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Publié le 26 Juin 2021

Collection : Léonard Lassalle

Collection : Léonard Lassalle

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Publié le 9 Novembre 2020

Un manuscrit original d'Auguste Piguet du 19/7/1936, professeur et historien suisse ayant séjourné sur l'île du Levant en 1936. Ce poème a été publié dans la revue NATURISME n°417 du 15/03/1938

Merci à Pierre-André Reymond pour ces archives de son grand-père

 

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Publié le 22 Janvier 2020

Extrait du carnet manuscrit Fila III d'Auguste PIGUET de 1936, confiés par Pierre-André Reymond, son petit-fils.

Auguste Piguet est au Phare du Titan ce samedi 13 juin 1936...

Suite de 

   Magagnol s’est un peu instruit par lui-même mais n’a fréquenté l’école que pendant quinze mois. Excelle dans la pêche à la rivière comme à la mer. Grand chasseur, tire sur les oiseaux de passage et tend force collets. Son jardin est magnifique. On voit tout de suite qu’on a à faire à un homme à xxx, qui sait mettre la main à tout. Vastes yeux noirs, tandis que Madame les a gris bleus. A côté de ce torse puissant, j’ai l’impression de n’être qu’un mancheron. Il faut dire qu’il peut en mettre en xxx, de la marchandise.
A voir ce visage replet de bon vivant, on pourrait supposer Magagnol exempt des misères de la nervosité. Ce n’est pas le cas.
Il dort peu et mal. Sa responsabilité de chef de phare l’écrase. À tout moment, il se réveille en cauchemar et croit entendre la voix d’un de ses seconds qui vient réclamer son secours pour mauvais fonctionnement de l’appareil. Il suffirait de bien peu pour causer un désastre, car des bateaux grands et petits passent sans cesse dans le voisinage. L’Esquillade et l’Esquilladon sont traîtres.

 

Zoom d'une carte postale de l'Agence Officielle


   Dès l’âge de 15 ans, Magagnol jouit de la confiance d’une grande maison de bois de Marseille. Fonctionnait comme commissaire payeur en Italie de Livourne en Sicile et en Sardaigne. 
   Munis de grosses sommes, il se faisait ouvrir des comptes en banque et ne portait jamais sur lui que le strict nécessaire pour ses frais de couche et d’entretien.
   Les Magagnol, chose curieuse, mangeaient naguère la fondue. Ils avaient des amis en Franche-Comté à Xxxx sur Saône qui leur envoyaient de temps à autre des pains de cancoillotte. Cette spécialité, qui n’est autre que de la fondue refroidie, se vend communément au marché de Besançon. Il suffit de la réchauffer pour la consommer comme chez nous. Mais les amis comtois des M. sont décédés et ils ne savent où s’adresser pour se procurer la précieuse denrée qu’ils apprécient beaucoup. Ai mangé une fois de la cancouyette au Cernois, mais froide.
   L’appareil des sourciers du midi est une sorte de fil à plomb. La partie métallique, évidée en forme de cuvette, renferme un peu de la substance recherchée, de l’eau, de l’or.
   Puis mon ami Magagnol parle politique et critique les agissements des gouvernants. Il fait confiance à Blum qu’il prononce Blon. Le programme de celui-ci est excellent. Il faut le voir à l’œuvre avant de le décrier.
  Voici tantôt 4 heures que nous sommes attablés et que je confesse mon ami Magagnol. Lorsqu’un méridional voit qu’on s’intéresse vraiment à sa personne et à son genre de vie, il n’est pas difficile de l’accoucher de tout ce qui le préoccupe. Il serait autrement plus difficile de mettre un Combier sur la voie des confidences. Nous sommes autrement renfermés. J’avance mon billet de cent francs pour payer mon écot. Rien de ça, s’écrie le père M., recachez votre billet. Aujourd’hui, c’est ma fête, vous êtes mon hôte, je ne prends point d’argent. Vous seriez venus douze, ce serait la même chose.

