"C'est arrivé au Levant" un article de 1958 3/10

Publié le 23 Septembre 2018

ÉDITION SPÉCIALE DE LA REVUE NATURISTE INTERNATIONALE
L'ILE DU LEVANT
NOUVEAU GUIDE 1958

"C'est arrivé au Levant" 

1949

  La baie du Grand-Avis, de nuit, avec quelques squelettes de barques et des bateaux rouillés, faisait penser au port des vaisseaux perdus, au bout du monde. Sous les pins magnifiques dansent quelques feux follets, les torches électriques des campeurs solitaires. Nous marchons vers la crique du Petit-Avis. On y accède par un sentier tortueux, c'est un coin inespéré, protégé des indiscrets. La lune a disparu. Sur la plage, on reconnaît mal le profil des tentes. De plus près, on distingue des silhouettes de gorilles pensifs.

  Soudain éclatent les sonorités déchirantes d'une formation de jazz New-Orleans. Les gorilles s'animent, trépignent sur place, puis, en file indienne, entrent dans la mer et dansent, avec de l'eau jusqu'aux genoux.

  C'est l'orchestre de Claude Luter. La troupe campe au Petit-Avis. Quand la pêche a été bonne, la bouillabaisse copieuse, le rosé du Var abondant, trombone, batteur, cornet et clarinette s'exténuent pour saluer les dieux de la mer et les visiteurs du soir. L'ambiance des Lorientais se reconstitue sous les étoiles. Méduses, si l'on ose dire, les poissons sont tout ouïes, forcément. Réveillées par le grand feu maintenant allumé au milieu de la plage, les cigales protestent faiblement. Vexées par la concurrence sonore, elles se taisent. L'écho gémissant d'un solo de clarinette sonne l'extinction des feux.

  Tout le monde plonge dans l'eau de la crique.

  Aprés la trompette, la trempette.

  Le bain de minuit et demi.

Rédigé par HODIE

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