Articles avec #bords de mer tag

Publié le 17 Juin 2011

LES GROTTES par Henry LEGRAND
extrait de l'article paru dans la revue de l'Association naturiste des Amis de l'Ile du Levant d'avril 1954, pages 6 à 9 

diverses photos et cartes postales en fin d'article

 

Pourquoi ce nom des Grottes ? Le sens, ici, n'est pas douteux. Tout autour de la plage, le sol est constitué par des roches entre toutes friables, disposées en couches horizontales ou presque, faites d'un grès très tendre, séparées les unes des autres par du sable, si bien que l'ensemble n'a pas une consistance très durable. « Formation poreuse calcaréo-siliceuse, dit H. Parent (dans Jahandiez), d'âge quaternaire, observée à la pointe du Tuf (dans l'île de Port-Cros, juste en face de la plage des Grottes) et dans le vallon de Port-Cros, par Faisan (Notice sur la géologie et la minéralogie du canton d'Hyères — Lyon 1863), signalée dans l'île du Levant (vallon des Grottes), par M. Jahandiez (Les Iles d'Hyères, 2me édit. 1914, p. 172,1 pi.) étudiée de nouveau par MM. Léger et Blanchet (Sur l'existence des plages fossiles aux iles d'Hyères — Grenoble 1927), elle serait d'après mes récentes observations(H. Parent, Une formation éolienne fossilifère à Port-Cros. comptes rendus sommaires des séances de la Soc. géol. de France, 1928), d'origine éolienne et formée d'un agrégat de coquilles marines brisées, réunies à des grains de sable quartzeux par de la calcite d'exsudation, cristallisée, formant ciment ; c'est une dune calcaire consolidée en grès. »

« Ces falaises friables, ajoute Jahandiez (loc. cit.), désagrégées par le vent et l'air salin, présentent plusieurs cavités qui ont fait donner le nom de « Passe des Grottes » au bras de mer séparant l'île du Levant de Port-Cros. Ces abris naturels sont utilisés par les pêcheurs qui viennent y faire la bouillabaisse. »

Ces grottes sont au nombre de quatre. La première, à l'extrémité nord  de la plage, n'existe plus. Elle s'est écroulée à la suite de la déflagration d'une mine marine en 1944.

** L'accident du 16 juillet 1984 (1 mort suite écroulement de la partie nord) fera l'objet d'un article spécial.

Une autre plus à droite, tout à fait en dehors de la plage principale, au bas d'un escalier menant aux premières rangées de tentes, semble le fond de tableau d'une petite crique miniature. A ceux qui voudraient s'y étendre, même à proximité, surtout les jours de mistral, nous conseillons d'apporter un peigne, car au bout de quelques minutes leurs cheveux seront remplis de sable.

La troisième, la vraie grotte, la plus spectaculaire et qu'on a en face de soi quand on descend le fameux escalier de la plage. Elle domine la plage à gauche, et servait autrefois de quartier général à certains pêcheurs amateurs qui y remisaient un bric à brac des plus variés, mais des moins esthétiques. Une décision fort heureuse de l'adjoint spécial prise à la fin de 1952 interdit d'y loger. Danger d'éboulement ou désir de propreté, ou les deux ? Choisissez.

Enfin la quatrième grotte, la plus belle, se trouve à 100 m. au sud. C'est la grotte marine où le flot vient s'engouffrer. Haute faille dans la falaise, large en son commencement, de 7 mètres, et profonde d'une dizaine de mètres, elle se laisse visiter en canoë ou en kayak, à condition d'en sortir en marche arrière. On ne peut y aller à pied sec à cause des parois verticales et même légèrement inclinées vers l'intérieur. Mais une exploration sous-marine, avec lunettes de pêche est fort curieuse ; elle vous révèle des fonds impressionnants et donne au débutant qui nage au-dessus de l'entrée de la grotte, une impression de vertige. Tout autour, une inspection des richesses minéralogiques de ce secteur est passionnante ; on y voit, enchâssées dans la roche, des pierres précieuses comme en certains points de l'île, grenats, disthènes et tourmalines. De plus, entre la plage et cette grotte, il y a dans les creux de rochers des dépôts de sable, du beau sable tout doré, brillant, provenant de l'effritement de roches tendres micacées, et le nouveau venu à l'île se trouve toujours frappé d'étonnement de pouvoir prendre dans ses mains de la poussière dorée du plus bel effet.