   Né en 1875, Magagnol a ainsi 61 ans. Comme je lui souhaite encore 20 ans de vie et de santé, il me répond, c’en serait top, si j’arrive aux soixante et dix, j’en aurai mon compte. Doyen de l’île, j’ai vu disparaître un à un tous mes amis. Mon tour s’approche. Quand je dis doyen de l’île, ce n’est pas que je suis le plus âgé, puisque Mangin tient les 72, c’est que je suis le plus ancien habitant de l’île, où je réside depuis ¼ de siècle. Il me faut renoncer à payer, toute insistance paraîtrait blessante. On trouvera bien un moyen de dédommager ces braves gens.
  M. Magagnol, qui connaît son Marseille à fond, me parle des fraudes qu’y commettent les gens de mer. Des quantités de marchandises sont soustraites aux navires. En payant quelques verres ou soupers, celui qui s’y connaît obtiendra des articles à vil prix. A quoi bon de lui dire qu’il s’agit de recel et que celui-ci est puni par la loi ?
   Parle de son ascension au Vésuve et de sa déception à la vue de l’entonnoir grisâtre.
La maison de Marseille qu’occupait M. ayant voulu lui confier un poste sur un caboteur faisant voile pour l’Amérique du Sud, il refusé, du moment qu’il venait de se marier. Redoutait aussi les fièvres de là-bas dont venaient de mourir plusieurs employés de la même maison. Entré alors à 38 ans au service de la Marine, comme employé de phare.

 

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Rédigé par HODIE

Publié dans #Piguet, #Histoire, #Ile du Levant, #1936, #Phare du Titan

Publié le 20 Janvier 2020

Extrait du carnet manuscrit Fila III d'Auguste PIGUET de 1936, confiés par Pierre-André Reymond, son petit-fils.

Auguste Piguet est au Phare du Titan ce samedi 13 juin 1936...

   On mangera la bouillabaisse à dîner. Assisté aux opérations culinaires assez compliquée et qui se font en plein air sur un foyer spécial aux grosses pierres muni d’un support pour la grosse marmite. C’est M. Magagnol qui préside aux rites. On met dans la marmite des poissons de diverses espèces, des rascas, des girelles, des escargots de mer dits bigorneaux, du safran, de la sarriette, de l’oignon, de l’ail, des pommes de terre, de l’huile en abondance et des poignées de poivre. La marmite doit rester découverte. Le mélange prend une belle couleur dorée. On le chauffe d’abord avec de grosses branches de bruyères, puis lorsqu’il bout, avec de mêmes branches fendues bien sèches. Ça frille. Ce feu vif dure ¼ d’heure.

 

Mme et M. Magagnol
Extrait photo de Pierre Audebert - NATURISME n°350 de 1935

   Mme Magagnol, consultée prend la louche, goûte et ordonne encore 5 minutes. Le brouet est à point. On verse le bouillon sur des tranches de pain dans une soupière et les pommes de terre et les poissons dans un plat allongé. Nous ne sommes que trois et il y en aurait pour six. Je me vois ainsi moralement forcé à manger plus que de raison. Ce sera un peu lourd à digérer. Puis vient une omelette aux tétragones, ensuite des amandes, des poires, des oranges et finalement le café. Le patron pousse à la consommation et comme dans le bon vieux temps.

  Causons jusqu’à 4 h comme de vieux amis tout en sirotant nos verres. Les Magagnol se prétendent seuls provençaux authentiques de l’île. Pégliasco père qui vient de Menton, n’est pas provençal, mais demi-italien. Sa femme non plus. Elle vient du Gard. Les enfants par contre, sont en train de devenir provençaux. Mais, lui dis-je, il y a pourtant Victor, qui vient de Fréjus. Magagnol le croit, lui aussi d’origine italienne, vu que son nom, Bagnasco, se termine par O. Le provençal dirait Bagnasque ou Bagnasc comme tarrasque et non tarrasco. Il y a trente ans, la bonne moitié de Marseille parlait encore son dialecte qui n’est pas le pur provençal de Provence.
   Le provençal de Mistral n’est pas non plus la langue commune provençale mais le dialecte assez différent d’Arles, situé en dehors des anciennes limites de la Provence. Tout ce qui est Alpes Maritimes est aussi en dehors de ce cadre.
  M. Magagnol, qui est des Arcs, à 6 km de Draguignan est convaincu que le Var coule encore dans le département du même nom. Je n’arrive pas à le détromper. Il ne veut pas croire non plus que ledit Var soit un simple affluent de l’Argens, petit fleuve côtier. Ses ancêtres s’appelaient Magagnosc du nom du hameau dont ils étaient originaires. Ce fut un officier d’état civil qui estropia le nom. Il aurait fallu payer un million de francs de frais pour obtenir le rétablissement de la forme correcte. Notre homme avait l’occasion de dépenser cette somme plus utilement. Il a fait inscrire son fils unique sous le nom de Magagnol pour éviter des complications de succession.
Le provençal se parle avec une telle rapidité qu’on ne peut saisir un mot que par-ci par-là. Quelques phrases répétées lentement me sont assez compréhensibles : Que venguès à tastar / Les finales muettes tombent ce qui rend la langue peu harmonieuse, incomparablement moins sonore que l’italien.


