vivres avec eux.

  Pegliasco s’était arrangé avec les ouvriers pour qu’ils lui construisent son hangar le dimanche à moment perdu. Mais, Victor Bagnasco, fâché de voir le Grand Blond travailler pour Pegliasco, l’a renvoyé. C’est ridicule de se priver d’un bon ouvrier, du meilleur peut-être. Alfred tient naturellement en tout point le parti de Victor.

Victor Bagnasco - Archives Pierre-André Reymond


 L’Adjoint pour mettre fin à l’extraction de sable qui menaçait d'abîmer les plages, a défendu d’en prélever sur toute l’étendue de l’île. L’ordonnance en question est affichée à la porte du Bazar. Pegliasco a eu une longue entrevue avec Durville ces jours passés. Il songeait à démissionner, mais restera en fonction sur les instances du docteur.
 

Voir les commentaires

Rédigé par HODIE

Publié dans #Ile du Levant, #1936, #Carnets, #Auguste Piguet

Publié le 29 Avril 2019

Inédit

 

Extraits du carnet manuscrit de 1936, Fila II
rédigés par Auguste PIGUET, confiés par Pierre-André Reymond, son petit-fils.

Dans le texte , j'ai ajouté des précisions en italique.

Juin 1936

 Phila fait partie de la Commune d’Hyères, c’est dommage ! Les taxes, vu que cette ville dépasse les 10 000 habitants, sont doubles de celles du Lavandou. D'autre part, Hyères réserve ses subventions aux lignes tendant à Port Cros et à Porquerolles. Elle ne fait rien pour le service Avis-Lavandou.

  Les prix sont élevés pour cette raison. Les docteurs aspirent à approfondir la plage de l’Ayguade de façon à obtenir un service journalier Hyères-Héliopolis.

  Les feuilles et les tiges des cistes sont très collantes. Ces arbustes ne portent plus que de rares fleurs blanches, les dernières assurément de l’année. La floraison doit durer un certain temps à en juger par les multiples capsules renfermant la graine.
  Aperçu au large de Val des Moines, un premier bateau à voiles sur la grande bleue. Ce doit être, selon Alfred, une tartane, encore utilisée pour certains transports. Les deux voiles d’apparence latine avaient une teinte rougeâtre.
  Le St Hilaire, n’est pas un bateau convenable pour tenir la mer, il tangue trop. Fond arrondi, sans quille. Bateau destiné par ses constructeurs au service fluvial hollandais, ou tout au plus à fonctionner comme vedette entre le port et les navires ancrés à quelque distance. Ne pas s’étonner, dans ces conditions que le service soit supprimé si la mer est mauvaise, alors que les véritables bateaux de mer n’hésitent pas à sortir.

Le "Saint Hilaire" au Lavandou. Extrait d'une carte postale. Coll. A.Pegliasco

 Une loi française exige de tout lotisseur de pourvoir les lots vendus de voie d’accès, d’eau, d’électricité et de gaz. Toutefois, lorsqu'il s’agit d’établissements temporaires, de colonies de vacances, de stations estivales, on se contente des deux premières réquisitions.
Les docteurs Durville bénéficièrent de cette exception.
Acquirent 100 ha. Les 1
ers colons arrivèrent pendant l’hiver 1930-31 et durent d’abord camper sous la tente. Le terrain leur fut vendu à raison de 6 frs le m². Mais bientôt le prix s’éleva à 9 frs, après la construction des artères principales et le creusage de 4 grands puits, ceux de la Source, de la Centrale, de la Cantine et du bas du jardin. Tout cela à la charge des Docteurs. Les 8 centimes d’impôt par m² sont destinés à parachever l’œuvre commencée, par l’élargissement des voies où l’auto et les camions de Lassalle circulent librement et la construction de voies nouvelles. Le prix payé par les Durville, lors de la signature de leur contrat avec la Marine, n’est pas connu. Le prix de 9 frs le m² n’est pas surfait si l’on tient compte des sommes considérables payées pour les voies d’accès et les forages.

La centrale électrique
Extrait du film "La Naissance d'Héliopolis 1931-1932" Syndicat d'Administration d'Héliopolis

  L’île de Phila eut sa centrale électrique jusqu'à il y a deux ans. Elle se trouve au couchant de la Pomme d’Adam, non loin de l’endroit où Delangle est en train d’élargir le coude fait par le chemin. Le propriétaire de la Centrale fit mal ses affaires. Le matériel, fort détérioré, ne vaut pas grand-chose à cette heure.

