Un tour de l'île en kayak en 1946 (3)

Publié le 24 Juin 2013

VIE LIBRE - Culturisme-Alpinisme-Naturisme-Ajisme
N°1 Avril 1947 

TITREA

Suite

Doublons plutôt la pointe du Liserot, ancienne cible pour les canons de la Marine ; et arrivons à la plage sablonneuse du Titan, la plus belle de l'île. Il est 10h30.

En même temps, arrivait, mais par la voie terrestre, une famille, le père avec son fusil de pêche, la mère et le petit garçon ; tous trois étaient partis d'HELIOPOLIS à 7 h, et j'avais fait le double de chemin ; vraiment, mon nouveau myen de transport est bon, et je n'étais nullement fatigué.

Le bruit avait couru que tout le sable du Titan avait servi au béton des postes de D.C.A. du plateau du Sémaphore. Faux bruits, car si je compare ce que je vois, avec mes souvenirs d'avant-guerre, je dois conclure que la quantité n'a pas diminué ; l'aspect général est tout à fait le même, et il faut croire que les nombreux oursins, hélas, sont eux aussi, à leur poste, guettant les pieds des imprudents.

Le temps était toujours merveilleux ; je décide de continuer ; je prends du large, et je vais carrèment en mer, laissant bien dérrière moi, l'emplacement de la Tour du Titan, dont on ne saura jamais si elle était sarrazine ou romaine, et plus loin, la pointe de l'Arète et son îlot rocheux. Je passe à environ 500 m, au sud du phare du Titan, qu'on appelle plus simplement le Phare, sans qu'un mouvement ou signal quelconque de la terrasse du phare décèle autre chose que la sieste réglementaire de ses occupants, et puisque je suis en forme, ou tout au moins surpris de la facilité du trajet, je pique délibérèment vers le large pour doubler le rocher de l'Esquillade ; de cette manière, j'aurai fait le complet périple de l'île du LEVANT et de ses dépendances.
Ce rocher se trouve à 1 900 mètres de la pointe du Phare ; l'absence de tout point de repère crée une illusion d'optique ; j'évaluai faussement sa distance à 500 m. ; cependant, j'arrivai facilement à sa hauteur ; ses rochers sont abrupts ; aucun atterrissage possible. De là, je me dirigeai à l'Ouest pour me rapprocher du rivage, avec des coups de pagaye instinctivement plus vigoureux, comme si le conducteur "sentait l'écurie".

J'entrevois la merveilleuse calanque du Phare, surmontée du Sémaphore ; je double la pointe de Calerousse et son îlot rocheux, la pointe de la Rovère, et j'aperçois droit devant moi, me barrant la route, l'éperon majestueux du Castellas.   ..à suivre...

 

1936 CARTE TOURISTIQUE Ed Bazar Héliopolis A. Reymond, Gé

Rédigé par HODIE

Publié dans #1945-1970

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