Publié le 1 Novembre 2021

Semaine 44 de 2021

Température maximum : 21,2 °C le 28 à 13:45

Température minimum : 14,4 °C le 30 à 10:45

Pluie :  145,2 mm

Pluviométrie annuelle : 427,0 mm

Vent maxi : 66,0 km/h le 22 à 01:15

Les relevés de la semaine :

 

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Rédigé par HODIE

Publié dans #Climatologie, #Ile du Levant

Publié le 1 Novembre 2021

 

Départ du dimanche soir (après le changement d'heure)

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Rédigé par HODIE

Publié dans #Des bateaux, #Ile du Levant, #AYGUADE

Publié le 31 Octobre 2021

LA MURÈNE DU BATEAU IVRE
« (…) Les yeux mi-clos, Rimbaud scrute l’or des rochers et le vert du maquis de l’île qui se rapprochent doucement tel un mirage posé sur l’onde bleue.(…) »
une chronique de Jacky Durand
 
Suite et fin

Après une nuit à contempler la voie lactée qui semble si proche dans ce haut lieu de solitude, sans éclairage public, ils vont relever leur piège. Jimi tire sur la corde avec précaution. Sans impatience. Il savoure la résistance de l’eau qui autorise tous les espoirs sur la présence ou non de poisson dans la nasse. La bête apparaît soudainement au fond du piège, aussi monstrueuse que fascinante : la murène à liseré jaune, long serpent à la peau d’or et de brun qui se tord frénétiquement en s’enroulant dans les mailles du filet. Elle pointe sa gueule cauchemardesque aux deux mâchoires terrifiantes (des plongeurs y ont laissé des bouts de doigts) qui engloutit les petits poissons, comme en témoigne les restes de l’un d’entre eux au fond de la nasse. Même Jimi recule à la vue de ce serpent de mer dont les Romains étaient si friands qu’ils les engraissaient dans des viviers d’eau marine. On rapporte que les plus cruels les nourrissaient en leur jetant leurs esclaves et leurs ennemis.

Rimbaud a beaucoup bataillé avec la murène avant d’en faire des darnes à la chair nacrée. Il les a mises à mariner avec de l’huile d’olive, du citron, de l’ail et du romarin sauvage. Il les pose sur les braises douces d’un feu d’arbousier. Lui et le chien hument les parfums, les goûts de la mer, du maquis qui montent jusqu’à leurs naseaux. Rimbaud ferme les yeux en écoutant le murmure du ressac. Lui reviennent des vers du Bateau ivre :
«Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l’autre hiver, plus sourd que les cerveaux d’enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N’ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.»

On ne vous souhaite pas de batailler avec une murène. Mais la préparation de Rimbaud (marinade puis cuisson au barbecue, à la plancha et au four) vaut pour d’autres poissons comme le congre et la dorade. »

Jacky Durand

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Publié le 31 Octobre 2021

 

La houle s'est bien calmée !

 

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Rédigé par HODIE

Publié dans #AYGUADE, #Ile du Levant, #La faune, #Les canards du port

Publié le 31 Octobre 2021

LA MURÈNE DU BATEAU IVRE
« (…) Les yeux mi-clos, Rimbaud scrute l’or des rochers et le vert du maquis de l’île qui se rapprochent doucement tel un mirage posé sur l’onde bleue.(…) »
une chronique de Jacky Durand
Avec la complicité iconographique de Emmanuel Pierrot

« Chaque jeudi, réveil des papilles et passage en cuisine. Aujourd’hui, 20 000 mets sous les mers avec un poisson aussi monstrueux que fascinant et une recette de mulet sauce chermoula à la marocaine.

Rimbaud vient de prendre ses quartiers d’hiver dans le Sud. Avec Jimi, son chien-loup tchèque, il a quitté le pays d’Ardennes en s’accrochant à des trains de fret. Au mieux planqués sous des bâches. Ils ont eu froid, ont pris la flotte, redouté d’être découverts dans les gares de triage. Mais Rimbaud, toujours en manque de voyage, s’est enivré du vacarme et de la tempête de grand air de cette odyssée entre friches industrielles et nœuds ferroviaires. Il a serré très fort Jimi dans l’obscurité d’interminables tunnels. Il lui a dit qu’ils étaient des hobos, ces voyageurs clandestins des trains américains qu’il a découverts en lisant la Route de Jack London. Des copains lui aussi ont aussi raconté l’histoire des roads dogs, des mecs sillonnant l’Europe en passant les frontières clandestinement, à bord de trains de marchandise et dont la devise est «In the zone, under the radar and off the grid».

Rimbaud a attendu le bateau en dormant tout son saoul, sur la plage, la tête sur son vieux sac à dos Karrimor violet contenant tous ses biens du moment : un gros savon de Marseille, un sac de couchage, un paquet de riz, un tube de concentré de tomate, un autre d’harissa, un petit sac de sel, une bouteille d’huile d’olive, une gourde, son couteau de pêche, une boîte de Doliprane, des croquettes pour le chien au cas où il ne trouve pas de quoi becqueter dans la nature, quelques fringues, une serviette en nid d’abeille. Il a planqué ses sous dans sa ceinture portefeuille. Il a de quoi payer la traversée mais guère plus. Le grognement menaçant de Jimi l’a réveillé. En face de lui à bonne distance à cause du chien-loup tchèque, des cow-boys de la police municipale lui ont aboyé que les chiens étaient interdits de plage. Rimbaud s’en fout, c’est l’heure du bateau. Pour un peu, il remercierait ces condés d’opérette de l’avoir tiré de son profond sommeil.

