la corniche d'Héliopolis...

Publié le 19 Mai 2011

Extrait de la revue "La Vie au Soleil" n°105 de mai-juin 1965

Pourquoi avons-nous créé cette corniche, quand et avec quels moyens ?

La Marine Nationale, d'une manière systématique et progressive, a sup­primé ou réglementé l'accès des ter­rains militaires, et partant les bords de mer. L'histoire de ces restrictions est trop récente et trop fraîche à nos mémoires pour qu'il soit utile d'épiloguer là-dessus.

Devant ces restrictions, les com­merçants du Levant, en accord avec le Syndic des propriétaires de l'épo­que, avec les Ponts et Chaussées Ma­ritimes et en étroite collaboration avec la Ville d'Hyères, ont créé la corniche d'Héliopolis.

Le but recherché était de doter le village de bords de mer accessibles. Dès que l'accès de la corniche fut ou­vert, et sur notre initiative, ce littoral fut nommé « Corniche Naturiste d'Héliopolis». Notre intention n'était pas de nous la réserver, nous n'en avions pas le droit, mais de faire compren­dre à tous que, sur cette corniche, les naturistes pouvaient pratiquer en toute liberté.

Pour faire cette corniche avec les moyens dont nous disposions il fallut un certain courage. Les solaria que la Ville a financés devaient être cons­truits pour durer. N'en déplaise aux esprits chagrins qui trouvent que ce n'est pas très joli, pour durer il fallait que ce soit solide. Nous persistons à croire que seule la solution de béton, que nous avons adoptée, était valable. La côte est, à cet endroit, particuliè­rement exposée au mistral et surtout aux fortes houles du Sud. Les solaria ont fait la preuve de leur solidité ; ils serviront encore longtemps aux natu­ristes d'Héliopolis.

1005201124810052011249
les "solaria" en 2011

Pourquoi parlons-nous aujourd'hui, dans cette revue, de cette corniche ?

Tout simplement parce qu'il se trouve sur notre île des hommes qui prétendent que l'utilisation de cette corniche, telle qu'elle est appliquée, est illégale. Des hommes qui préten­dent que les solariums ne servent à rien. Nous citons ce qu'ils ont écrit au maire d'Hyères le 23 août 1965 : « Nous regrettons la construction de ces solaria et le sable, le gravier, le ciment employés pour leur construc­tion eurent mieux servi ailleurs». Il faut être doté d'une certaine légèreté d'esprit pour écrire cela au maire.

Voyons la position de la Mairie le 1er septembre 1965 :

« Le domaine des Arbousiers est limité à l'ouest par le domaine public et la mer. En conséquence, le bord de mer, c'est-à-dire la parcelle de rocher située au-dessous du chemin, appar­tient aux Domaines et jamais aux propriétaires ».

Et la position des Ponts et Chaus­sées Maritimes, le 7 janvier 1966 : « Le Syndicat des propriétaires qui admi­nistre le lotissement d'Héliopolis n'est pas en droit d'interdire l'accès de la corniche au public. D'ailleurs, la limite du lotissement, côté mer, prévoit une zone libre jusqu'au rivage variant de 15 à 25 mètres».

L'utilisation de la corniche, telle qu'elle est appliquée, ne peut être re­mise en question.

Cette forme d'utilisation attire quel­ques ennuis aux naturistes. Des inci­dents se produisent. Nous sommes les premiers à le regretter. La plage de Rioufrède des temps jadis, à un degré moindre, dû sans doute à son éloignement, n'était pas à l'abri de ces inci­dents. Ils sont le lot journalier de la plage des Grottes.

Ces heurts entre naturistes et gens que l'on appelle un peu cavalièrement voyeurs, sont devenus un des maux dont souffre notre île. En l'état actuel des choses, il n'y a qu'un seul remède : une large entente entre les pouvoirs publics, le syndicat des propriétaires et les associations naturistes pour que le public qui débarque au Levant soit largement informé qu'il arrive sur un territoire naturiste, et qu'il devra im­pérativement en tenir compte pendant les quelques heures ou les quelques jours qu'il y demeurera.

Jacques Viale, memebre du Comité de l'A.D.I.L.

Rédigé par HODIE

Publié dans #Bords de mer

Repost 0
Commenter cet article