Les îles d'Hyères · First Airborne Task Force - The Forgotten Paratroopers - L'île de Port Cros

Publié le 27 Juin 2019

Port-Cros

Débarquant au même moment, comme l’ont fait les deux régiments sur le Levant, le 1st Regiment du Lt. Col. Jake Akehurst débarque sur la plage de l’île de Port Cros entre le Tuf et Port-Man. Ici aussi, le débarquement se fait sans opposition. Les premiers hommes à terres cheminent rapidement jusqu’aux falaises et se mettent à accrocher des cordes pour aider ceux qui suivent

Au-dessus de la falaise, le 1st Regiment s’avance pour prendre le contrôle de Port-Man, en y rencontrant une résistance symbolique. Le 1st Battalion se dirige ensuite sur le flanc droit et le 2nd Battalion à gauche allant plus à l’ouest pour occuper les positions dominantes au centre des crêtes de l’île ou le régiment consolide ses positions, en préparation une attaque.

À 6 h 30, plus de la moitié de la partie orientale de l’île était fermement entre les mains d’Akehurst rapportant cela au Colonel Walker qui se trouve sur le Levant.

Afin de garantir la sûreté de la partie gauche de la ligne de front que le premier régiment avait mis en place, la 6th Company du Capt. Herbert Goodwin est dépêché au sud-ouest afin de prendre le Fortin de la Vigie, l’un des forts de Port-Cros et présumé abriter une forte concentration d’ennemi. Les hommes de Goodwin trouvent le sentier qui mène à la Vigie et en le suivant, convergent rapidement sur leur objectif. Après des échanges de tirs d’armes légères, les Forcemen traversent le pont enjambant le fossé très raide qui entoure le fort et entrent dans l’enceinte centrale en attaquant la petite garnison. Deux allemands apparaissent portant une mitrailleuse, mais les chances de l’emporter sont contre eux et  décident de décamper en direction de l'arbre proche. Ils sont abattus avant d’atteindre les fougères. D’autres défenseurs se rendent. La première position fortifiée de l’ennemi de Port-Cros est rapidement prise. Cependant, la plupart des hommes de la garnison de la Vigie s’étaient échappés dans un tunnel souterrain.

Les Allemands qui avaient été capturés sont d’abord interrogés, puis sont parqués sur Orange Beach où les chalands de débarquement viennent pour déposer du ravitaillement.

Pendant que la 6th Company a à faire à la Vigie, Akehurst avait envoyé de nombreuses patrouilles du 2nd Battalion pour entrer en contact avec l’ennemi, qui, comme il avait été confirmé, s’était retiré dans les deux anciens fort situés dans le quart nord-ouest de l’île. Les premiers prisonniers déclarent que les défenseurs de Port-Cros et du Levant sont défendus par environ une compagnie d’infanterie allemande du I. Bataillon du 917. Régiment, ou une partie est limité à l’emploi de la 242. Division d’Infanterie.

Compte tenu de la construction des deux autres forts, surprendre les positions ennemies ne sera pas une mince affaire. Les murs ont une épaisseur de 3,50 m, et six mètres de terres durcis endurcissant les murs. Au fil des décennies, des enchevêtrements de végétation sauvage ont recouvert les forts de sorte qu’ils soient presque invisibles pour les observateurs. Depuis le Fort de l’Éminence, seul un canon de 76 mm est actionné par l’ennemi envoyant des obus dans et autour de Port-Man, faisant plusieurs blessés.

À 8h14, la 4th Company commence sa première attaque contre l’Éminence pour seulement remuer un nid de frelons. La réaction est : un mur impénétrable de feu de mitrailleuses et de grenades à main, causant le retrait de la 4th Company pouvant causé la perte de la défense du fortin de la Vigie.

À 16h, les Naval Shore Fire Control Parties demande par radio au croiseur Augusta de diriger ses canons sur les Forts de l’Estissac et de l’Eminence, ainsi que sur le village situé sur l’épaule nord de l’installation portuaire, afin de faire terre ce feu de mitrailleuse. Les huit canons tirent un feu d’enfer sur les forts ennemis, mais sont incapables de pénétrer les murs épais du fort. Après la tentative, les Allemands ne lâchant pas l’affaire, Akehurst décide d’essayer une approche différente, en demandant la répartition du 1st Battalion du Major Gus Heilman pour la prise du village de Port-Cros avant de tenter une nouvelle approche des deux forts. À la nuit tombée, les hommes de Heilman, des éléments du 2nd Regiment, s’avancent pour sécuriser le village. Leurs premiers efforts sont repoussés à cause de la présence d’une autre position fortifiée : le Fort du Moulin, aussi appelé le « Château ». Aucune tentative pour attaquer le Château n’est faite pendant la nuit.Les patrouilles encerclent le Château, ainsi que les deux autres forts afin de garder l’ennemi pour qu’il ne puisse s’échapper.

