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Publié le 11 Juillet 2017

Extrait de la revue UNIVERS ILLUSTRE du 29 août 1885
Sources : Gallica et Retronews

AUX ILES D'HYÈRES

Mon cher directeur, Parti de Saint-Raphaël sur le yacht à vapeur de l'ingénieur en chef des ponts et chaussées du département du Var, H. Weissberger, j'ai profité de l'inspection officielle des phares de la côte pour faire une merveilleuse excursion par mer jusqu'à Toulon. Grâce à l'amabilité de mon savant cicérone, je pus voir de près (ce que peu de gens peuvent faire à cause du manque de communication) ces géants lumineux isolés sur les rochers émergeant de la Méditerranée.

Nous stoppons d'abord au pied du phare du cap Camarat; en quelques minutes, au milieu des roches et des schistes, nous arrivons au sommet par un chemin des plus pittoresques; là s'offre aux yeux éblouis une vue merveilleuse.

A l'est, la côte depuis Saint-Raphaël jusqu'à l'Italie ; à l'ouest, le littoral jusqu'à Toulon s'étend dans une atmosphère bleuâtre et claire; en face, les Iles d'Hyères, où nous devons aller coucher le soir.

Derrière, au nord, tout le pays de la baie de Saint-Tropez. Tout cela est lumineux, éblouissant, immense. Le phare et les signaux du sémaphore sont gardés par des hommes vigilants et sûrs, vivant là avec leur famille, isolés du reste du monde, éloignés des milieux malsains et restant forts comme l'air vivifiant qu'ils respirent dans ces hauteurs azurées où toujours l'oeil au guet, la longue-vue marine en main, ils inspectent l'étendue de la mer bleue et notent le moindre incident. Les paquebots du monde entier arrivant à Toulon ou à Marseille passent sous leurs yeux vigilants et sont signalés sur l'heure. Puis le soir, quand le soleil radieux disparaît lentement dans les flots empourprés et que la nuit a estompé toutes choses, le phare s'illumine et projette au loin, à intervalles réglés, sa lumière rouge et blanche. Celte lumière du phare de Camarat sert à diriger les navires vers la rade de Toulon : en le laissant sur la droite et en apercevant le phare du Titan sur l'Ile du Levant par la gauche, la route est ouverte et sûre.

Ce phare du Titan, dont je vous envoie un dessin d'après nature, est tout ce qu'on petit voir de plus étrange. Nous y arrivâmes le soir à la chute du jour; mon compagnon de voyage Weissberger, faisant son métier d'ingénieur militairement, m'avait abandonné à ma contemplation artistique et s'était fait transporter à terre par le canot du bord. Je le voyais grimper et disparaître dans les rochers à pic, en me disant : Tout à l'heure j'en ferai bien autant ; j'aurai vite fait, moi aussi, d'escalader les soixante-dix mètres de hauteur de ce rocher fantastique, ressemblant aux tuyaux d'un orgue gigantesque, grand comme Notre-Dame de Paris.

Mon croquis fait, je partis au milieu des gneiss, des basaltes et des schistes : me voilà grimpant à grand'peine par un chemin à chamois, me demandant comment mon ingénieur avait disparu si vile; mais je me disais : les hommes qui, par un pareil chemin, ont monté les pierres de taille et les charpentes du phare qui est là-haut ne connaissent pas d'obstacles,'pas plus que Gusman, de fameuse mémoire. Ce sont les héros du jour; ils nous mènent vite et loin avec leurs inventions modernes, et, tout en les admirant, je grimpais, je grimpais encore, je grimpais toujours ; un dernier effort, une dernière poussée de mon pic et j'arrivai au pied du phare. Ouf I La nuit s'était faite pendant mon ascension : cependant le crépuscule me laissait apercevoir en bas notre petit vapeur, comme un faible point noir se détachant à peine au milieu d'un fouillis de roches hérissées et menaçantes, aux formes étranges et fantastiques; la brise du large passait fraîche, et chantait sur ma tête, dans les fils du télégraphe, son hymne à la nuit. Le vent augmenta, je rentrai dans le logis des gardiens, où je retrouvai mon ingénieur qui m'attendait pour partager son dîner improvisé par les soins de la femme du garde; Ce fut exquis. Ou avait-elle trouvé sur ce rocher aride des côtelettes pareilles et surtout ces abricots monstrueux ? Je n'ai jamais pu le savoir, mais avec un ingénieur en chef tout est possible, comme vous voyez. 

Nous couchâmes dans de bons lits, dans des chambres admirablement tenues et dont le carrelage reluisant faisait penser au patinage du skating-ring. De peur de tomber, je me couchai et m'endormis jusqu'à l'aube. Le lendemain, à quatre heures, nous partîmes par une belle mer assez houleuse et une jolie brise d'est, Nous contemplions les splendeurs de l'aurore..,

Car pour être ingénieur, on n'en est pas moins poète, et mon aimable ami me parlait de l'Alsace, son cher pays. Le soleil se levant sur la Méditerranée était bien beau, mais rien ne valait le soleil d'Alsace. Aussi, plus tard !