  Mme Faudière de la Pomme d’Adam est fort jalouse de sa voisine, Suzy de la Cantine. Les prix du restaurant du bas sont plus doux que ceux du haut. Ces jours derniers, trois étudiants belges de l’université de Bruxelles, attirés par Suzy, quittèrent brutalement la Pomme pour descendre à la Cantine. Ils ont pris divers clichés ou on les voit en compagnie de leur sympathique hôtesse. Alfred a passé une partie de l’après-midi d’hier à développer leurs clichés. C’est paraît-il d’un bon rendement, sans parler de la vente des films.

La Pomme d'Adam / La boulangerie et la Cantine
Extrait du film "La Naissance d'Héliopolis 1931-1932" Syndicat d'Administration d'Héliopolis


  Si le temps le permet, les sociétés de botanique et de géologie de Toulon viendront visiter l’île du Levant dimanche prochain. Mr Theillet m’a fait lire la lettre ou on l’avertit de la chose. Les frères Jahandiez seront de la partie. J’espère bien pouvoir les approcher. La troupe descendra aux Pierres de Fer pour en étudier la structure géologique. Mr Theillet fort en botanique a réussi à retrouver quelques pieds du rarissime teucrium massiliensa (Germandrée de Marseille ou herbe à chats), qu’il fera voir à ces messieurs.
 

Voir les commentaires

Rédigé par HODIE

Publié dans #Ile du Levant, #carnets, #Auguste Piguet, #Histoire, #1936

Publié le 22 Avril 2019

Inédit

 

Extraits du carnet manuscrit de 1936, Fila II
rédigés par Auguste PIGUET, confiés par Pierre-André Reymond, son petit neveu.

Dans le texte , j'ai ajouté des précisions en italique.

  Jeudi 2 juin 1936

  Les Theillet viendront probablement s’installer au village en abandonnant les ruines du pénitencier. L’administration de l’île leur a construit au centre d’Hélio, une charmante petite maison toute blanche. Ils en occuperont l’étage. Le sous-sol est déjà loué à une dame Chaudière dont il sera question dans un chapitre spécial.

  Revue NATURISME n°369 du 15 mars 1936

Le déménagement est retardé par l’installation du téléphone automatique entre Avis et Hélio. Les travaux viennent d’être momentanément suspendus parce que l’entrepreneur avait voulu planter des poteaux en plein maquis pour couper court. Or, la route entre Avis et Hélio appartient bien aux Durville qui l’ont construite à leur frais. Tel n’est pas le cas du maquis demeuré propriété de la Marine. Redoutant un procès, le Dr Durville survenu sur ces entrefaites a pris les mesures nécessaires pour faire arracher les poteaux plantés hors du terrain concédé ce qui retardera de plusieurs semaines l’installation des Theillet au village.

    Revue NATURISME n°380 du 1er septembre 1936 du 15 mars 1936

Leur petite maison blanche servira de bureau de poste. Gros avantage pour Alfred Reymond qui n’aura plus à courir à l’Avis à tout bout de champ à ½ heure de distance. La voisine immédiate du Bazar, Mme Tailland vient de mourir en clinique à Hyères. C’était une personne de 50 ans environ. Jacqueline allait naguère chez elle tous les jours chercher du lait de chèvre, lait, qui paraît-il n’a aucune odeur spéciale car les chèvres d’ici vivent au maquis et ne connaissent pas la stabulation. Mme Tailland atteinte de gangrène aux jambes causé par le manque circulation aux extrémités aurait dû se soigner plus tôt. Il a d’abord fallu lui couper une jambe. On renonçât à amputer l’autre, voyant que la fin approchait.

  Rencontré avant-hier à 8 h du matin Mme Theillet qui, au pas de course venait apporter l’avis de décès. La vieille mère de Mme Tailland vivait avec elle.  Cette dame passe les 80 ans mais ne les portent pas. Elle vient de la Somme à l’autre extrémité de la France. Il paraît que les frais d’hôpital mangeront le peu que possède Mme Tailland et que la villa devra être vendu. Qu’en adviendra t 'il de la grand-mère. La maison Tailland repose en contrebas sur piliers de béton. On a ainsi évité un creusage nécessaire du roc.  
  Pendant l’absence de Mme Tailland, c’était une voisine Mme XX qui s’occupait de la grand-mère.

 

Voir les commentaires

Rédigé par HODIE

Publié dans #Ile du Levant, #Carnets, #Auguste Piguet, #Histoire, #1936