Un puits a été creusé en arrière de la plage, par les soins de la municipalité d'Hyères, sur la demande de l’A.D.I.L. Malheureusement, l'eau en est saumâtre ; il y a certainement des infiltrations d'eau de mer qui limitent aux lavages l'emploi du liquide qui en provient. Pour trouver de l'eau vraiment potable au village, on a mis en service en 1953 le réservoir de l'Ayguade, qui supprime la corvée de la montée à la Source. D'autres, possesseurs d'une embarcation, vont, les jours de mer calme, chercher l'eau potable au puits de la maison de garde de Port-Man, dans l'île de Port-Cros. Un accord avec le garde a permis pour cette opération l'usage du minimum, à condition de ne pas dépasser le puits en question sur la route de Port-Cros. Bien que cette autorisation soit souvent l'anticham¬bre de l'absence... de minimum, tout s'est bien passé jusqu’à présent.

Il est formellement interdit de faire du feu de bois sous la pinède et dans le maquis ; seuls les réchauds sont autorisés. L'été, le danger d'incendie est grand. Aussi un matériel de défense contre le feu est entreposé dans une baraque « ad hoc » que signale une peinture rouge.

L'hygiène est le point crucial du camping, hygiène des ordures ménagères et des W.C. On a déjà fait beaucoup sous ce rapport, mais il reste d'autant plus à faire que chaque année, on part de zéro. Matériel, outils, fosses, édicules, chlorure de chaux, — et aussi personnel, cantonnier et garde en supplément, tout cela doit faire l'objet d'études par les autorités, mais il faut reconnaître que les interdictions temporaires ou pseudo-définitives ne facilitent pas la tâche de ceux qui ont pris l'affaire en mains, en les empêchant de savoir « sur quel pied danser », ni si le sol ne va pas soudain, manquer sous leurs pieds

Mais quelle que soit la bonne volonté des parties intéressées, il semble que le charme de ce lieu de camping réside dans son isolement et dans la pratique familiale du naturisme que compromettrait une trop grande recherche du bien-être. Telle est du moins, l'opinion de la majorité. Limitons nos désirs à une meilleure utilisation des fosses à ordures, à la création de quelques W.C. supplémentaires, et à une plus ample distribution d'eau, — avec un personnel un peu plus nombreux, et nous n'aurons plus qu'à remercier les autorités.

Le sport du volley-ball est largement pratiqué aux Grottes, au point d'éclipser souvent d'autres activités comme la pêche sous-marine, le canotage et la natation. Tout d'abord, quelques passionnés de ce sport défrichèrent un petit terrain, n'ayant pas les dimensions réglementaires, en arrière de la plage, terrain bientôt limité par un grillage. Devant la gêne qui en résultait pour les estivants pour leurs bains de soleil, car outre un terrain dont ils étaient privés, ils recevaient quand même par moments un ballon qui ne leur était pas destiné, lequel ballon finissait par rouler dans la mer, il fut décidé de défricher un terrain réglementaire dans le maquis au-dessus de la grotte n° 3 de ce récit ; là au moins, on ni gênera personne. L'ancien terrain doit être converti soit en solarium, soit en remise à bateaux, pour dégager la plage de cet accessoire en période d'affluence, soit pour construction de râteliers superposés, à moins que, vu que les avis sont partagés, on ne délibère..., ou qu'on ne fasse rien.

DSC03267P3080055
les Grottes en 2011

L'anse des Grottes était autrefois encerclée par un maquis dense. L'ouvrage de Jahandiez sur les Iles d'Hyères (3m° édition, 1929), indiquait que le chemin d'accès par le vallon des Grottes était tout à fait impraticable, et qu'on ne pouvait y parvenir que par bateau.

La plage des Grottes fut le théâtre de plusieurs évènements historiques, le premier toutefois étant incertain comme emplacement exact, la chose ayant pu aussi bien se passer à l'Ayguade, ou sur la corniche entre l'Ayguade et les Grottes.