   

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Rédigé par HODIE

Publié dans #Piguet, #Histoire, #1936, #Ile du Levant, #Phare du Titan, #Bouillabaisse

Publié le 3 Décembre 2019

Tout le charme mystérieux, toute la vie primitive et nonchalante des îles du Pacifique tiennent dans l’image de cette belle tahitienne. Mais la Polynésie est-elle vraiment le pays édénique que certains navigateurs romanciers ont longuement décrit ? Des naturistes se sont installés dans l'île de Raiatea et l'un d'entre eux nous confie aujourd'hui ses impressions...

Source : gallica.bnf.fr

Des Levantins à Tahiti - 1936-1950
Des Levantins à Tahiti - 1936-1950
Des Levantins à Tahiti - 1936-1950
Des Levantins à Tahiti - 1936-1950
Des Levantins à Tahiti - 1936-1950
Des Levantins à Tahiti - 1936-1950

à suivre ....

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Rédigé par HODIE

Publié dans #Ile du Levant, #tahiti, #Revue NATURISME, #1936

Publié le 9 Novembre 2019

NATURISME n° 382 du 1er octobre 1936 --- Source : Gallica.bnf.fr

NATURISME n° 382 du 1er octobre 1936 --- Source : Gallica.bnf.fr

1936 : "Facteur sans uniforme"
1936 : "Facteur sans uniforme"
1936 : "Facteur sans uniforme"
1936 : "Facteur sans uniforme"
1936 : "Facteur sans uniforme"
1936 : "Facteur sans uniforme"

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Rédigé par HODIE

Publié dans #Revue NATURISME, #1936, #Histoire, #La Poste

Publié le 20 Août 2019

Extrait d'un film de 1936 de Louis Buard
Extrait d'un film de 1936 de Louis Buard

Extrait d'un film de 1936 de Louis Buard

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Rédigé par HODIE

Publié dans #vidéos, #Ile du Levant, #Histoire, #1936

Publié le 16 Août 2019

Inédit

 

Extraits du carnet manuscrit de 1936, Fila II
rédigés par Auguste PIGUET, confiés par Pierre-André Reymond, son petit-fils.

Dans le texte , j'ai ajouté des précisions en italique.

Jeudi  4 juin 1036

Aperçu un instant Mme David l’anglaise, fille du colonel Gell. Svelte et souple, ne porte guère plus de 30 ans. Revêtait des pantalons bleus de marin et un corsage grenat. Cheveux blonds roux, teint éclatant. Tout à fait le type anglais.

Honor David-Gell  - Coll. Patrick Bellet


Vit à la colle avec le camionneur Lassalle. Reviendrait ailleurs sur ce faux ménage curieux. Pegliasco me dit, on ne sait pas tout ; il y a un mystère là-dessous.
La fillette David âgée de 2 ans, n’a jamais abandonné sa mère. Le fils David, 8 ans, a vécu jusqu’ici à Paris où son père est notaire. Le gamin est arrivé hier au port de l’Avis pour vivre désormais avec sa mère et son amant. C’est un joli garçon noiraud que je vois occupé à charger du sable en compagnie de son père. Étrange !

....plus loin dans le carnet

Lassalle, grand noiraud bronzé, dentition éclatante élevé à Paris dont il fréquenta les écoles. Vécut en Algérie et s’y maria. S’engoua pour le naturisme et apprenant la fondation d’Héliopolis, s’empressa de s’y rendre. Sa femme, avec laquelle il ne s’entendait guère, se plaisait en Algérie et refusa de s’embarquer pour l’île du Levant. Chargé du camionnage dans l’île, devint aussitôt la coqueluche des femmes.

