Mauperthuis par Henry Legrand - 2

Publié le 23 Mars 2015

Extraits de VIE LIBRE de 1947 et de l'ILE DU LEVANT de 1953, revues de l'Association naturiste des Amis de l'Ile du Levant

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Pour faciliter l’excursion, dès 1938, nos collègues Roger Pétin et Georgette Grégoire, aidés de quelques amis, eurent l’idée de créer un sentier à travers le maquis en direction de Maupertuis ; le travail fut fait jusqu’à hauteur du mamelon de la cote 117 ; l’auteur de ces lignes relia ce sentier au col des Grottes en élargissant un ancien chemin ; de là, l’excursionniste pouvait, à son gré, soit descendre vers la plage des Grottes, soit, en prenant à droite, se diriger vers Héliopolis.

Vint la guerre ; les sentiers des sites furent abandonnés ; le maquis reprit possession du terrain et en deux ans effaça le travail de l’homme. Celui-ci, cependant, devait bénéficier d’une aide tout à fait inattendue. En 1943, l’armée italienne occupe l’Ile du Levant ; au nombre des points stratégiques se trouve Maupertuis ; en conséquence, un chemin presque carrossable, d’une largeur d’environ deux mètres est construit, pour relier la route de l’Avis à Maupertuis, permettant le ravitaillement en vivres et en munitions de quelques postes militaires disséminés dur les hauteurs voisines.

Il a fallu attendre 1947 pour la remise en état définitive, espérons-le, de la jonction de cette voie avec le vallon de l’Ayguade (vis-à-vis de la maison de M. Bouchat) : ce dernier chemin desservant un terrain de camping officiel, et devant servir de pare-feu, sera pensons-nous, entretenu.

Voilà donc une nouvelle victoire des Amis de l’île sur le maquis. Dorénavant, la promenade de Maupertuis sera classique et comptera parmi les plus belles et les plus faciles de l’île.

A cet endroit, le chemin, plat ou en pente douce, traverse une splendide et longue pinède procurant une ombre délicieuse. Que ceux qui prétendent qu’il n’y a pas d’arbres sur l’île du Levant essaient cette excursion ; ils en seront enthousiasmés. Après s’être élevés lentement au-dessus du vallon de l’Ayguade, avec une vue merveilleuse sur Héliopolis, la passe des Grottes et Port-Cros, ils domineront bientôt le vallon des Grottes et la ligne de partage des eaux entre la côte nord et la côte sud. A travers les euphorbes et le maquis de cistes, de romarins, grandes bruyères et arbousiers, par un chemin qui sera prochainement signalisé, on s’approcher des splendides pins parasols qui se resserrant, forment une pinède ininterrompue, longue d’un grand kilomètres. Le chemin se devine sous la haute futaie, sur un tapis continu d’aiguilles de pin, avec, à gauche, la vue sur la mer immense, toujours bleue.

Les goélands vous accompagnent de leur chanson, se lèvent à votre approche et tourbillonnent ; on a l’impression de les déranger d’un domaine dont ils pouvaient se croire seuls propriétaires. Le chemin descend lentement vers la mer ; les végétaux deviennent plus rabougris pour ne plus faire qu’un tapis, parmi les cinéraires et les germandrées sauvages. Enfin, la chute s’accélère ; le chemin se mue en un ravin encombré de blocs de toutes sortes, formant les gradins d’un immense escalier qui aboutir à une sorte d’anse, entre le mamelon de la cote 117 à droite et le rocher de Maupertuis à gauche. De chaque côté, mais surtout à droite, des pierres plates forment un excellent emplacement pour les pêcheurs à la ligne, ce coin étant extrêmement poissonneux.
Un sentier, encore une œuvre de la guerre, monte à gauche jusqu’à un poste d’observation d’où l’on découvre toute la côte sud de l’île jusqu’au Grand Cap et d’autre part vers Port-Cros et la Gabinière.

Nul doute qu’à la saison prochaine, cette excursion ne devienne particulièrement achalandée.

Mauperthuis par Henry Legrand - 2
Mauperthuis par Henry Legrand - 2
Mauperthuis par Henry Legrand - 2

Rédigé par HODIE

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