Et nous voguions ainsi rêvant, nous laissant bercer mollement par les souvenirs et les vagues I

Vers neuf heures, par un soleil splendide, nous arrivions à Porquerolles, port d'une des Iles d'Hyères voisines. Autant l'Ile du Levant dont nous venions est aride, autant celle où nous arrivions est cultivée et charmante. Le fort et le phare dominent une campagne verte et fraîche d'où émergent des silhouettes gracieuses de palmiers. Tout y est cultivé et les fleurs les plus rares y abondent;

De légères barques, tartanes et balancelles, se reposent dans l'eau dormante du port reflétant les rayons ardents du soleil. La température y est d'une douceur exquise et nous quittons à regret ce petit coin de paradis, pour mettre le cap sur la presqu'île de Giens et le phare du grand Ribot, dont je vous envoie aussi un croquis. . Ces îles d'Hyères et le littoral des Salins d'Hyères qui se trouve en face sont d'une triste actualité, à l'occasion de l'arrivée des cendres du brave amiral Courbet. J'ai pensé que mes croquis vous intéresseraient, surtout en ce moment où l'attention est portée vers ces parages ensoleillés, si peu faits pour servir de décor à un funèbre cortège.

Amitiés,

Riou.

Au Titan en 1885

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Publié dans #Avant 1900, #Ile du Levant

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Publié le 12 Décembre 2013

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Publié le 11 Décembre 2013

1896-IH4.JPG1896-IH5.JPG

Suite et fin le 12/12/13

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Publié le 10 Décembre 2013

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Publié le 25 Octobre 2013

C1.jpg

Carte dressée le 16 novembre 1852 par M. Geay, capitaine du génie en chef par intérim

On peut lire à l'emplacement du fort :

Corps de garde retranché
de la Batterie des Arbousiers

Vieux Fort des Arbousiers 

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Publié le 8 Mars 2013

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Publié le 27 Janvier 2013

Informations inédites transmises par Hélène Goldet

Source : Atlas des Batteries de côte 1818-1822. Vincennes, Bibliothèque du service historique du Génie.

Description sommaire du Poste,
Etat de situation actuelle de ses établissements et communications :

La batterie des Arbousiers à la pointe nord de l'île du Levant, se développe sur une ligne mixte couverte par un simple épaulement sans retranchement ni aucun moyen défensif autre que celui q"elle tire d'une assez mauvaise baraque qui la protège mal et qu'on appelle la caserne retranchée des Arbousiers, qui peut contenir environ 40 hommes et un officier. Elle est crénelée et flanquée par deux mauvaises tourelles, mais n'est point capable de résister à une attaque faite avec du canon. On communique à ce poste depuis l'embarcadère par un chemin scabreux et difficile.

Objet Militaire :

Cette batterie défend la petite passe et occupe la position que l'ennemi doit prendre pour battre le port Mann. Elle sert à faire acte de présence dans l'île du Levant : mais comme les moyens de communication sont très difficiles, qu'il n'y a point de port, ni de calanque qui puisse l'assurer, on ne doit pas compter beaucoup sur le service qu'elle doit rendre et d'autant moins que l'île ne peut se défendre contre un ennemei qui l'attaquera avec des forces supérieures à celles de la garnison.

Renseignements sur l'état de propriété du terrain militaire :

Le terrain occupé par ce poste a été achété et payé au Sieur Gazzino, propriétaire de l"île de, comme ceux de Port-Cros et Bagau suivant l'acte du 21 août 1818.

 

Plan de situation

PLSIT.jpg
 

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Publié le 31 Janvier 2012

Dans le "Jahandiez", monographie des îles d'Or, 1929 on peut lire en page 178 :

"Près de la route, (ndr : le chemin du Titan, après le cimetière), du côté gauche, une statue en bronze, de Sainte-Anne, patronne des îles, a été érigée sur une pyramide. Don des habitants de l'île au comte de Pourtalès, cette statue est tournée vers la colonie. Des abeilles y ont élu domicile et l'ont transformé en ruche originale."
Une note de bas de page précise que "le miel de l'île du Levant, jouissait autrefois d'une grande réputation. En 1827, 30 à 40 kilos par an étaient recueillis."

PH285.jpg

Photo extraite d'un dossier des Annales de la
Société des Sciences Naturelles et d'Archéologie de Toulon et du Var n°25 année 1973

Recherche Archélologique dans l'Ile du Levant (Var) par Raymond HUBSCH 

En 1937, dans le Guide du Touriste d'Auguste Piguet inclus dans la brochure ILE DU LEVANT de Louise Desormonts, cette statue est toujours en place.
"Une statue apparaît au-dessus du vert des buissons à une centaine de mètres à gauche de notre chemin. Deux sentiers y conduisent. Cette image de bronze, offerte par les marins à M. de Pourtalès, mesure 1 mètre de hauteur. Elle surmonte une pyramide quadrangulaire, reposant elle-même sur un double socle. D'aucuns voient dans cette statue Sainte-Anne la patronne des gens de mer."

Cette statue a disparu pendant la guerre. Son socle était encore visible en 1950.

"La statue de Sainte Anne, madone en bronze tenant l'enfant Jésus, n'est plus à sa place. Qu'est-elle devenue ? Erigée sur la cote 121 (laquelle a pris le nom de Madone),...elle mesurait 1 mètre de haut...Sa face et celle de l'enfant étaient orientées vers la colonie qu'ils devaient protéger." Extrait du dossier "La Colonie pénitentiaire de Sainte Anne  (Ile du Levant)" par Raymond HUBSCH

Les installations militaires gardent le souvenir de cette statue car la zone centrale a été baptisée La Madone aves le PC Tir.

« La Madone », le centre névralgique du centre DGA Essais de Missiles de l'île du Levant

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Publié le 7 Novembre 2011

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Publié le 29 Octobre 2011

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extraits de "Correspondance inédite de Napoléon Ier, conservée aux Archives de la guerre. T. IV. 1811"
http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34030054g 

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