Parmi les estivants, se trouvait il y a environ deux ans, l’épouse du notaire parisien David, mère de deux enfants. Son père le colonel Gell passait une partie de l’année dans la villa à tourelle qu’il s’était fait construire au bord de la perspective dessous le fort Napoléon.

Mme David en voulait à son mari de ses flirtages et l’abandonna pour se coller avec Lassalle. Elle quitta son luxueux appartement de Paris pour venir s’installer dans le port de l’Avis dans une baraque en planches. Chose étrange, le notaire se déclara d’accord avec cet arrangement et s’en vînt en personne installer sa femme chez son miséreux rival. C’est à n’y rien comprendre. Lassalle est un rude travailleur. Il a l’air de s’en tirer tout en s’obstinant par principe à refuser toute bonne main. Sa maisonnette remise à neuf a vraiment l’air coquet.
La mère Lassalle avait une épicerie au port de l’Avis. Elle vient de la transférer à Héliopolis. Elle s’appelle de son vrai nom Bouhou a repris son nom de fille. Ici encore il y a un mystère. Remarquons aussi que Lassalle fils porte le nom de sa mère.
Le colonel Gell et sa femme, révolté par le concubinage de leur fille adorée s’y sente mal à l’aise, ont résolu de vivre désormais exclusivement en Angleterre. La villa sera probablement revendue.

GG et Edward Gell  Extrait du livre de Léonard Lassalle "Walnuts & Goat Cheese"

Le colonel vieillard de soixante-dix ans passés, voulut naguère franchir à la nage la passe des Grottes. Atteint de crampes, il put être rappelé à la vie après de longs efforts. Les Reymond déplorent le départ du sympathique colonel et de Mme la Colonelle.

Des livres sur Honor David-Gell et Léonard Lassalle

 Published in 2015 - My Local Media Company Ltd Copyright © Léonard Lassalle 2015

 

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Rédigé par HODIE

Publié dans #1936, #Ile du Levant, #Histoire, #Artistes-écrivains

Publié le 9 Mai 2019

Août 1936 - Plaque photo - Coll. perso

Août 1936 - Plaque photo - Coll. perso

Zoom : Electricité ? /  Hôtel de l’Île d'Or et Agence des Arbousiers / Une personne à la porte
Zoom : Electricité ? /  Hôtel de l’Île d'Or et Agence des Arbousiers / Une personne à la porte
Zoom : Electricité ? /  Hôtel de l’Île d'Or et Agence des Arbousiers / Une personne à la porte

Zoom : Electricité ? / Hôtel de l’Île d'Or et Agence des Arbousiers / Une personne à la porte

En 2019 : beaucoup de végétation !

En 2019 : beaucoup de végétation !

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Rédigé par HODIE

Publié dans #Chemins et corniches, #Maisons, #Ile du Levant, #1936

Publié le 6 Mai 2019

  Inédit

 

Extraits du carnet manuscrit de 1936, Fila II
rédigés par Auguste PIGUET, confiés par Pierre-André Reymond, son petit-fils.

Dans le texte , j'ai ajouté des précisions en italique.