Jimi a les deux pattes avant posées sur l’extrémité de la proue de la vedette. Il ressemble à un loup au sommet d’une crête. Fier et solitaire. Il se gave d’air marin, le museau vers le ciel et le poitrail gonflé. Les matelots ont beau goûter moyennement sa présence sur le bateau, le capitaine biche à la barre avec une telle figure de proue. Les yeux mi-clos, Rimbaud scrute l’or des rochers et le vert du maquis de l’île qui se rapprochent doucement tel un mirage posé sur l’onde bleue. Il n’aime l’eau qu’ici, loin des pluies froides du nord qui détrempent sa carcasse à longueur d’année. Rimbaud a l’impression d’avoir toujours vécu mouillé depuis son K-way de la cour de récré jusqu’à sa veste de combat M-43 sur le pavé glacé de la rue piétonne, les jours maigres de manche. Il s’allonge sur un banc du bateau pour contempler les manchons de ouate blanche des nuages qui s’étirent dans l’azur immobile.

Il est si serein qu’il ne voit pas venir l’accostage dans le port minuscule. Jimi trépigne de joie sur le pont avant de foncer sur la terre ferme et de japper comme un chiot en folie à la vue des chats roux ensauvagés qui prennent le soleil sur le toit de la capitainerie. Une main le salue depuis une terrasse. D’ici demain, tout le monde saura qu’il est là. Ici, il n’est pas le punk à chien mais simplement Jimi et son chien. On viendra lui demander un coup de main sur un chantier, remonter un mur de pierres sèches, restaurer une restanque ou une citerne d’eau de pluie, débroussailler un bout de jardin. Il aura quelques billets pour se nourrir, lui et Jimi, et aussi pour se prendre une mine les jours de grand vent.

Il est arrivé au bout de la corniche, là où il faut descendre un raidillon aux pierres incertaines qui embaume encore les herbes et les bois chauds de l’été. Jimi ouvre le chemin qu’il semble connaître depuis mille ans. Arrivé sur la terrasse, il se retourne vers Rimbaud qui ploie sous le poids de son sac à dos dans les derniers mètres de la descente avant de le poser enfin dans un long souffle de contentement. Le couchant orange la longue carcasse de la maison ouverte à tous les vents. Il n’y a personne mais on la dirait encore habitée. Du linge sèche pour l’éternité sous un filet de camouflage qui a dû protéger du soleil. Une sono abandonnée, une table encombrée de bouteilles, des vinyles en miettes témoignent des afters d’août. On a beaucoup graffé sur les murs. S’ils pouvaient parler, ils raconteraient l’histoire d’un ermite céleste qui longtemps habita frugalement ce vaisseau de béton au crépis d’ocre avec pour principale nourriture une bibliothèque cafie d’érudition. Les squatteurs qui lui ont succédé sont plus fugaces. Rimbaud sait qu’il aura la paix cet hiver quand il pose son sac à dos contre le vieux canapé défoncé installé sur une mezzanine. Il récupère sa nasse et sa boîte à pêche qu’il avait planquées l’hiver dernier dans le fouillis d’un cagibi.

C’est une pulsion plus forte que la fatigue causée par leur inconfortable voyage : il faut que Rimbaud et Jimi descendent jusqu’à la crique où les rochers fauves encore tièdes plongent dans une anse de bout du monde, couleur aigue-marine. L’homme et l’animal se mettent à l’eau sans hâte. Ils nagent côte à côte entre chien et loup. Jimi plante ses yeux dans ceux de Rimbaud comme s’il voulait lui dire «On est heureux hein ?» Il tient dans sa gueule la corde de la nasse tandis que Rimbaud scrute les fonds entre sable et rochers recouverts de leur chevelure d’algues pour trouver un lieu idoine pour poser sa nasse. Il fait quelques brasses, sort la tête de l’eau et ordonne : «Jimi lâche la corde maintenant.» La nasse dans laquelle il a placé du pain dur s’enfonce doucement dans les profondeurs. 

à suivre

En exclusivité, la nasse de Rimbaud (Photo F.C.)
 

 

 

 
 

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Publié le 30 Octobre 2021

TLV - Accostage du matin assuré / Annulation du départ de 16h depuis le Levant -- Annulation des rotations du dimanche 31 octobre 2021

ILES D'OR LE CORSAIRE - Accostage du matin assuré / Présentation à 17h40 mais pas d'accostage au Levant

 

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Publié le 30 Octobre 2021

 100 mm ce 30 octobre 2021 à 19h10

 

 

 

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Publié le 30 Octobre 2021

Alba et Rodrigo

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Publié le 30 Octobre 2021

Maître Kevin !  Pourquoi nous avoir quitté si brusquement ce 29 octobre à 34 ans ? 
Le Levant est triste !
Au revoir !

Page 34 du Maât ou l'on se fait face  !!

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Photo et texte FB : Fred Rossi
C'est bien cet uniforme que tu devais t'approprier ce matin.
Hélas il n'y a eu ni ordre des choses, ni justice.
Juste la violence de la Vie.
Que le Voyage te soit infiniment doux

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Photo et texte FB : Alain Corre
Le soleil a perdu un de ses rayons !
 
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Rédigé par HODIE

Publié dans #La vie locale, #Ile du Levant, #Kevin Garrido

Publié le 29 Octobre 2021

Merci Alba !

 

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Rédigé par HODIE

Publié dans #Sports, #Ile du Levant, #Alba