J'ai connu Jacques Theaud, le centenaire heureux au Levant 2/2

Publié le 27 Août 2019

J’ai connu cet homme dans la force de l’âge c’est à dire qu’il avait déjà 70 ans ..
il marchait alors les bras écartés car disait-il, il avait trop de muscles.. vivant sur son petit voilier il passait ses après midi à la plage à la recherche d’une compagne pour l’été.. c’est en jouant au bridge que je fis sa connaissance. Bien sûr il avait toujours un jeu «  surpuissant «  et c’est un surnom qui lui est resté .. monsieur Surpuissant ..
montrant sa ligne de vie il disait « 105 ans et on devra m’achever à coup de hache. « 
C’est dire qu’il avait conscience de son caractère de cochon qui ne s’est jamais démenti .
Je me souviens d’une traversée vers le Lavandou.
Il n’avait pas regardé la météo dans sa hâte de conclure avec moi.
Mais, la mer se souleva et le vent forcit brusquement ; mon sac à dos faillit tomber à la mer et je le sauvais au péril de ma propre vie inconsciente que j’étais !
Quand le bateau se mit a gîter à l’horizontale, je lui demandai s’il avait  un canot de survie et un poste pour lancer des SOS ; le poste se trouve derrière le frigo ; ah oui et où se trouve le frigo . La dessus, dit-il, en me montrant un tas d’objets de hétéroclites et cassés.
Finalement, nous fîmes vent arrière pour toucher terre à Cavalaire ; en entrant dans le port il était tellement occupé à essayer de conclure que nous faillîmes éperonner un beau bateau tout neuf ; il fit arriéré toute et il nous évitâmes  d’un poil la grosse bêtise.
Bref,  nous eûmes de bon moment et il se montra généreux avec moi ce qui n’est pas dans sa nature
Mais je n’étais pas assez soumise pour supporter son caractère colérique et dominateur .

C’est pourquoi, un jour, je le quittais en balançant sa table de jardin par-dessus le balcon tellement il m’avait mise hors de moi.
nous n’étions pas fâchés pour autant  .
J’arrête la les anecdotes .. il y en a trop, j’oublie les hors pistes improbables dans la neige de printemps que nous fîmes dans les 3 vallées et les scènes qu’il faisait dans les restaurants chic où il m’emmenait chaussés de talon hauts ; Je dirai seulement Capitaine, merci de m’avoir fait rire et pleurer et bravo pour cette vie longue et voyageuse. Je t’embrasse.

Louise Atout
 

Rédigé par HODIE

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