Noël de Saint-Fol (Les Iles d'Hyères, 1882), raconte qu'une vieille femme de l'île du Levant faisait chaque dimanche ou jour de fête la traversée à la nage de l'île du Levant à Port-Cros pour entendre la messe, puis ses oraisons terminées, regagnait son île par le même humide chemin. L'événement ne porte pas de date, mais il est raconté à la suite de faits qui se sont passés dans les autres îles pendant l'époque napoléonienne. Sans doute la nageuse prenait la mer aux Grottes et atterrissait vers la calanque du Tuf, d'où un sentier mène au col de Port-Man, et de là à la chapelle de Port-Cros.

Pendant trois ans (1949, 1950, 1951), l'A.D.I.L. a commémoré cet exploit par un concours réservé les deux premières années aux dames et jeunes filles, et mixte la troisième. L'épreuve comportait la double traversée de la Passe des Grottes à la nage, et la course à pied, Port-Man-Port-Cros et retour, pieds nus. Malgré la longueur du parcours il y eut plusieurs concurrentes et concurrents qui terminèrent la course très honorablement.

En 1866, à la suite de la révolte du pénitencier et du siège du Fort de l’Arbousier (act. Ft-Napoléon), un certain nombre de détenus évadés étaient parvenus jusqu'à l'anse des Grottes ; on m'a affirmé que les noms qu'on distingue encore sur les pierres remontent à cet événement. Plusieurs tentèrent de franchir le détroit sur des paillasses recouvertes de planches. Plusieurs se noyèrent, et les autres furent arrêtés en débarquant.

Non loin des Grottes, quelque part en mer, car il ne faut pas préciser, dans un fond de vingt-huit mètres, eut lieu il y a deux mille ans un naufrage d'un bateau grec porteur d'amphores.

Notre collègue, le docteur Piroux, d'Antibes, plongeur réputé, et cinéaste, a déjà « travaillé » sur cette épave...

Actuellement la plage des Grottes voit tous les ans le concours du plus bel enfant naturiste de l'île, avec une distribution de gâteaux très appréciée. Concours aussi de canoës et de kayaks, courses de natation et concours de lancer de bouée de sauvetage.

Plage avant tout familiale, adoptée par de nombreux enfants, et également par leurs parents, et qui semble promise à un bel avenir.

 

La Plage des Grottes 2Plage des Grottes 3Plage des Grottes 6Plage des Grottes 8Plage des Grottes1Plage des Grottes 4Plage des Grottes 5SCAN250SCAN260SCAN490SCAN272

Les Grottes sous la neige


SCAN249SCAN660

Voir les commentaires

Rédigé par HODIE

Publié dans #Bords de mer, #Ile du Levant

Publié le 4 Juin 2011

Rédigé par HODIE

Publié dans #Bords de mer

Publié le 3 Juin 2011

P6030119P6030121P6030126 (2)

3 juin 2011 à 18h30

Voir les commentaires

Rédigé par HODIE

Publié dans #Des bateaux, #Ile du Levant, #Bords de mer, #Laisse-Dire III

Publié le 30 Mai 2011

DSC03227

Les "cailloux blancs" près de la calanque des Moines

DSC03228

DSC03226

entre les Moines et les Pierres Blanches

Voir les commentaires

Rédigé par HODIE

Publié dans #Bords de mer, #Ile du Levant

Publié le 30 Mai 2011

Rédigé par HODIE

Publié dans #Bords de mer

Publié le 28 Mai 2011

PA090009

On aperçoit l'escalier des Moines, le Soleil d'Or au dessus

Voir les commentaires

Rédigé par HODIE

Publié dans #Bords de mer

Publié le 27 Mai 2011

26052011b

26 mai 2011 à bord d'Iles d'Or XV

Voir les commentaires

Rédigé par HODIE

Publié dans #Bords de mer

Publié le 27 Mai 2011

Rédigé par HODIE

Publié dans #Bords de mer

Publié le 22 Mai 2011

Rédigé par HODIE

Publié dans #Bords de mer

Publié le 19 Mai 2011

Extrait de la revue "La Vie au Soleil" n°105 de mai-juin 1965

Pourquoi avons-nous créé cette corniche, quand et avec quels moyens ?

