La calanque des Moines, dans la revue des Amis de l’île du Levant (1)

Publié le 11 Mai 2013

Un article d'Henry Legrand,
extrait de la revue de l'ADIL, Association naturiste des Amis de l'Ile du Levant
n°7 3ème trimestre 1951
1ère partie 

Ici, nous entrons dans un domaine que d'aucuns s'imaginent, à tort, privé, parce que pour y accéder, il faut traverser la vaste étendue du terrain où se trouve ce qu'on pourrait appeler "l'organisation Parsonneau" ; vous y verrez toujours l'un des premiers pionniers de l'île..dans l'exercice de ses fonctions, au milieu de l'atelier qu'il a conçu lui-même pour la fabrication de sa spécialité, la sandale "La Levantine", aussi bien appropriée aux pieds les plus divers, qu'au terrain où elle est appelée à évoluer ; mais c'est aussi un modeste qui s'efforce par tous les moyens de freiner son succès.

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D'où viennent les noms de vallée des Moines, calanque des Moines donnés à ce domaine d'après d'anciens documents et des actes authentiques ? Il faut se rappeler qu'aux premiers siècles de l'ère chrétienne, l'île du Levant fut peuplée par un grand nombre de moines, qui y introduisirent la culture du blé et celle de la vigne. C'était une immense "Thébaïde", écrit Jahandiez.

"L'île du Levant était alors bien cultivée, couverte de vignes, d'arbres verts, de végétaux précieux qu'Hyères recevait d'elle, et d'une multitude de petites maisons d'exploitation, dont l'éparpillement sur les plateaux et dans les vallons la faisait ressembler à une Thébaïde peuplée...

"La classe des frères servants s'occupait de l'agriculture et dirigeait, d'après les vues des administrateurs, l'intelligence et les bras des colons auxquels on avait accordé des concessions de terrain. Cette île était déjà le principal grenier de sa métropole le grand couvent de Lérins... Une pensée unique donnait l'impulsion à la culture, aux constructions, à la pêche du thon et du corail, à la fabrication des cordages, aussi bien qu'à l'étude de la théologie, à la copie des manuscrits ornés de précieuses miniatures, à la musique et à la poésie..."

Quelques grandes figures du christianisme prirent origine à l'île du Levant. Au IVe siècle , Saint Honorat (mort en 429 comme évêque d'Arles, après avoir bâti le célèbre couvent des Iles de Lérins) -- au Ve siècle, Saint Théodore, qui devint en 426, le troisième évêque de Fréjus -- enfin au XIIIe siècle, l'abbé de Rolland, directeur des couvents des Iles d'Hyères, dont le nom est cité dans un acte de 1227.
Mais en dehors de bâtiments principaux, dont les restent se voient encore (avec un peu de bonne volonté) aux environs du Titan et du Liserot, moines et frères n'occupaient que des maisonnettes d'une extrême simplicité, faites en pierres du maquis, couvertes on ne sait comment, peut-être pas du tout, analogues à certaines huttes des bûcherons des environs de Maupertuis ou des Grottes; que l'action envahissante du maquis n'a pas encore tout à fait dissociées, parce que d'époque plus récente. Cependant, M. Parsonneau m'a montré, avec des fragments de poteries, un morceau non douteux de meule à blé, attestant qu'il y a eu autrefois à cet endroit une exploitation agricole, et une importante colonie monacale, mais sans assice architecturale.


Rédigé par HODIE

Publié dans #Histoire

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