MON VILLAGE A L'HEURE NATURISTE 1/3 - 1959

Publié le 4 Février 2019

On s'étonne des idées saugrenues qui peuvent courir à l'étranger et même en France sur l’Île du Levant.

Les uns s'imaginent un vaste parc insulaire où folles naïades et gracieux tritons s'ébattent sur de tendres pelouses, pratiquent la danse rythmiques et le hula-hoop.

D'autres voient un tas de rochers torturés par la mer cruelle où des maniaques du nu se font griller vifs par Phébus. Certains croient que dans les fourrés épineux des hommes-nature se nourrissent de cigales cuites et de baies sauvages.

Je n'exagère pas beaucoup.

Basculons ces légendes et donnons du Levant naturiste une définition raisonnable : il s'agit d'un village provençal, pareil à cent autres villages de la côte méditerranéenne, où la pratique du naturisme est admise depuis un quart de siècle. Un point, c'est tout.

Le visiteur qui s'attend à la vision d'un concert Mayol gratuit et généralisé éprouvera une sournoise déception. Il n'apercevra sur le port que des gens en short ou en pantalon, vaquant à leur occupations, transportant des caisses de bouteilles, des cageots, des sacs, des matériaux.

Ô merveille ! Une nymphe vêtue d'un bout de ficelle a surgi sur un sentier voisin ; elle disparaît dans le maquis. Le visiteur tend le cou comme l'autruche altérée, jusqu'à ce que l'épouse irritée le ramène dans le droit chemin, celui des Arbousiers.

Pliant sous le sac tyrolien ou le poids de ses valises, l'arrivant enregistre des impressions contradictoires. Tantôt rien ne lui paraît différent de la vie estivale de la côte d'Azur, tantôt il bat des cils à la vue d'un Adam, d'une Ève, d'un couple, d'un groupe qu'on dirait sortis du Jardin d'Eden.

Un bon conseil : n'ayez par l'air trop avide de choses vues. Ne trimbalez pas votre appareil photo sur la poitrine comme le compteur Geiger des radiations nudistes. Vous êtes les hôtes d'un tranquille petit village, à la discrétion et à la simplicité de votre arrivée répondra la cordialité de l'accueil qui vous sera réservé.

Uns suggestion : sur le port, à chaque arrivée de bateau, se trouvent des camions qui assurent les transports publics. Utilisez-les. Encore que le domaine naturiste soit moins étendu qu'autrefois, il n'est pas exclu que vous ayez un ou deux kilomètres à couvrir, par chemins et sentiers raboteux, avant de trouver votre hôtel, votre bungalow, votre emplacement de camping. Les camions vous déposeront où il faut. Le parcours vous aura donné déjà une idée de la topographie locale. Vous aurez évité une ascension, exténuante avec bagages, car au Levant toutes les voies publiques montent ou descendent. Vous serez de bonne humeur.

 

L'ILE DU LEVANT, nouveau guide naturiste 1959, une édition spéciale de la Revue Naturiste Internationale

Rédigé par HODIE

Publié dans #Ile du Levant, #Guides, #1959

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