  Réveillé brusquement vers minuit par de violents coups de tonnerre / L’absence de vase de nuit n’est pas toujours agréable. Cette nuit, vers 2 h, il m’a fallu sortir du bungalow en chemise. Il faisait un fort vent mais le spectacle en valait la peine. La lune presque pleine allait se coucher en arrière d’Hyères. Les lumières de cette ville, celles des Salins et du Lavandou brillaient d’un vif éclat. Le phare des Salins, jetait son double éclat blanc, suivi de 3 secondes de répit. Celui de Bénat montrait un œil rouge unique toutes les 4 secondes.
  Les puits construits en ciment reposent librement sur le schiste par où l’eau s’infiltre. On la dit excellente.
  Aucun racloir pour les pieds. Nulle boue ne colle aux souliers. Il suffit de frapper du pied pour détacher les parcelles adhérentes. Au bout de 15 jours, mes chaussures, jamais cirées ou graissées ont encore quelque brillant.
Alfred, fin boulanger n’est pas moins bon maître-queux. Avons dîné hier d’une soupe de fèves (restant de la purée du jour précédent) arrosée d’un filet d’huile et de nouilles traitées de la même manière. Une banane, du café et un reste de biscuit pour finir. Me sens comme un coq en pâte en dépit du régime naturiste. L’amaigrissement escompté a bien des chances de ne pas se réaliser.
Jeudi 4 juin 1936
 Nuit frisquette. Le duvet n’est pas de trop, car le mistral se met de la partie. Heureusement que l’aération se règle communément au moyen d’un manche à balai, balai glissé entre le châssis et le rebord de la fenêtre. Une attache de collier empêche le manche en question de bouger. Dans ces conditions, le mistral ne m’a jamais incommodé. Levé vers 5 h. Trop frais pour écrire. M’embarque jusqu’à l’Avis avant déjeuner. Rencontré les équipes d’ouvriers provençaux qui viennent poser la ligne téléphonique. Prennent le café noir au saut du lit puis se rendent au travail. Arrivés sur les lieux, s’asseyent pour déjeuner, vin, pain et fromage, d’ordinaire. Dans l’ouest de la France, on prend du vin blanc sans rien manger jusqu’à midi. Descendu des abords du château au port de l’Avis et remonté par un autre raccourci.

  Trouvé le père Pegliasco en train de surveiller l’Italien dit Grand Blond. Celui-ci recouvre le toit de l’entrepôt que Pegliasco fait construire en gros cairons pour remplacer ses baraques de bois. Diverses barques du dehors ont été traînées hors de l’eau, hier pendant la tempête. La Belle Brise leur tient compagnie tandis que le St Hilaire se trouve au bout de la jetée et le Laisso Dire à droite du ponton. Un superbe yacht marseillais appartenant à un docteur, lui fait vis-à-vis. Bastingage en bois brun (noyer) du plus bel effet.

  Prenons une bouteille de bière avec le père Pegliasco, sous la tonnelle cannissée. La pluie nocturne y a laissé des traces, de même pour le jeune David, âgé de 2 ans, qui a choisi ce lieu abrité pour venir se poser.
Madame Pegliasco vient en bougonnant ramasser la petite saucisse au moyen d’une ramassoire.
  Pegliasco père me fait part de ses ennuis. Adjoint du maire, il a en vain chercher à faire marcher d’accord ses 80 administrés. Ce n’est que jalousie et querelles journalières. Si l’on coupe un arbre, on arrache du sable, aussitôt, les plumes marchent et envoient des rapports à Hyères sans p
asser par le canal de l’adjoint. Ceux qui ont le plus profité au début et ont fait main basse sur le fil de cuivre de la Marine, le sable ou le bois voient d’un mauvais œil que les nouveaux venus en fassent autant et les dénoncent.

 

  A gauche, Léopold Pégliasco lors de la reconstitution d'un mariage au port de l'Avis
en août 1931.
Voir article 1 / article 2 / article 3

Adjoint du maire, c’est le dernier des métiers. Tout récemment, il a fallu faire venir deux gendarmes de Bormes en suite de diverses plaintes pour vol et de l’affaire Tarzan II. Les gendarmes ne viennent pas volontiers sur l’île parce qu’ils doivent camper sous la tente ou se rendre jusqu’au phare ou au sémaphore pour y loger. Ils sont en plus tenus de prendre leurs vivres avec eux.

  Pegliasco s’était arrangé avec les ouvriers pour qu’ils lui construisent son hangar le dimanche à moment perdu. Mais, Victor Bagnasco, fâché de voir le Grand Blond travailler pour Pegliasco, l’a renvoyé. C’est ridicule de se priver d’un bon ouvrier, du meilleur peut-être. Alfred tient naturellement en tout point le parti de Victor.

Victor Bagnasco - Archives Pierre-André Reymond


 L’Adjoint pour mettre fin à l’extraction de sable qui menaçait d'abîmer les plages, a défendu d’en prélever sur toute l’étendue de l’île. L’ordonnance en question est affichée à la porte du Bazar. Pegliasco a eu une longue entrevue avec Durville ces jours passés. Il songeait à démissionner, mais restera en fonction sur les instances du docteur.
 

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Rédigé par HODIE

Publié dans #Ile du Levant, #1936, #Carnets, #Auguste Piguet