Le 16 Août, au lever du jour, une ligne téléphonique du Château est trouvée par le Sgt. Bernard Helming, qui invite le Lieutenant allemand à renoncer à son poste. L’officier allemand ne croit pas l’Américain à l’autre bout du téléphone, car il pense que ce n’est qu’un membre d’un groupe d’attaque très restreint et parce que les défenseurs de Port-Cros n’ont eu aucun contact avec le continent français ; le lieutenant allemand ignore tout d’un débarquement d’envergure sur la côte qui a été fait le matin du 15 Août. La ligné téléphonique reste allumée car Helming continue ses tentatives de pourparlers avec l’officier allemand. Mais au lieu d’attendre l’allemand de se décider, le Major Heilman décide d’y aller. La 3rd Company prend d’assaut le Château. La bataille dure un peu plus de 30 minutes pour terminer avec trois ennemis morts et 19 prisonniers. Le Colonel Walker se fait transférer du Levant à Port-Cros au cours de l’après-midi du 16 Août. Maintenant, lui et Akehurst sont sur le point de faire monter la température chez les Allemands à l’intérieur de l’Estissac et de l’Éminence. Plus tôt, une demande a été faite pour un bombardement des deux forts. À 16h, le 1st Battalion reçoit l’ordre de se retirer de la zone des forts et du village pour revenir au Fortin de la Vigie. L’assaut aérien contre les deux anciens fort débute au cours de l’après-midi du 16 Août avec 16 bombardiers alliés en cinq vagues d’attaques.

En l’absence de changement de situation, Akehurst établit des plans pour envoyer une compagnie à l’assaut de l’Estissac. La 2nd Company, sous le couvert d’une fumée, s’installe à nouveau à Port-Cros. Pendant ce temps, la 3rd Company du Captain William Merritt prend position le long de la crête qui flanque la forme d’étoile du Fort de l’Estissac. La 1st Company est en réserve. L’obscurité est totale les hommes de Merritt se déplace pour encerclés le fort. L’attaque se lance à 20 heures 30, la 3rd Company est accueillit par une pluie de tirs de mitrailleuses et de grenades. Les bazookas des Forcemen armés de roquettes hautement explosives sont utilisés pour abattre la porte principale. Le Captain Merritt ouvre la voie de son groupe d’assaut qui se précipite vers la cour centrale du fort. Une bataille féroce éclate et se poursuit dans la 3rd Company qui finalement est en mesure d’amener assez d’hommes et de puissance de feu dans le fort pour surmonter la défense tenace des Allemands. À la fin de l’assaut de la forteresse, 23 prisonniers sont faits, mais l’assaut coûte la vie de 4 Forcemen lors de l’attaque du « Star Fort. »Peu de temps après que la 3rd Company ait commencé son attaque contre l’Estissac, la 6th Company tente de percer les défenses du Fort de l’Éminence. La compagnie arrive sous un feu ennemi extrêmement puissant et défensif. Les éléments de deux pelotons arrivent au plus près du fort, les équipes de bazookas font des tentatives pour essayer de faire sauter la porte principale du fort. Toutefois, ce portail ne voulant pas bouger, les hommes sont alors rappelés à leur position de départ.

Le troisième jour de combats à Port-Cros est entamé, lorsque, le 17 Août, le Contre-amiral Davidson, arrive sur l’île et s’entretient avec Walker et Akehurst sur les progrès de la bataille. L’un des commandants du 1st Regiment explique à l’Amiral pourquoi ses fantassins ont tant de mal et de difficultés à saisir les forts. Ni la persistance de la FSSF, ni un pilonnage en règle d’un croiseur américain ne peut déloger les défenseurs de leurs hautes et épaisses parois. Une frappe aérienne de roquette est tout aussi inefficace. Akehurst demande lors à Davidson s’il avait encore quelque chose qu’il pouvait lancer sur la forteresse. Il lui demande : « Avez-vous quelque chose de plus gros dans le coin ? »

Davidson offre son dernier recourt. Il demande un soutien des huit canons de 15 pouces (380mm) du HMS Ramillies. À 11 heures, les hommes du 1st Regiment reculent à une bonne distance de sécurité. À 13 heures, les obus du Ramillies fragmentent l’air en deux. La première salve d’obus atterrit au-delà du fort sans créer de dommage. La deuxième salve est trop courte. Les corrections de tirs sont calculées à la hâte et la troisième volé de tir de douze obus atterrissent en plein sur la cible. La fumée et la terre se soulève sur l’Eminence et les drapeaux blancs sont presque immédiatement observés à travers le voile de fumer à 13 heures 15, marquant la fin de la bataille. Stupeur, deux officiers allemands sortent en premier, suivi de 46 hommes de troupes seulement !

Des Forcement de la 2-1 posant devant le fort de l'Éminence après les combats.
Les dégâts du Ramillies sont bien visibles.

Les pertes de la FSSF sur l’île du Levant et de Port Cros s’élèvent à 60 hommes.
 

Rédigé par HODIE

Publié dans #Port Cros et Bagaud, #Histoire

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