La Marine Nationale, d'une manière systématique et progressive, a sup­primé ou réglementé l'accès des ter­rains militaires, et partant les bords de mer. L'histoire de ces restrictions est trop récente et trop fraîche à nos mémoires pour qu'il soit utile d'épiloguer là-dessus.

Devant ces restrictions, les com­merçants du Levant, en accord avec le Syndic des propriétaires de l'épo­que, avec les Ponts et Chaussées Ma­ritimes et en étroite collaboration avec la Ville d'Hyères, ont créé la corniche d'Héliopolis.

Le but recherché était de doter le village de bords de mer accessibles. Dès que l'accès de la corniche fut ou­vert, et sur notre initiative, ce littoral fut nommé « Corniche Naturiste d'Héliopolis». Notre intention n'était pas de nous la réserver, nous n'en avions pas le droit, mais de faire compren­dre à tous que, sur cette corniche, les naturistes pouvaient pratiquer en toute liberté.

Pour faire cette corniche avec les moyens dont nous disposions il fallut un certain courage. Les solaria que la Ville a financés devaient être cons­truits pour durer. N'en déplaise aux esprits chagrins qui trouvent que ce n'est pas très joli, pour durer il fallait que ce soit solide. Nous persistons à croire que seule la solution de béton, que nous avons adoptée, était valable. La côte est, à cet endroit, particuliè­rement exposée au mistral et surtout aux fortes houles du Sud. Les solaria ont fait la preuve de leur solidité ; ils serviront encore longtemps aux natu­ristes d'Héliopolis.

1005201124810052011249
les "solaria" en 2011

Pourquoi parlons-nous aujourd'hui, dans cette revue, de cette corniche ?

Tout simplement parce qu'il se trouve sur notre île des hommes qui prétendent que l'utilisation de cette corniche, telle qu'elle est appliquée, est illégale. Des hommes qui préten­dent que les solariums ne servent à rien. Nous citons ce qu'ils ont écrit au maire d'Hyères le 23 août 1965 : « Nous regrettons la construction de ces solaria et le sable, le gravier, le ciment employés pour leur construc­tion eurent mieux servi ailleurs». Il faut être doté d'une certaine légèreté d'esprit pour écrire cela au maire.

Voyons la position de la Mairie le 1er septembre 1965 :

« Le domaine des Arbousiers est limité à l'ouest par le domaine public et la mer. En conséquence, le bord de mer, c'est-à-dire la parcelle de rocher située au-dessous du chemin, appar­tient aux Domaines et jamais aux propriétaires ».

Et la position des Ponts et Chaus­sées Maritimes, le 7 janvier 1966 : « Le Syndicat des propriétaires qui admi­nistre le lotissement d'Héliopolis n'est pas en droit d'interdire l'accès de la corniche au public. D'ailleurs, la limite du lotissement, côté mer, prévoit une zone libre jusqu'au rivage variant de 15 à 25 mètres».

L'utilisation de la corniche, telle qu'elle est appliquée, ne peut être re­mise en question.

Cette forme d'utilisation attire quel­ques ennuis aux naturistes. Des inci­dents se produisent. Nous sommes les premiers à le regretter. La plage de Rioufrède des temps jadis, à un degré moindre, dû sans doute à son éloignement, n'était pas à l'abri de ces inci­dents. Ils sont le lot journalier de la plage des Grottes.

Ces heurts entre naturistes et gens que l'on appelle un peu cavalièrement voyeurs, sont devenus un des maux dont souffre notre île. En l'état actuel des choses, il n'y a qu'un seul remède : une large entente entre les pouvoirs publics, le syndicat des propriétaires et les associations naturistes pour que le public qui débarque au Levant soit largement informé qu'il arrive sur un territoire naturiste, et qu'il devra im­pérativement en tenir compte pendant les quelques heures ou les quelques jours qu'il y demeurera.

Jacques Viale, memebre du Comité de l'A.D.I.L.

Voir les commentaires